Belgravia – Julian Fellowes

Papotarium- Belgravia Julian Fellowes

Coucou les geeeens!

Alors, on se sent d’attaque pour les fêtes? Moi totalement. Genre, j’ai plus que deux ou trois trucs à emballer, quelques trucs de dernière minute à aller chercher niveau bouffe, et puis pouf, je serai fin prête! L’ironie dans tout ça, c’est que cette année, en fait, on ne reçoit que le 25! Le reste du temps, ça va être des fêtes toutes pépère avec pas mal de bouffe et de Netflix à la clé!
Bon, puisqu’apparemment je ne suis pas là pour raconter ma (passionnante) vie, on va directement passer à ce qui nous intéresse aujourd’hui, à savoir Belgravia!

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Petit préambule nécessaire

Alors déjà on va expliquer un peu deux-trois trucs. Si vous n’avez pas fait le rapprochement, première révélation: Julian Fellowes, l’auteur, donc (c’est écrit en gros sur la couverture, merde, allez-y mollo sur le vin chaud parce que là, je vous sens un peu mollasson(ne)s!) c’est le créateur de la série la plus géniale de l’Univers, à savoir Downton Abbey, et il faut savoir que rien que ça, ça m’a suffi pour passer à la caisse, sans regrets pas le temps de niaiser YOLO quoi. Je savais que ça allait certainement être un bouquin super fan-service, pour surfer sur la vague de la série, et honnêtement bah ça me convenait à 1000%, quoi. J’ai tellement été dans le mal quand j’ai terminé Downton que tout ce qui pouvait m’offrir un moyen de prolonger l’expérience, c’était banco direct.

Ce qu’il faut savoir, cependant, c’est que c’est une histoire totalement indépendante scénaristiquement des évènements de Downton Abbey. Il y a une foule de ressemblances mais c’est pas la même histoire, c’est même pas exactement la même période. Mais on sent clairement la patte du mec quand même. Bref. Peut-être qu’éventuellement je m’égare un peu.

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Un petit mot sur l’histoire

Papotarium- Belgravia Julian Fellowes
J’en ai profité pour faire péter les guirlandes tavu

BON BON BON. Alors normalement j’aime pas trop faire ça mais là j’ai quand même envie un peu de vous poser le décor. L’intro du livre se passe 25 ans avant les évènements de l’intrigue. C’est soir de bal à Bruxelles, Sophia est hyper hypée parce qu’en tant que fille de marchands, pouvoir aller à ce genre de teuf c’était pas vraiment gagné d’avance. En plus, elle y retrouve Lord Bellasis, et Lord Bellasis c’est un peu son amoureux. Sauf que voilà, à partir de là, tout part complètement en sucette, mais genre pas la petite Chupa Chups, nan, la méga sucette deluxe. Notamment parce que tous ces messieurs présents sont gentiment priés d’aller se faire massacrer la gueule à Waterloo, et avec le sourire s’il vous plaît.
Ça jette comme qui dirait un petit froid, quand même.

ET PUIS VOILA. Une pause de 25 ans plus tard et nous voilà en compagnie d’Anne, la maman de Sophia. Sophia qui a entre-temps décidé de mourir en donnant naissance à un fils. OUI, UN FILS. Et c’est bien là le gros souci qui va nous occuper dans Belgravia. Parce qu’il semblerait que le fiston en question ait été conçu hors mariage, suite à une supercherie organisée par le fameux Lord Bellasis, qui n’était apparemment pas très Charlie comme mec, genre il lui a fait croire qu’ils avaient été mariés alors qu’en fait non pas tellement, et ce juste pour faire du sexe avec elle avant d’aller joyeusement se faire dérouiller la gueule à Waterloo et de passer l’arme à gauche par la même occasion. Enfin voilà, du coup, le gamin illégitime a été placé dans une famille sans histoire et le scandale a été plus ou moins étouffé. SEULEMENT VOILA, il semblerait que ~certaines personnes~ aient du mal à garder un si lourd secret, ce qui fait que le môme en question, à présent adulte, est amené à refaire surface et à bouleverser un peu beaucoup la petite vie de sa famille…

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Quelques petites remarques à chaud

Alors, pour causer de ce bouquin, j’ai décidé de procéder de façon très simple, à savoir dresser une liste de ce que j’ai aimé et pas aimé. Points positifs, points négatifs. Ça m’a paru la meilleure façon d’aborder le livre, alors même que j’étais en train de le terminer. Mais avant cela, je vais juste causer de deux ou trois trucs en vrac.
Tout d’abord l’intrigue. Oh, tiens, le coup du fils illégitime. Ça me rappelle un peu beaucoup un certain arc scénaristique de Downton Abbey. C’est marrant, parce que ça marche à tous les coups.

Tout cela amènera comme de bien entendu querelles d’héritage, conflits d’intérêt, choc des classes sociales, modernité vs tradition, mariage d’amour vs mariage arrangé… Je ne vais pas dire que ça me dérange, parce que ce serait faux, vu que j’ai beaucoup apprécié l’histoire et la façon dont elle était ficelée, mais c’est quand même ultra-convenu, giga-classique et plutôt pantouflard de la part de Fellowes, genre on sent bien qu’il prend zéro risques et se cantonne à faire du Downton-like. Encore une fois, je ne me plains pas, vu que c’est un peu ce qui m’a fait acheter le bouquin, et c’était d’ailleurs certainement le but recherché. Mais l’auteur aurait aussi pu s’amuser à bousculer un peu ces attentes. Que nenni, on est ici en terrain connu.

Autre chose, je ne sais pas si c’est à cause de la période des fêtes, des grosses sorties jeux vidéo et donc de tous ces trucs qui m’ont occupé l’esprit, mais j’ai eu vraiment du mal à m’accrocher durant le premier quart du bouquin. Une fois ce stade passé, en revanche, plus moyen de le lâcher. Ce premier quart a traîné durant des semaines, alors que j’ai terminé le reste en deux sessions.

Voilà, ça c’était pour ce que je ne pouvais ranger ni dans le positif, ni dans le négatif. Passons donc à la suite!

Papotarium- Belgravia Julian Fellowes

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J’ai pas aimé…

Autant commencer par les trucs qui fâchent, hein. Allez. Let’s go.

  • Bon alors déjà, un truc qui va paraître assez futile à beaucoup, mais je me lance: Les coquilles et autres erreurs d’impression. C’est rien pour certains, moi, ça me révulse. Je n’ai pas relevé le nombre exact, mais il est étonnamment haut, de caractères qui disparaissent, un point par ci, un accent par là… Parfois une lettre ou deux. Souvent de la ponctuation. Des coquilles. Sophia se retrouve renommée Sopia. Alors je pardonne une coquille ou deux, notamment dans les livres de poche, où l’impression est de toute façon assez approximative et où il n’a jamais été rare de trouver ce genre de bourdes. Là, non. Il y en a trop, et on n’est pas sur du livre de poche. On est sur un bouquin qu’on paie 20 balles, et ça peut aller jusqu’à entraver le confort de lecture. Pour moi, à un moment, y’a quelque chose qui n’a pas été fait correctement. Certes, ce n’est pas un obstacle à la compréhension, toujours est-il que moi, je trouve ça scandaleux.
  • Les personnages sont franchement en demi-teinte. Là où Downton Abbey (car oui, désolée, mais quand on affiche en gros sur la couverture, je cite « PAR L’AUTEUR DE DOWNTON ABBEY », il faut s’attendre à la comparaison) nous servait une galerie de personnalités hautes en couleur, mémorables tout en restant nuancées; ici dans Belgravia, je n’ai trouvé aucun personnage attachant. Plus grave, aucun d’entre eux ne m’a paru être un personnage fort. Fort, dans le sens tridimensionnel, pas juste là en tant que rouage de l’intrigue. Chacun a ses travers et ses vertus, ses goûts, ses ambitions, mais rien de tout cela ne nous les rend accessibles, ni ne nous fait nous identifier à eux. Pire, ils restent dans l’ensemble assez clichés. James Trenchard m’a même paru être une copie assez fade de Mr Selfridge. J’ai conscience que ce ressenti est personnel, et j’ai tout de même trouvé plutôt charmants les personnages de Charles et de Maria, allant jusqu’à stresser un peu pour eux et tout, mais… Là, j’ai fini le livre, et les personnages ne me manquent pas. Alors que la Comtesse Douairière de Downton, par exemple, si.
  • La conclusion du livre. Si vous ne souhaitez pas être spoilés, évitez ce paragraphe, car même si je vais rester vague, ça risque fort de vous dévoiler des trucs. BON. ALLEZ, ON FILE. C’est bon? OK. Donc. la conclusion. En gros, les péripéties vécues par tout ce petit monde aurait certainement dû leur servir de leçon. Genre, pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Eh bien non, chers amis. On assiste (attention, véritable spoiler!!!) à la procréation d’un nouvel enfant illégitime, et que fait-on pour gérer la situation? Eh bien la même chose que par le passé, et qui nous a attiré tant d’ennuis: des cachotteries! Le happy ending, en outre, s’il fait bien plaisir, je l’avoue, laisse un peu perplexe. Tout est bien qui finit bien, alors que clairement, c’était loin d’être gagné.
  • Il y a un MÉCHANT. Un méchant digne de Disney tellement il est juste méchant. Odieux. Immonde. Sans aucune qualité rédemptrice. Dans Downton, on se prenait de sympathie pour la pire enflure (à part peut-être *ce* personnage très secondaire qui a fait un truc pas cool du tout à un moment donné), car chaque personnage était, justement, nuancé. Là, eh ben, le mec, c’est un méchant. Il fomente des plans de méchant et connaît un destin de méchant. UN PEU ABUSÉ DANS UN BOUQUIN POUR LES PLUS DE SIX ANS. #cpasgentildêtreméchant
  • Je devrais le lire en VO pour m’en faire un avis plus correct, mais dans sa version traduite, très franchement, le style d’écriture ne casse pas des briques. C’est vraiment une langue simple et réduite à sa pure fonction utilitaire de vecteur du récit. Dommage.

    Chat Belgravia Julian Fellowes Papotarium
    Mon chat a tenu à participer à la séance photo. Donc, le voilà. 😀

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J’ai aimé…

Parce que oui quand même. Je peux pas dire que j’ai pas aimé ce livre, des choses m’ont pas mal séduite aussi. ALORS.

  • Bon, déjà, le point fort de Belgravia, c’est bel et bien son histoire. Malgré des débuts timides, l’intrigue est intéressante et tient en haleine sans difficulté. Moult machinations, cachotteries et autres quiproquos, on ne se fait pas chier, et c’est amusant de se retrouver témoin de toutes ces embrouilles aristocratiques.
  • Ce point rejoint le précédent, mais voilà: Julian Fellowes a un réel talent de scénariste et on le sent. On retrouve vraiment son empreinte, cela pourra en agacer certain(e)s mais il faut reconnaître l’évidence: Monsieur sait ce qu’il fait, il sait aussi de quoi il parle car son récit fourmille de détails ancrant le tout dans son époque. Il y a eu de la recherche derrière, on le voit sans peine.
  • Les personnages sont fades et plutôt convenus, certes, mais pas sans intérêt non plus. Je mentirais si je disais que je n’ai pas ressenti la moindre empathie, que je n’ai pas eu hâte de connaître la résolution de leurs problèmes… Oui, en effet, ce petit monde n’est pas à la hauteur de la clique de Downton. Mais il faut bien reconnaître que la barre était haute placée. Il est vrai aussi qu’il reste impossible en un seul livre d’offrir un développement des personnages aussi complet qu’en une série de plusieurs saisons, ou en une saga de plusieurs volumes. En fin de compte, Belgravia nous offre tout de même un éventail de protagonistes correct, pas transcendants mais pas non plus imbuvables. Ils portent suffisamment bien le récit pour nous donner envie d’en venir à bout, en tout cas.
  • Le petit twist final amenant la résolution de l’intrigue est bien pensé et assez satisfaisant. Bon, alors je tiens à dire que je n’avais personnellement pas vu venir le truc, mais sachant à quel point je suis nulle pour deviner le genre de choses que la majorité des gens auront déjà grillé depuis des lustres, je ne sais pas vraiment si cela vous surprendra vraiment, VOUS. Moi, j’ai été assez surprise. C’est un peu l’avantage d’être bon public comme je le suis 🙂

Papotarium- Belgravia Julian Fellowes

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Petite conclusion

Un truc à savoir sur moi est que je n’ai aucun scrupule à lâcher un livre avant la fin s’il me gave. Pas le moindre sentiment de culpabilité. Du coup, rien que le fait d’avoir lu un livre en entier est pour moi une preuve que ce n’est pas une complète perte de temps.

En écrivant cette critique, la première de mon blog à être vraiment, bah, CRITIQUE, justement, j’ai une petite appréhension: peur d’avoir peut-être été trop dure, de donner une impression trop négative de ce livre. Pourtant, je vous encourage à le découvrir, sincèrement!

Papotarium- Belgravia Julian Fellowes
(Je vous en remets une couche avec mon chat parce que j’fais ce que j’veux c’est Noël)

Je ne pouvais pas ne pas parler de tous ces détails qui m’ont gênée. Pour moi, ils font de ce roman qui aurait pu être excellent, un roman très correct. Sans plus, mais pas moins non plus. Belgravia ne restera pas dans mon cœur comme une lecture marquante, soyons clairs. Cependant, j’ai passé un fort agréable moment en compagnie de ce bouquin, qui constitue une parfaite manière de se détendre en cette période de fêtes. Malheureusement, j’aurais bien aimé vous dire qu’il est préférable d’aborder cette lecture sans avoir l’illustre Downton Abbey comme point de comparaison, mais cette tâche paraît assez impossible quand, comme je le disais plus haut, un bandeau ÉNORME figure sur la couverture pour vous le rappeler.
Dans tous les cas, j’aimerais bien savoir ce que vous en pensez. Avez-vous quand même envie de le lire? L’avez-vous déjà lu, et auquel cas quel a été votre opinion? Au risque de me répéter (c’est pas duuuu tout une habitude chez moi de radoter hein, nononon) je voudrais vraiment mettre en avant le fait que les défauts que j’ai trouvé au nouvel ouvrage de Julian Fellowes ne sont en aucun cas suffisants pour rendre un verdict complètement mauvais. Au contraire, on peut quand même en faire abstraction et savourer Belgravia un peu comme une sorte de feuilleton (il faut d’ailleurs préciser que c’est ce que c’était à la base: l’œuvre a d’abord été publiée épisodiquement), bien agréable mais pour lequel mes attentes étaient peut-être un peu trop hautes!

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Bon, les ami(e)s. Les fêtes de Noël approchent à grannnnds pas, je ne sais donc pas quand je vais réussir à trouver un moment pour vous pondre un prochain article. Si on ne se retrouve pas avant les fêtes, je vous souhaite qu’elles soient pour vous tout ce que vous espérez, plein de cadeaux, de bisous, de câlins, de chocolat et de frites (comment ça je vous parle de MES envies, là? :D)

En attendant de savoir ce que vous aurez trouvé sous le sapin, je vous laisse à vos derniers préparatifs ❤

Bien Cordialement, BISOUS ❤

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5 jeux vidéo contemplatifs, pour réfléchir et s’émerveiller

Titre - 5 jeux vidéo contemplatifs pour réfléchir et s'émerveiller

Salut tout le monde!

Alors ça y est, on est en Décembre, c’est bientôt les fêtes. Qu’on célèbre ou pas, difficile d’éviter les foules se pressant dans les magasins, les décos qui brillent partout, cette espèce de frénésie qui, soyons honnêtes cinq minutes, hein, peut très vite mener à l’overdose. (Je ne parle même pas du rond-point près de chez moi, décoré pour l’occasion, entre autres, de deux panneaux, l’un mentionnant « libéré » et l’autre, « délivré ». Oui, ils ont osé. J’y passe tous les jours. Qui c’est qui va avoir cette chanson dans le crâne TOUT LE TEMPS? C’est bibi!)

BREF. C’est bien pour cette raison que l’idée m’est venue de ne pas faire de trucs spéciaux sur mon blog pour Noël, et que je vais plutôt vous proposer une petite sélection de jeux vidéo contemplatifs, calmes, zen, pour décompresser et vous évader un peu de ce tourbillon de papier cadeau et de guirlandes lumineuses! Ces jeux ont été de véritables coups de cœur pour moi: esthétiques, oniriques, artistiques même, ils constituent des expériences relaxantes, originales, et surtout plutôt accessibles même si vous n’êtes pas forcément un(e) joueur(se) aguerri(e).

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 JOURNEY

Journey - 5 jeux vidéo contemplatifs - Papotarium

Le premier de cette petite sélection a vu le jour sur PS3 en 2012, et est depuis également disponible sur PS4, il s’agit donc de Journey. Il fait partie des œuvres vidéoludiques qui, à mon sens, ont un peu posé les bases de toute cette tendance dans le monde du jeu vidéo consistant à vouloir offrir des expériences poétiques qui transcenderaient les codes du genre, tendance portée en grande partie par la scène indépendante et contribuant à abolir totalement la distinction entre jeu vidéo et art. Ouais je sais, c’est pompeux dit comme ça. BREF. Bon, Journey, en quoi ça consiste?

Eh bien vous incarnez ce petit personnage tout de rouge vêtu, écharpe flottant aux quatre vents… Et vous explorez. Il n’y a pas de manipulations compliquées, vous pouvez vous déplacer, sauter et émettre des sortes de signaux sonores qui vous serviront à diverses petites choses. Comment êtes-vous arrivé là? Quel est votre but? Rien n’est expliqué, vous êtes juste là, et faute d’en savoir davantage, il vous faut progresser pour le découvrir vous-mêmes. Au fil de votre parcours, vous pourrez, grâce à des scènes cinématiques et des fresques disséminées un peu partout, en apprendre plus ou plutôt en DEVINER plus sur ce qui se trame là-dedans. Je ne peux pas vraiment en dire davantage, Journey c’est vraiment un truc qui se vit et qui, au même titre que n’importe quelle autre œuvre d’art, acceptera autant d’interprétation qu’il existe de joueurs.

Journey - 5 jeux vidéo contemplatifs - Papotarium

Pour moi, le truc qui rend Journey aussi unique, c’est que malgré ce délire désertique et ces ruines abandonnées, vous ne serez pas forcément seuls. Pour peu que votre console soit connectée à Internet (et on est en 2016, donc j’imagine que quand même, c’est le cas pour la majorité d’entre vous, enfin bon, on peut se tromper, hein), sans même besoin d’abonnement au service Playstation +, eh ben vous pourrez rencontrer d’autres joueurs. C’est totalement aléatoire, et ça rend le truc absolument formidable. Vous n’avez aucun moyen de communiquer excepté ces petits bruits/scintillements dont je parlais plus haut (c’est donc très limité) et malgré tout… Le truc fonctionne à merveille. Encore une fois, c’est un ressenti assez indescriptible, il faut vraiment essayer. Se retrouver à jouer avec un parfait inconnu, et traverser ces contrées mystérieuses à deux alors que tout est fait pour donner au joueur cette impression d’être seul et perdu, c’est vraiment quelque chose. Qui plus est, même si le jeu date d’il y a quelques années, pour l’avoir acquis récemment, je peux vous affirmer qu’il reste des joueurs, j’ai pu en croiser plusieurs dans la même partie.

Laissez-vous tenter, vous ne le regretterez pas!

 

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ABZÛ

abzu_keyart

On est un peu dans une suite logique, là, puisqu’Abzû (dispo sur PS4 et Steam) émane du studio fondé par Matt Nava, le directeur artistique de Journey (si si, vous savez, Journey, je vous en ai parlé. Genre, juste au-dessus). Après avoir travaillé sur ce jeu à l’esthétique aride et désolée, l’ami Matt voulait offrir quelque chose de diamétralement opposé, un univers luxuriant, fertile et grouillant de vie: et PAF, ça a fait des chocapic ça a donné Abzû.

On va la faire courte, hein, mais si vous avez aimé Journey, vous allez aimer Abzû. Le principe est sensiblement identique, un personnage non-identifié, des lieux à explorer, le tout formant une histoire sans paroles vous faisant découvrir des fonds marins absolument merveilleux. Ici aussi, on en prend plein les yeux et plein les oreilles, certaines phases de ce périple sous-marin poussent encore plus loin les envolées lyriques qu’on a pu connaître avec son prédécesseur.

Abzû - 5 jeux vidéo contemplatifs - Papotarium

Qu’il s’agisse de Journey ou d’Abzû, il est à noter que les expériences offertes sont assez courtes: en prenant bien son temps, en deux ou trois heures, c’est plié. Certains pourraient y voir un point faible, mais il faut s’avouer que de telles œuvres ne fonctionneraient tout simplement pas sur une dizaine ou une vingtaine d’heures. Ces jeux ont été conçus pour être courts, car il est préférable de terminer sa partie en une fois, un peu comme un film. Ceci dit, ils font aussi partie de ces titres dont la rejouabilité est phénoménale, il y a des tonnes de choses à découvrir et leurs univers sont tellement travaillés qu’on a envie d’y revenir. C’est un émerveillement de tous les instants qui vous attend avec ces jeux vidéo, qui arriveraient même à séduire les personnes les plus réticentes à prendre une manette!

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FEZ

Fez - 5 jeux vidéo contemplatifs - Papotarium

Fez, c’est aussi un vieux de la vieille, sorti le 13 Avril 2012 sur Xbox 360, et désormais également dispo sur PC, Mac, Linux, PS3, PS4 et PS Vita (ouais, rien que ça, t’as vu). Je crois que c’est ma première expérience marquante en terme de jeu indépendant.

Petit avertissement: Oui, Fez, c’est un jeu tout joli, aux graphismes assez naïfs… Mais il exige peut-être un tout petit peu plus de skill et de matière grise que les autres jeux de cette petite sélection.En fait, ici, il va vous falloir apprendre à penser autrement. L’expression en langue anglaise « Think outside the box » résume parfaitement le truc. Mais y’a pas vraiment d’équivalent français. Et « pense en-dehors de la boîte », ça ressemble un peu à rien, quand même. Bref, où en étions-nous? Fez.

Fez - 5 jeux vidéo contemplatifs - Papotarium

Dans Fez, vous prenez le contrôle de Gomez, ce petit bonhomme blanc avec son couvre-chef qui est justement, ben… un chapeau de type fez. D’où le nom du jeu. Ils sont astucieux, quand même. Là encore, il s’agira d’explorer divers endroits et d’en découvrir d’autres dans un mélange de jeu de plateforme et d’énigmes. Là où Fez est particulier, c’est que, vous le voyez bien sur l’image ci-dessus, on est dans un jeu en 2 dimensions.

Alors oui, sauf que pas vraiment, en fait, haha. En effet, vous voyez les décors en deux dimensions, à cause de l’angle de vue, mais tout est en réalité tridimensionnel… Et vous pouvez faire pivoter l’ensemble du décor, vous offrant ainsi de toutes nouvelles perspectives sur votre environnement, et trouvant sur un côté du niveau la solution à un problème qui vous paraissait insoluble vu depuis votre angle de départ… C’est un peu difficile à piger? Rassurez-vous, ça l’est tout autant à expliquer; mais une fois en jeu, c’est limpide, et très intuitif.Voyez l’image que je vous ai mise un peu plus haut, représentant un des décors pendant la rotation, et comparez avec l’écran qui va suivre.

Fez - 5 jeux vidéo contemplatifs - Papotarium

Non seulement ce système de jeu basé sur les changements de perspective est très original, mais ce n’est pas le seul atout de Fez. Ce jeu est également plein de mystères, d’énigmes complètement tordues nécessitant souvent de repenser complètement sa façon de réfléchir. La solution se trouvera parfois en-dehors du jeu lui-même. C’est un vrai plaisir de bénéficier d’une telle variété dans les casse-tête proposés, et très honnêtement, cet exercice de penser différemment est une invitation formidable à l’ouverture d’esprit et à la réévaluation de notre vision des choses. Oui, je pars loin dans le trip philosophique, mais Fez m’a vraiment fait cet effet-là.

Quant au dépaysement, Fez n’est pas en reste, tellement la variété et la beauté des zones à visiter est grande, et toutes ces portes dérobées, ces pièces secrètes et autres petites surprises donnent à Fez des allures de, euh… Vous savez, ces meubles anciens, là, avec plein de tiroirs et de compartiments dissimulés? Eh ben, de ça. Voilà.

En résumé, Fez conviendra à toutes les personnes férues de puzzles, de casse-têtes et de tout ce qui fait fonctionner la matière grise, mais aussi tous les gens que ce genre d’exercice peut habituellement rebuter: certes, il faut y résoudre des énigmes, mais celles-ci sont variées et vraiment bien pensées.

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MONUMENT VALLEY

Monument Valley - 5 jeux vidéo contemplatifs - Papotarium

On fait un petit crochet rapide du côté des jeux mobiles (iOS, Android et Windows Phone) pour découvrir Monument Valley, sorti en 2014. Pour ne pas déroger au principe du classement, ce jeu est beau. C’est vraiment le premier adjectif qui me vient à l’esprit. Pétri d’influences artistiques dont la plus évidente est M.C. Escher (vous savez, les perspectives impossibles? Les escaliers qui vont dans tous les sens? Bah c’est lui), ce jeu s’apprécie autant pour son aspect ludique que pour ses allures de galerie d’art interactive.

Comme dans Fez, il sera question de jouer avec la perspective, sauf que cette fois-ci, ce n’est pas l’angle de vue sur lequel vous aller influer, mais la structure des édifices que vous parcourez. Là encore, une situation dans laquelle votre petit personnage semblera bloqué se résoudra par une simple rotation, d’un élément de décor cette fois.

Ce jeu, je l’ai voulu pendant longtemps, mais je n’avais jamais sauté le pas. Et puis récemment, je l’ai vu en promo sur l’App Store, et je me suis laissée tenter… J’ai bien fait! Malgré sa courte durée de vie et sa simplicité, c’est un bonheur pour les yeux. Les palettes de couleur, en particulier, sont très soignées, le level design est intelligent et l’expérience est vraiment relaxante, on ne se retrouve jamais vraiment coincé.

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Voyez cette capture d’écran? Eh bien, c’est loin d’être un des plus beaux tableaux du jeu. C’est simple, j’ai fait énormément de captures tellement n’importe quel moment est digne de finir en fond d’écran. Ce qui est d’ailleurs arrivé sur mon iPad! Un mode « photo » est d’ailleurs proposé, vous permettant de sauvegarder facilement vos captures du jeu.

Si vous cherchez un jeu mobile qui réussit à la fois à être soigné esthétiquement, agréable à jouer et accessible à tous, n’hésitez plus. Sa simplicité peut même en faire un jeu sympa pour un public un peu plus jeune, qui sera séduit par cette ambiance de conte de fées!

 

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THE WITNESS

The Witness - 5 jeux vidéo contemplatifs - Papotarium

 Alors là, je vous ai gardé le meilleur pour la fin. Plus récent (sorti en janvier 2016) et dispo sur PS4, Windows et XBox One, (bientôt sur iOS?) The Witness m’a complètement hypnotisée, allant même parfois jusqu’à me détourner de Final Fantasy XV. The Witness, c’est un jeu vraiment à part. Je l’ai connu à travers une vidéo de let’s play au début de l’année, puis un peu oublié, et puis avec Monsieur, on est retombés sur une vidéo de présentation sur Youtube, où il en était montré un peu davantage… Et j’ai été séduite. Bénéficiant récemment d’une promo très intéressante sur le PSN, j’ai donc sauté le pas avec joie, et bon sang, qu’est-ce que j’ai bien fait.

Bon, alors en quoi ça consiste au juste, me demanderez-vous? Eh bien vous êtes dans un tunnel. Et en gros, démerdez-vous avec ça. C’est-à-dire que vous êtes vraiment livré(e)s à vous-mêmes, il n’y a aucune interface à l’écran, aucune voix, aucune musique, simplement le bruit de vos pas et de l’environnement. Vous avancez, et très vite, vous êtes amené à résoudre une sorte de puzzle sur un panneau, qui consiste à déplacer un point sur une ligne. Et là…

screenshot08

Là, vous débarquez sur une île. Mais pas n’importe quelle île. Je crois que c’est un des plus beaux univers de jeu que j’aie pu parcourir dans ma vie de gameuse, en tout cas un de ceux qui me plaisent le plus. Chaque recoin de cet endroit est un régal pour les yeux. Une œuvre d’art. Au fil de vos pérégrinations, vous traverserez des zones toutes plus enchanteresses les unes que les autres, chacune inspirée de différents endroits de notre monde… Une atmosphère onirique et luxuriante à laquelle je pense n’avoir jamais vu d’équivalent.

Comme vous l’avez peut-être constaté sur l’image précédente, l’endroit que vous visitez est parsemé de ces fameux panneaux dont je vous parlais plus haut. La résolution de ces puzzles (qui sont au nombre de plus de 600!) sera le but principal de votre périple. Mais 600 puzzles sur le même principe, c’est pas un poil relou, me demanderez-vous? Eh bien que nenni, chers amis, que nenni. Voyez-vous, chaque zone du jeu apporte aussi sa variante à ces tableaux, et il vous faudra parfois savoir observer votre environnement, raisonner par déduction et faire preuve, encore une fois, d’une façon de penser assez « ouverte ». Cette fois-ci, « think outside the box » prend même une tournure parfois assez littérale. Mais je n’en révèlerai pas davantage!

The Witness - 5 jeux vidéo contemplatifs - Papotarium

Pour les plus ancien(ne)s d’entre vous, si je vous dis que ce jeu m’a fait fortement penser à Myst dans son principe et son ambiance, vous aurez déjà une bonne idée du genre d’expérience qui vous attend ici. L’île abandonnée, l’absence totale de tuto ou d’assistance de la part du jeu pour guider vos premiers pas, le calme ambiant et d’autres points encore que je ne vous révèlerai pas pour ne pas vous gâcher l’expérience… On sent vraiment l’héritage Myst dans The Witness, les concepteurs du jeu le revendiquent d’ailleurs ouvertement. Et pourtant, Dieu sait si j’ai détesté Myst! A mon sens, The Witness reprend tous les aspects attrayants de ce jeu tout en s’affranchissant des choses un peu moins cool (je le répète, c’est là mon opinion personnelle!).

Il m’est difficile de parler de ce jeu de façon détaillée, et vous devez sûrement avoir l’impression que je tourne totalement autour du pot: c’est tout bêtement parce que ce jeu ne s’explique pas facilement: il est important pour moi de ne pas trop en dire, parce que c’est vraiment une découverte à faire soi-même, une sorte de voyage initiatique vidéoludique, si on veut. Pour vous donner un ordre d’idée, je ne l’ai pas encore fini mais je sais d’ores et déjà qu’il figurera parmi mes jeux préférés de tous les temps. J’ai juste envie de vous dire de foncer sans vous poser de questions!

The Witness - 5 jeux vidéo contemplatifs - Papotarium

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Et voilà, c’en est terminé de cette petite sélection! Vous parler de ces jeux me tenait vraiment à cœur, et croyez-le ou non, j’en ai encore sous le coude: si ça vous plaît, j’aurai encore d’autres titres à vous suggérer! J’ai préféré sortir ce genre d’article plutôt que de parler de la sortie de Final Fantasy XV comme je l’avais prévu au départ, parce que, disons que, hum… LE SUJET A DU ÊTRE LÉGÈREMENT ABORDÉ AILLEURS. Genre, dans tous les médias possibles parlant de jeu vidéo.

Quel que soit votre niveau d’implication avec le monde vidéoludique, que vous soyez super gameur(se) ou joueur(se) occasionnel(le), voire même pas joueur(se) du tout, ces cinq œuvres que je vous ai présentées ont toutes quelque chose qui les détache totalement de l’idée qu’on se fait du jeu vidéo. Ce sont des expériences marquantes, à part, uniques.

Si jamais vous vous laissez tenter par l’une d’elles, n’hésitez pas à me donner votre avis par commentaire! Si jamais vous avez des suggestions de jeux dans le genre, donnez-les moi aussi!

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Le prochain article sera très certainement en rapport avec la photo, mais pour l’instant, je ne vous en dis pas plus 😉 Pensez à me suivre sur Facebook, Twitter, Instagram et Hellocoton!

Je vous souhaite de bonnes épopées vidéoludiques en attendant le prochain article,

Bien Cordialement, BISOUS ❤