Jonathan Strange & Mr Norrell: petite plongée dans l’univers de Susanna Clarke.

Jonathan Strange & Mr Norrell - Susanna Clarke - Poche - VO
Comment vous expliquer.

Comment vous expliquer à quel point je trépigne d’excitation à l’idée de vous présenter ce livre? Comment vous expliquer mon amour et mon admiration sans bornes pour cet ouvrage? Et comment vous expliquer que si vous vous attendez à un rapport de lecture objectif, vous n’avez ~peut-être~ pas frappé à la bonne porte?

Eh ouais les potes, parce qu’aujourd’hui, c’est le jour où je vous présente celui que j’ai élu comme mon bouquin préféré. Du monde entier, de l’univers et tout le reste. Moi, la meuf qui n’a vraiment ni film préféré, ni groupe ou chanteur/se préféré/e, qui ai éventuellement une série préférée (mais c’est de la triche si on prend en compte le fait que c’est la série adaptée du bouquin qui nous intéresse ici), enfin bref, moi qui ne suis vraiment pas foutue de désigner ses trucs préférés, il y a un truc qui est certain, qui s’impose comme une évidence, mon bouquin préféré, c’est CELUI-LA. (Et maintenant, vous en avez probablement marre de lire le mot « préféré »)

Je vous propose donc sans plus attendre d’entrer dans le vif du sujet.

Jonathan Strange & Mr Norrell, le livre.
Et d’abord, un peu d’histoire.

Oui, vous allez avoir droit à un compte-rendu complet de ma rencontre avec ce bouquin. EH OUAIS. On parle sérieux, là.
Remontons le temps et retrouvons-nous en… 2009? 2010? A l’époque, j’étais encore à la fac, et les magasins Virgin étaient toujours de ce monde. J’y traînais beaucoup entre les cours, ainsi que dans tous les autres enseignes qui vendaient du livre.

Quand on dit qu’il ne faut pas juger une personne à son physique, et un livre à sa Jonathan Strange & Mr Norrell - Susanna Clarke - Robert Laffontcouverture, eh bien mes amis, je suis désolée de vous le dire, mais en l’occurrence, c’est carrément la gueule du bouquin qui m’a d’abord fait m’y intéresser. Voir ces fiers pavés tout noirs trôner en tête de gondole, au premier étage du Virgin Megastore, c’était quelque chose, je m’en souviens encore très bien. (Il y avait même une version « négatif », toute blanche, avec les inscriptions en noir. J’ai appris trop tard que c’était une version un peu collector. De toute manière, je préférais le noir. Haha).
Complètement noir, jusqu’aux tranches. Déjà, c’était intriguant. Et puis cette couverture très sobre, juste de la typo et une silhouette de corbeau. Il faut savoir que je suis très difficile en matière de design de couvertures de bouquins. J’en trouve pas mal extrêmement kitsch, surtout quand on part explorer le genre fantastique ou fantasy. Les montages Photoshop avec 72000 effets et les polices de caractère douteuses, très peu pour moi. Là, c’est minimaliste, graphique, la couverture est légèrement texturée, et les caractères un peu irréguliers ajoutent au côté mystérieux du truc. Je me souviens qu’avec l’amie avec qui j’avais découvert ce livre (coucou si tu passes par là <3), on était intriguées par son côté « grimoire de magie noire un peu chelou ». Du coup, j’avais lu le quatrième de couverture, j’avais kiffé… Et j’étais repartie sans le bouquin, parce que j’étais étudiante, qu’il coûtait je sais pas moi, 25 balles? Plus? Je sais plus. Trop cher.

Jonathan Strange & Mr Norrell - Susanna Clarke - Poche - VO
La version poche, en anglais.

J’ai donc laissé tomber, sur le coup, en me disant bon, ok, ça a l’air cool, mais voilà, money money money. Jusqu’à ce qu’un peu plus tard, à la Fnac, je tombe sur la version poche, en VO, of course, parce que c’était pas encore sorti en France dans ce format. Elle valait genre, 9 balles? Allez, banco. La couverture était un tout petit peu moins classe, le même design mais en holographique sur fond rouge. En revanche, cette version-là était illustrée de façon fort chouette. Et c’est clairement un plus. J’ai inclus quelques exemples plus bas, vous verrez.

Et du coup, j’ai commencé ma lecture. Alors, autant j’ai été captivée, autant bon sang, le temps que ça m’a pris. Malgré les cours d’Anglais de la fac, j’étais clairement pas prête pour le vocabulaire, les notes de bas de page et les mots un peu chelous parce que soit très spécifiques à certains champs lexicaux, soit tout simplement archaïques parce que l’action se déroule dans les 1800s et que le vocabulaire est à l’avenant. Vers la moitié du bouquin, et à la faveur d’un porte-monnaie un peu mieux fourni, j’ai fini par craquer pour le gros pavé noir en VF. Maintenant que mon Anglais est d’un meilleur acabit, il faudrait que je retente le coup, tiens.

Et sinon, on peut en venir au contenu? Parce que bon, l’histoire de ta vie c’est bien gentil, hein, mais bon, tu vois quoi.

Oui, oui, je sais que je m’emballe un peu à vous raconter le processus d’acquisition, mais comme vous le savez peut-être déjà, pour moi, c’est là que commence mon histoire avec un bouquin, et quand on sait quelle place CE BOUQUIN PRÉCIS occupe dans mon cœur, forcément, il fallait que je raconte. (Bonjour, je m’appelle Émilie, et je parle de mes bouquins comme si c’étaient des gens. Et vous, c’est quoi, votre problème? 😀 )

DONC.

Qu’est-ce que ça raconte?

Petite question préalable. Vous vous souvenez, si vous avez lu mes précédents articles, que je nourris une affection particulière pour tout ce qui est British des 18ème, 19ème et tout début 20ème siècles? Bon. EH BIEN MONSIEUR LE JUGE, MESDAMES ET MESSIEURS LES JURÉS, JE VOUS PRÉSENTE LE COUPABLE.

Tout commence en 1806 et l’action va s’étirer peu ou prou sur une décennie après cela. Nous sommes en Angleterre, et nous faisons la connaissance d’une société de magiciens.

ALORS ALERTE ROUGE, j’arrête tout de suite les éventuelles personnes tentées de faire le rapprochement foireux « Angleterre/Magie > Harry Potter », car ça n’a absolument RIEN A VOIR. J’adore Harry Potter, hein, c’est super cool. Mais je pense sincèrement que ce n’est pas parce que vous avez aimé l’un que vous aimerez forcément l’autre. Les deux œuvres ont très peu en commun. Voilà, ça c’est fait, on n’en parle plus.

Une société de magiciens, donc, somme toute bien tristounette, qui ne branle honnêtement pas grand-chose d’autre que de bavarder inutilement sur les aspects théoriques d’une magie qu’ils croient éteinte, disparue, morte et enterrée depuis des lustres. Un jour, ces braves (ou pas) gaillards ont vent d’un certain Mr Norrell, vieil érudit

Portia Rosenberg - Jonathan Strange & Mr Norrell - Illustration
Une des illustrations de Portia Rosenberg, figurant dans la version originale du livre

qui possède, semble-t-il, une foultitude d’ouvrages sur leur sujet de prédilection, denrée pourtant extrêmement rare par les temps qui courent. Et c’est ainsi que nous aussi, lecteurs, allons faire connaissance du premier personnage donnant son nom au livre. Jonathan Strange, jeune héritier velléitaire un peu paumé se découvrant complètement par hasard des talents de magicien, suivra un peu plus tard. Vous vous doutez bien qu’ils finiront par se rencontrer, et que l’intrigue gravitera autour de leur relation parfois conflictuelle, et de leurs vues bien différentes sur le sujet de la restauration de la magie en tant que discipline cette fois-ci bien vivante et pratiquée.

Voici donc un résumé fort lapidaire qui arrive même à en révéler moins que le quatrième de couverture du bouquin, mais encore une fois, si vous m’avez déjà lue, vous savez comment je fonctionne. Vous pouvez trouver des résumés ailleurs, il n’y a aucun intérêt à ce que j’en fasse un copié-collé, et surtout, SURTOUT, je tiens VRAIMENT, toujours, à en révéler le moins possible sur l’intrigue. Je continuerai de répéter ça tant que le blog sera encore jeunot, histoire de bien enfoncer le clou: c’est comme ça que je fonctionne, et pas autrement. BREF.

Alors pourquoi c’est si bien?

Mais punaise, par où commencer?
Déjà, l’atmosphère. Ce bouquin est dense, touffu, il regorge de notes de bas de page sur le folklore féerique et la magie; je vous parlais d’immersion dans ma petite chronique sur le tome 1 de Miss Peregrine, sachez que là, on est en plein dedans. Le vocabulaire employé ainsi que le style d’écriture -qui emprunte beaucoup à des auteurs comme Jane Austen (notamment cette petite pointe d’ironie apportant un agréable aspect de satire sociale sans trop avoir l’air d’y toucher comme ça), les fameuses notes de bas de page qui empruntent un ton complètement encyclopédique pour parler d’êtres et de phénomènes magiques, la densité du contexte historique -l’époque des guerres Napoléoniennes, mes amis, et croyez-moi, on sent que Susanna Clarke a potassé le sujet!- et la façon dont celui-ci s’entremêle aux destinées des personnages… TOUT TE MET GRAVE DANS L’AMBIANCE. C’est tout à fait comme si l’on était transporté direct-sans-escale en 1800 et des poussières, mais un 1800 et des poussières nimbé d’une sorte d’épais brouillard mystique.

Bibliothèque - Jonathan Strange & Mr Norrell - Susanna Clarke - Poche - VO
Voilà l’ouvrage trônant dûment à une place de choix dans ma bibliothèque.

La composante mystique, justement. Parlons-en. Là encore, on constate à quel point Susanna Clarke est une grande FIFOLLE, si vous me permettez l’expression, tellement le sujet est fouillé. C’est une véritable plongée dans le folklore féerique qui nous est proposée, parfois principalement via les notes de bas de page dont je parle tant. (qui constituent en elles-mêmes une sorte d’œuvre à part entière tant elles sont intéressantes, font leur life et racontent leur propre histoire; et leur longueur ainsi que le fait qu’elles puissent parfois perdre le lecteur ne font pour moi qu’ajouter au charme du livre, parce qu’il n’y a rien de plus grisant pour moi que d’accepter et d’apprécier de se perdre un petit peu. #PotentielSujetDeBacPhilo)

BREF. Oubliez les lutins malicieux ou les fées Clochettes aux ailes pailletées, oubliez tous vos préjugés sur la Féerie: Susanna Clarke vous ramène aux sources des mythes et légendes, puisant tout aussi bien dans Shakespeare que dans la mythologie. Autant vous prévenir, le monde magique est sombre, complexe et non sans dangers.

Quant aux personnages, même constat: ils sont travaillés, nuancés, complexes, pétris à la fois de qualités grandioses et de profondes insécurités, et contrairement à la couverture du bouquin, aucun n’est tout noir ou tout blanc. Ils ont de véritables personnalités, des buts personnels, ne se définissent pas uniquement par la fonction qu’ils sont censés remplir, genre le héros héroïque, le méchant pas gentil, la gonzesse faire-valoir du héros…

Je parlais un peu plus haut d’une certaine satire sociale, et j’aimerais y revenir cinq minutes, parce que mine de rien, OK, ça cause magie et folklore féerique, mais nous n’oublierons pas que tout cela prend place dans l’Angleterre des années 1800, dans des franges plutôt aisées de la population, une société régie par moult codes et protocoles où le moindre geste est abondamment commenté et critiqué. Et l’incursion que le lecteur fait dans ce milieu est tout aussi poussée que celle qui est faite dans le monde féerique. Susanna Clarke ne manque jamais la petite pique discrète sur ces mœurs parfois absurdes

qui nous sont présentées. La narration est d’ailleurs très intéressante de ce point de vue, car bien qu’à la troisième personne, elle est tout sauf impersonnelle. On a l’impression que le narrateur prenant en charge ce récit fait partie intégrante de cette époque, de cette société, en comprend et en pratique tous les mécanismes et devient presque, par ce biais,

un personnage à part entière.

En dernier lieu, j’aimerais parler de ce qui est peut-être la raison principale pour laquelle ce roman m’a tant plu et marquée. Ce sont les grands thèmes abordés par le récit.  Je vais vraiment essayer de faire ça sans révéler quoi que ce soit sur l’intrigue, mais

comprenez bien que je vais parler des thèmes-clés du récit, et… Eh bien, qui dit thème-clé

Portia Rosenberg - illustration- Jonathan Strange & Mr Norrell - Susanna Clarke
Une autre illustration de Portia Rosenberg

dit clé tout court. Comme dans clés du récit. Donc si vous avez peur, sautez ce qui va suivre jusqu’au prochain titre. Mais en théorie, ça devrait aller.

On le voit dès le titre, il va y être question de dualité. A travers les relations houleuses entre Jonathan Strange et Mr Norrell et l’opposition de leurs visions respectives de la magie, on retrouve ce thème classique que je surnomme affectueusement la querelle entre Anciens et Modernes (Ceux qui ont étudié les lettres savent. 😉 ) traité avec un dynamisme et une pertinence absolument formidables. Mais cette notion va bien plus loin que l’opposition entre les deux protagonistes éponymes de l’ouvrage. On la retrouve partout. Monde « normal » et monde féerique, magie théorique et pratique, magie « respectable » et magie « un petit peu moins respectable, fais attention quand même hein », nantis et serviteurs… Tout est très allégorique, dans ce roman.

On peut aussi, et surtout, pousser ce concept un peu plus loin et évoluer vers celui d’altérité. Ce qui est autre, ce qui est différent. Comment certains ont peur du différent et l’évitent, comment d’autres essaient de le comprendre. Comment ceux qui font partie de cette altérité considèrent cet état de fait. La différence est-elle une malédiction, ou un don? Qu’est-ce qui définit la normalité? S’il nous appartient à nous, lecteurs, de trouver nos réponses, si tant est qu’il y en ait, Susanna Clarke, elle, nous pose bel et bien ces questions. Et puis aussi et surtout, mine de rien, j’ai décelé une autre notion qui m’a énormément touchée, peut-être ai-je été la seule à imprimer à ce livre cette grille de lecture, mais je tiens à vous l’exposer: la révolte, voire la révolution. La prise de pouvoir, la roue qui tourne, les derniers seront les premiers, tout le tintouin.

Je vais tenter de m’expliquer tout en restant le plus vague possible: plusieurs personnages dans le récit ont une condition d’oppressés, d’une façon ou d’une autre. Ils (et elles, hein) sont prisonniers, au sens propre ou au figuré, de quelque chose, tangible ou pas. Et ce livre a cela de puissant qu’il met en scène avec tant d’intensité le bris de ces chaînes, la prise de pouvoir, la reconquête de cette liberté perdue, le combat opiniâtre pour se réapproprier ce qui a été spolié, que pour être honnête avec vous là tout de suite, à chaque fois que je cause de ce point précis du bouquin, j’en ai les larmes au bord des yeux. (Au bord des yeux? Ça se dit, au moins? Vas-y, je m’en fous.) J’ai trouvé dans ce livre un hymne formidable à l’émancipation, quelle qu’elle soit. Voilà pourquoi, pour moi, ce livre est tout SAUF un énième bouquin farfelu avec de la magie dedans, à lire vite fait pour se distraire. Il y a un véritable propos de fond, et quel propos.

La série télé
Jonathan Strange & Mr Norrell - Susanna Clarke - série télé BBC
Bertie Carvel et Eddie Marsan, incarnant respectivement Strange et Norrell dans la série. (Image BBC)

Vous imaginez mon bonheur délirant quand j’ai appris son existence.
Il faut savoir qu’à l’époque où j’avais terminé le bouquin, il y avait encore de vieilles rumeurs d’adaptation ciné qui traînaient çà et là sur Internet. Cependant, le projet semblait tombé aux oubliettes, et ça m’a rendu, ma foi, bien triste.
Je ne sais absolument plus comment j’ai découvert l’existence d’une mini-série produite par la BBC, mais je me souviens d’avoir sauté de joie, couru partout et démontré mon enthousiasme de moult façons. Malheureusement pas diffusée en France, il va vous falloir, pour la voir, soit employer soit des méthodes pas très légales (surtout si vous parlez pas la langue et que vous avez besoin de sous-titres Français), soit votre carte de crédit et un site internet vendant des biens culturels où vous pourrez commander le DVD/Blu-Ray, malheureusement sous-titré en Anglais uniquement. A QUAND UNE VERSION FRANÇAISE, BORDEL A CUL? …Hum. BREF.

Bertie Carvel - Jonathan Strange & Mr Norrell - série BBC
Bertie Carvel, qui réussit l’exploit d’être LA PARFAITE REPRÉSENTATION que je me faisais du personnage de Jonathan. (Image BBC)

En fin de compte, une série de sept épisodes, c’est tellement mieux qu’un film. Bien sûr, cela reste court pour aborder un matériau de base si dense, et ce sera donc sans surprise que certains passage se retrouveront quelque peu raccourcis. Apparemment, une personne n’ayant pas lu le livre peut tout de même s’y retrouver, même si pour être tout à fait franche avec vous, la lecture préalable rend certainement le visionnage bien plus confortable et appréciable. Je ne sais pas comment ils se sont débrouillés, mais tous ceux qui ont bossé sur cette série ont réussi à représenter visuellement la chose exactement comme je me l’imaginais. Dans le moindre détail. Cela en était INCROYABLE, tellement je trouvais ça fidèle à l’idée que je m’en faisais. J’avais peine à me tenir tranquille pendant le visionnage tellement j’avais envie de sautiller partout tel le cabri dans une verte prairie printanière. C’est bien la première fois qu’une série m’a fait, genre, littéralement POUSSER DES CRIS DE JOIE tellement c’était bien fait. Vous l’aurez compris, si vous avez aimé le livre, foncez. Je ne vais même pas y revenir davantage, sachez juste que tout est PARFAIT, je m’en porte totalement garante. Susanna elle-même approuve.

Les Dames de Grâce Adieu, ou l’autre livre de Susanna Clarke

Le défaut de Susanna Clarke, que je déplore chaque jour de ma vie, c’est qu’elle se fait très discrète, et qu’elle publie très, très peu. Elle n’a pas de site web, pas de profil sur les réseaux sociaux, et ça fait plus de dix ans maintenant (c’est écrit tout en bas de son article Wikipédia en Anglais) qu’elle a déclaré travailler sur un autre livre, processus apparemment ralenti par des soucis de santé; bref, MON CŒUR PLEURE DU SANG et parfois j’ai envie de prendre le premier billet d’avion direction Cambridge pour aller m’assurer moi-même de la remettre sur pied, de la motiver à finir son bouquin et accessoirement de la couvrir d’éloges pendant approximativement 72 heures non-stop.

Les Dames de Grâce Adieu - Susanna Clarke
Le voici, le voilà.

CEPENDANT, chers amis, il existe un second tome de ses écrits que j’ai eu la chance de recevoir (et de lire d’une traite) à Noël dernier, j’ai nommé Les Dames de Grâce Adieu, et il fallait aussi que j’en dise deux-trois trucs.

On pourrait en parler comme d’une sorte de spin-off, dans le sens où l’univers y est sensiblement le même que dans Jonathan Strange & Mr Norrell. On est dans la même réalité, et on y croise d’ailleurs parfois des personnages du roman, dont Jonathan Strange lui-même.

Il s’agit ici un recueil de nouvelles, au ton peut-être plus léger mais tout aussi mystérieux que celui du roman. Les courtes histoires qui y sont présentes sont parfois inspirées de contes traditionnels, ou de figures folkloriques célèbres. Encore une fois, c’est revisité avec brio, et l’ambiance y est incomparable. Ce n’est pas de la féerie en plastoc, c’est du poétique, de l’éthéré, et c’est plein de tous les ingrédients qui ont fait de Jonathan Strange & Mr Norrell un livre formidable, à ceci près que là où ce dernier était une grande fresque épique, Les Dames de Grâce Adieu pourrait davantage être comparé à une expérience sereine, posée, feutrée. Des petites histoires qui sont un peu comme les bonus d’un DVD ou un épisode spécial d’une série télé, une façon agréable de prolonger l’expérience quand on n’a pas envie de quitter cet univers. Il présentera néanmoins bien moins d’intérêt pour celui qui n’a pas déjà lu le roman « de base », même si je suis convaincue que ça reste une lecture agréable. N’hésitez donc pas si vous avez lu Jonathan Strange!

Petit Bilan (parce que quand même, la vache)

Jonathan Strange & Mr Norrell - Susanna Clarke - Les Dames de Grâce Adieu

Voilà. Je l’ai fait.

J’ai commencé la rédaction de cet article ce matin vers dix heures. Il est maintenant 15h31. (Et maintenant, après le travail de relecture, 16h30. Boudiou.) Je crois n’avoir jamais passé autant de temps sur un article de blog. J’ai conscience que ledit article est long, même si j’ai tenté de le rendre aussi sympa à lire que possible. Mais le sujet, comme vous l’avez COMPRIS puisque je vous l’ai purement et simplement RABÂCHÉ environ 45 000 fois et des poussières, me tenait énormément, énormément à cœur.  Je crois que je suis fière de ce que j’ai réussi à vous pondre, et c’était la condition sine qua non pour publier un article là-dessus. C’est donc une mission accomplie pour moi, j’ai l’impression d’avoir bien dit tout ce que j’avais à dire, et je suis vraiment contente de vous proposer ce modeste pavé. Vous me pardonnerez bien volontiers d’en avoir écrit des tonnes, imaginez que là, j’ai fait au plus court. Vous me pardonnerez aussi mon ton certainement un peu moins déconneur que d’habitude, parce que vous êtes au courant que ce livre, pour moi, c’est SERIOUS BUSINESS et que j’ai vraiment, VRAIMENT envie que vous vous y essayiez. Je sais que l’action peine à démarrer, que le nombre de pages et de notes (qu’il ne faut sous aucun prétexte ne pas lire) peuvent paraître décourageants, mais je vous le garantis, si vous vous y accrochez un peu, ça vaut le coup. Ça vaut infiniment le coup.

J’aimerais juste conclure, pour les courageux qui m’ont suivie jusqu’ici, avec un énorme MERCI d’avoir pris un peu de votre temps pour lire cet article, et vous dire que j’espère qu’il vous a donné envie de lire ce livre dont je vous ai tant vanté les qualités.

J’appuie donc sur le bouton « Publier » avec l’agréable sensation du devoir accompli, en vous donnant rendez-vous bientôt pour un nouvel article et en vous laissant, en attendant, avec toujours l’obligatoire:

Bien Cordialement, BISOUS ❤

(Comme d’hab, les photos des bouquins sont de moi, les autres illustrations sont propriété de leurs auteurs respectifs, que j’ai crédités.)

 

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12 réflexions sur « Jonathan Strange & Mr Norrell: petite plongée dans l’univers de Susanna Clarke. »

  1. On sent la passion, pour le mot « préféré » mais aussi pour ce bouquin. J’ai uniquement vu la série, qui était intéressante mais que j’ai trouvé mollassonne, mais je sais pour avoir des fans autour de moi que le bouquin, comme toujours, est bien plus riche. Il est dans ma trouzaine de bouquins à lire, ma bouquiniste est au courant, elle guette.
    Bravo pour cette longue divagation, assez plaisante à lire!

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    1. Je pense qu’il vaudrait la peine de revoir la série après lecture du livre, pour avoir un point de vue différente. Je ne pense pas que j’aurais tant accroché à la série sans lire le livre avant 🙂

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  2. J’ai pas encore lu le livre (il est dans ma liste, un jour c’est sûr …).
    Par contre je suis une inconditionnelle de la série télé que j’essaie de vendre au plus de monde possible tellement je l’aime d’amour.
    C’est tout à fait compréhensible pour quelqu’un qui n’a pas lu le livre en tout cas et je suis amoureuse folle de cet esthétique, des robes, des décors. Et de Childermass.

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    1. MAIS OUI, CHILDERMASS!!!! Bon eh ben on se rejoint sur le fait qu’on essaie de rallier tout le monde à notre cause! A la moindre occasion, je tente de placer le bouquin et la série, il n’y a pas un seul de mes proches aimant la lecture à qui je n’en aie pas parlé. C’est dommage que l’épaisseur du livre ainsi que son début un peu fastidieux en découragent beaucoup. Et je suis tout aussi dingue de l’esthétique de la série, surtout que comme je l’ai dit, c’est incroyablement fidèle à ma vision du truc 😀

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      1. Je ne peux qu’approuver cette démarche 😀 (En vérité j’aurais bien fait pareil avec Strange, mais ça va commencer à faire beaucoup de personnages de cet univers dans des caves, ça risque d’éveiller les soupçons. En plus, si c’est pour le garder 5 minutes avant qu’il s’en évade par magie, je suis pas sûre sûre que ça vaille trop le coup :/ )

        Aimé par 1 personne

  3. Bonjour,
    Ton article est vraiment d’une grande qualité ! On sent vraiment ta passion pour ce livre et tu en parles magnifiquement bien.
    Je viens de le commencer et je voudrais te poser une petite question pour être sûre de bien avoir compris : les notes de bas de pages, elles font partie du roman, c’est ça ? Je veux dire : ce sont de fausses notes, pour donner une l’impression que tous ces personnages ont réellement existé ? Par exemple, à la page 21, le livre prétendument écrit par John Segundus dont le titre est « Description complète des serviteurs enchantés du Dr Pale, leurs noms, histoires et caractères, et les services qu’ils lui ont rendus », n’existe pas. Pas plus que le Dr Pale… C’est bien ça ?
    Je me sens bête de te poser cette question, mais je me sens un peu perdue, là, et je sens que si ce n’est pas absolument clair dans ma tête, je ne vais pas pouvoir apprécier ce livre à sa juste valeur. Et apparemment, ce serait dommage… 😉
    Merci d’avance pour ta réponse.

    Aimé par 1 personne

    1. Hahah c’est très déstabilisant tu as vu? 😀 Je me suis sentie tout aussi perdue, ne t’en fais pas. Ceci dit tu as entièrement raison: elles font en effet partie de l’histoire, ce sont des notes « fictives » si l’on veut 🙂 Elles peuvent parfois faire référence à des personnages d’une mythologie « existante » dans notre monde ou à des personnages venant d’autres œuvres, mais en effet, toutes ces notes sont là pour renforcer l’immersion et non faire référence à des ouvrages existant, par exemple (et c’est bien dommage qu’ils n’existent pas d’ailleurs 😀 )
      Et un petit bout de ma philosophie pour la route: jamais ne paraîtra bête celui ou celle qui pose une question, parce qu’il/elle cherche à mieux comprendre! Ce qui est idiot, c’est de ne pas demander et de rester dans l’incertitude 🙂
      En tout cas je te remercie de ton commentaire et je ne peux que me réjouir de ton choix! N’hésite pas une seconde, si tu en fais un article sur ton blog, à en partager le lien ici 🙂

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      1. Merci beaucoup pour ta réponse ! Heureusement que tu es là parce que j’ai cherché partout sur le net la réponse à cette question, et je ne l’ai pas trouvée.
        Pas de souci, quand j’aurai fini ma lecture et écrit ma chronique, je viendrai mettre le lien ici. 🙂
        A bientôt !

        Aimé par 1 personne

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