François Cavanna et moi

Papotarium - François Cavanna - Livres

Saluuut tout le monde!

Eh oui, je suis en vie. Eh non, je n’ai rien branlé de tout le mois. Mais vous voyez, j’ai eu des migraines. Les migraines, c’est chiant, et ça empêche un tout petit peu de se concentrer. Et puis le glandage menant à encore plus de glandage, ajoutez à ça le manque d’inspiration… Bon, bref. J’suis là maintenant.

Aujourd’hui, j’ai décidé de faire un article qui me tenait spécialement à cœur. Le 29 Janvier dernier, je me suis rappelé que ça faisait trois ans, déjà, que François Cavanna n’était plus de ce monde. Ça faisait un certain temps que je voulais vous parler de lui, alors je me suis dit, c’est l’occasion. Laissez-moi donc vous faire découvrir (ou redécouvrir) ce Monsieur, notamment à travers son œuvre littéraire.

divider

Storytime!

dscf9203

Je sais pas si ça vous arrive aussi de repenser à des anecdotes de votre vie, et de vous dire merde, c’est le destin. J’y crois pas vraiment, au destin, en plus. Mais voilà, il existe des coïncidences qui arrivent à vous faire douter. C’est un peu ce qui s’est passé pour moi avec Cavanna.

Quand j’étais gamine, je lisais tout ce qui me passait sous la main. Un truc que j’adorais particulièrement, c’était mes manuels de Français. Ils étaient tout pleins d’extraits d’œuvres très très variées, alors même ce qu’on n’étudiait pas, je le lisais. C’était magique, pour moi, j’y découvrais des tas de choses. On devait être en 1998, 1999? Je devais être en sixième. Et c’est dans un manuel de Français que je tombe sur Cavanna. Deux minuscules extraits de son récit d’enfance autobiographique, Les Ritals. L’un des deux parlait de sa boulimie littéraire, forcément, ça m’a parlé. Ces deux petits bouts de texte, je les ai lus, relus. Et puis ma vie a suivi son cours.

Arrive le Master (oui, sacré bond dans le temps, je vous le concède). Master de lettres, bien évidemment. On doit pondre un petit dossier sur une œuvre de notre choix, dans le domaine de notre choix. Celui que j’ai choisi, ce fut l’écriture de soi, qui m’a toujours attirée. Et comme je préparais un mémoire sur le même thème (Plus précisément l’écriture de soi dans le blogging! Eh ouais, les blogs et moi, c’est une longue histoire), je restais dans mon thème de prédilection.

Sans idée et complètement paumée, faisant face à l’élitisme de profs pour lesquels Amélie Nothomb n’est pas de la littérature (donc pas moyen de faire de dossier là-dessus au risque de me manger une note de merde, pourquoi ai-je eu l’outrecuidance de penser qu’une fac de lettres était un lieu d’ouverture d’esprit) je demande donc à ma prof référente de m’aiguiller sur un ouvrage à étudier. Elle me suggère Un Vrai Roman, de Philippe Sollers. J’ai essayé. J’ai trouvé ça pompeux, froid et prétentieux comme pas possible. Et je vous jure que je fais un effort pour rester polie. Ben oui, ça fait peut-être plus intello que Nothomb, mais le truc, c’est que j’en ai jamais rien eu à cirer de faire intello.

Et c’est après un nouvel entretien avec cette prof, lui expliquant que non, je n’allais pas causer d’un bouquin qui ne m’inspirait qu’un vague dégoût, qu’elle m’a conseillé Les Ritals. Je l’ai lu, je suis retombée sur ces extraits de quand j’étais môme. Le bouquin entier m’a fait le même effet. J’ai été captivée, je suis passée par toutes les émotions. Ce livre a résonné en moi. J’en ai tiré un petit dossier très scolaire très comme y faut sur la vision de l’enfance dans cette œuvre, et à travers mes recherches, j’en ai appris plus sur l’auteur. Et depuis ce jour, il occupe dans mon cœur une place particulière.

divider

L’ami François lui-même

François Cavanna Portrait

Pour vous le présenter un peu, François Cavanna, il est né en 1923. C’est dire s’il a pu en voir, des choses. Il a connu la guerre, le STO, pas mal de galères. Avec ses potes, il a fondé Hara-Kiri. Et puis Hara-Kiri a été interdit, trop provocateur. Alors ils ont récidivé, et fondé Charlie Hebdo. En 2014, il s’est éteint, et j’ai été très triste. J’aurais aimé le rencontrer, un jour. Juste histoire de lui dire, je sais pas, des conneries, genre que ses bouquins avaient énormément compté pour moi, des niaiseries, quoi; mais des niaiseries sincères.

Je suis pas là pour vous en faire une biographie détaillée, j’ai toujours une flemme immense lorsqu’il s’agit de digérer et de recracher une ragougnasse d’infos qu’on peut trouver très facilement ailleurs. Certainement parce que je l’ai trop fait à l’école, et que j’ai jamais compris l’intérêt: reformuler avec des mots maladroits une chronologie foireuse pour un prof qui connaît déjà, merci bien. Et puis il n’y a pas pire façon de parler de quelqu’un que de ressortir des dates-clés de façon froide et méthodique. Ça n’apprend rien du tout.

D’ailleurs, ce serait d’autant plus con que sa vie, il en cause lui-même. Très bien, en plus.

Jusqu’à présent, j’ai surtout lu ses récits autobiographiques. Les Ritals, ça a été le premier. Il y saisit l’essence même de l’enfance, les peurs, les rêves, les croyances et autres petits plaisirs qui la peuplent; avec justesse et spontanéité. Il y a eu les autres ensuite (sans déconner). J’ai été complètement bouleversée par Bête et Méchant. Pas un des plus connus, mais un des plus poignants et surtout des plus intéressants pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur les débuts de sa carrière journalistique. Bon, on se rappelle évidemment tous de ce qui s’est passé à Charlie Hebdo, ça a amené pas mal de gens à s’intéresser à ce journal, du coup je me dis que pour tous ceux-là, l’œuvre de Cavanna fournira un témoignage de choix sur la naissance de cet hebdomadaire satirique.

divider

Le style Cavanna

cavanna-meme-pas-mort-l-hommage-de-denis-robert-au-createur-de-charlie-hebdom211460

Bon, jusque là, vous vous dites certainement d’accord, mais en quoi est-il différent d’un autre autobiographe? Parce que là, en effet, ce que je vous raconte, ça doit vous paraître assez classique, assez banal.

Petite question. Est-ce qu’il vous est déjà arrivé d’avoir dans votre entourage, ou parmi des personnalités, youtubeurs, que sais-je encore; des gens dont vous vous êtes dit quelque chose genre « Il/elle pourrait me parler de n’importe quoi pendant des heures, que j’aurais du plaisir à l’écouter »? Ces gens qui ont une sorte de don pour raconter, qui arrivent à rendre n’importe quoi intéressant? Qui s’expriment d’une manière telle que vous pourriez les écouter réciter l’annuaire sans vous faire chier?

Eh bien Cavanna, c’est un peu ça. Sauf qu’en plus, ce qu’il raconte, c’est intéressant. L’autobiographie, je trouve ça chiant dans 90% des cas. Et prétentieux. Eh bien là, non. Ce qui rend les livres de François Cavanna inimitables, c’est son style. Un style totalement décomplexé, débarrassé de toutes fioritures inutiles, qui ne s’embarrasse pas de savoir s’il sonne littéraire ou pas. Franc, direct, s’en tamponnant royalement l’arrière-train de respecter les conventions. Comme l’homme lui-même, du reste. Cavanna, il écrit comme il parle. Il écrit comme il est. Un peu comme ce que je fais moi, sauf que moi, c’est moins bien. Je pense d’ailleurs qu’il a pas mal influencé mon style d’écriture, si tant est que j’en aie un, hein, bien sûr; mais vous voyez. Il va vous balancer de l’interjection, des accents, des phrases pas finies, des jurons… Et pas uniquement lorsqu’il s’agit de retranscrire un dialogue, non, tout le temps. C’est comme s’il était en face de vous, et qu’il vous racontait l’histoire, à vous. Quand on finit un de ses livres, on a l’impression d’avoir partagé un moment avec lui. C’est une expérience pour moi inégalée.

divider

Le mot de la fin

Honnêtement, je le sais, cet article est un peu bizarre. C’est ce que vous devez penser. Parce que ce n’est ni une chronique de livre, ni vraiment une présentation détaillée de l’auteur, ni de sa bibliographie… Comme je l’ai dit, l’intérêt pour moi de faire une présentation encyclopédique est très faible, sachant que ce genre d’informations est accessible facilement sur Wikipédia. Ce que j’ai voulu faire, c’est simplement parler de cet auteur, qui semble être tombé à tort en désuétude, de dire combien je trouve ça con qu’il ne soit pas plus lu, tant son style est incomparable, atypique et agréable. De lui rendre un (très très humble) hommage à ma manière. Et surtout, de vous donner envie de le lire. Si c’est le cas, n’hésitez pas. En attendant, je vous laisse avec un petit morceau du fameux extrait qui m’a fait découvrir Cavanna, toute jeune, ne sachant pas encore à quel point j’allais être marquée par ses écrits.

Tous les jeudis matin, jour sans classe, j’allais avec un cabas à la bibliothèque municipale…
On avait droit à deux livres à emporter par personne inscrite, alors j’avais inscrit papa et maman, ça me faisait, comptez avec moi, six bouquins à dévorer par semaine.
On choisissait sur catalogue, mais les titres qui vous faisaient envie étaient toujours en main, il fallait faire une liste par ordre de préférence, la barbe, j’aimais mieux fouiner dans les rayons et me laisser séduire par la bizarrerie d’un titre ou les effilochures d’une très vieille reliure.

François Cavanna, Les Ritals

A la prochaine, Bien Cordialement, BISOUS. ❤

Publicités

Belgravia – Julian Fellowes

Papotarium- Belgravia Julian Fellowes

Coucou les geeeens!

Alors, on se sent d’attaque pour les fêtes? Moi totalement. Genre, j’ai plus que deux ou trois trucs à emballer, quelques trucs de dernière minute à aller chercher niveau bouffe, et puis pouf, je serai fin prête! L’ironie dans tout ça, c’est que cette année, en fait, on ne reçoit que le 25! Le reste du temps, ça va être des fêtes toutes pépère avec pas mal de bouffe et de Netflix à la clé!
Bon, puisqu’apparemment je ne suis pas là pour raconter ma (passionnante) vie, on va directement passer à ce qui nous intéresse aujourd’hui, à savoir Belgravia!

divider

Petit préambule nécessaire

Alors déjà on va expliquer un peu deux-trois trucs. Si vous n’avez pas fait le rapprochement, première révélation: Julian Fellowes, l’auteur, donc (c’est écrit en gros sur la couverture, merde, allez-y mollo sur le vin chaud parce que là, je vous sens un peu mollasson(ne)s!) c’est le créateur de la série la plus géniale de l’Univers, à savoir Downton Abbey, et il faut savoir que rien que ça, ça m’a suffi pour passer à la caisse, sans regrets pas le temps de niaiser YOLO quoi. Je savais que ça allait certainement être un bouquin super fan-service, pour surfer sur la vague de la série, et honnêtement bah ça me convenait à 1000%, quoi. J’ai tellement été dans le mal quand j’ai terminé Downton que tout ce qui pouvait m’offrir un moyen de prolonger l’expérience, c’était banco direct.

Ce qu’il faut savoir, cependant, c’est que c’est une histoire totalement indépendante scénaristiquement des évènements de Downton Abbey. Il y a une foule de ressemblances mais c’est pas la même histoire, c’est même pas exactement la même période. Mais on sent clairement la patte du mec quand même. Bref. Peut-être qu’éventuellement je m’égare un peu.

divider

Un petit mot sur l’histoire

Papotarium- Belgravia Julian Fellowes
J’en ai profité pour faire péter les guirlandes tavu

BON BON BON. Alors normalement j’aime pas trop faire ça mais là j’ai quand même envie un peu de vous poser le décor. L’intro du livre se passe 25 ans avant les évènements de l’intrigue. C’est soir de bal à Bruxelles, Sophia est hyper hypée parce qu’en tant que fille de marchands, pouvoir aller à ce genre de teuf c’était pas vraiment gagné d’avance. En plus, elle y retrouve Lord Bellasis, et Lord Bellasis c’est un peu son amoureux. Sauf que voilà, à partir de là, tout part complètement en sucette, mais genre pas la petite Chupa Chups, nan, la méga sucette deluxe. Notamment parce que tous ces messieurs présents sont gentiment priés d’aller se faire massacrer la gueule à Waterloo, et avec le sourire s’il vous plaît.
Ça jette comme qui dirait un petit froid, quand même.

ET PUIS VOILA. Une pause de 25 ans plus tard et nous voilà en compagnie d’Anne, la maman de Sophia. Sophia qui a entre-temps décidé de mourir en donnant naissance à un fils. OUI, UN FILS. Et c’est bien là le gros souci qui va nous occuper dans Belgravia. Parce qu’il semblerait que le fiston en question ait été conçu hors mariage, suite à une supercherie organisée par le fameux Lord Bellasis, qui n’était apparemment pas très Charlie comme mec, genre il lui a fait croire qu’ils avaient été mariés alors qu’en fait non pas tellement, et ce juste pour faire du sexe avec elle avant d’aller joyeusement se faire dérouiller la gueule à Waterloo et de passer l’arme à gauche par la même occasion. Enfin voilà, du coup, le gamin illégitime a été placé dans une famille sans histoire et le scandale a été plus ou moins étouffé. SEULEMENT VOILA, il semblerait que ~certaines personnes~ aient du mal à garder un si lourd secret, ce qui fait que le môme en question, à présent adulte, est amené à refaire surface et à bouleverser un peu beaucoup la petite vie de sa famille…

divider

Quelques petites remarques à chaud

Alors, pour causer de ce bouquin, j’ai décidé de procéder de façon très simple, à savoir dresser une liste de ce que j’ai aimé et pas aimé. Points positifs, points négatifs. Ça m’a paru la meilleure façon d’aborder le livre, alors même que j’étais en train de le terminer. Mais avant cela, je vais juste causer de deux ou trois trucs en vrac.
Tout d’abord l’intrigue. Oh, tiens, le coup du fils illégitime. Ça me rappelle un peu beaucoup un certain arc scénaristique de Downton Abbey. C’est marrant, parce que ça marche à tous les coups.

Tout cela amènera comme de bien entendu querelles d’héritage, conflits d’intérêt, choc des classes sociales, modernité vs tradition, mariage d’amour vs mariage arrangé… Je ne vais pas dire que ça me dérange, parce que ce serait faux, vu que j’ai beaucoup apprécié l’histoire et la façon dont elle était ficelée, mais c’est quand même ultra-convenu, giga-classique et plutôt pantouflard de la part de Fellowes, genre on sent bien qu’il prend zéro risques et se cantonne à faire du Downton-like. Encore une fois, je ne me plains pas, vu que c’est un peu ce qui m’a fait acheter le bouquin, et c’était d’ailleurs certainement le but recherché. Mais l’auteur aurait aussi pu s’amuser à bousculer un peu ces attentes. Que nenni, on est ici en terrain connu.

Autre chose, je ne sais pas si c’est à cause de la période des fêtes, des grosses sorties jeux vidéo et donc de tous ces trucs qui m’ont occupé l’esprit, mais j’ai eu vraiment du mal à m’accrocher durant le premier quart du bouquin. Une fois ce stade passé, en revanche, plus moyen de le lâcher. Ce premier quart a traîné durant des semaines, alors que j’ai terminé le reste en deux sessions.

Voilà, ça c’était pour ce que je ne pouvais ranger ni dans le positif, ni dans le négatif. Passons donc à la suite!

Papotarium- Belgravia Julian Fellowes

divider

J’ai pas aimé…

Autant commencer par les trucs qui fâchent, hein. Allez. Let’s go.

  • Bon alors déjà, un truc qui va paraître assez futile à beaucoup, mais je me lance: Les coquilles et autres erreurs d’impression. C’est rien pour certains, moi, ça me révulse. Je n’ai pas relevé le nombre exact, mais il est étonnamment haut, de caractères qui disparaissent, un point par ci, un accent par là… Parfois une lettre ou deux. Souvent de la ponctuation. Des coquilles. Sophia se retrouve renommée Sopia. Alors je pardonne une coquille ou deux, notamment dans les livres de poche, où l’impression est de toute façon assez approximative et où il n’a jamais été rare de trouver ce genre de bourdes. Là, non. Il y en a trop, et on n’est pas sur du livre de poche. On est sur un bouquin qu’on paie 20 balles, et ça peut aller jusqu’à entraver le confort de lecture. Pour moi, à un moment, y’a quelque chose qui n’a pas été fait correctement. Certes, ce n’est pas un obstacle à la compréhension, toujours est-il que moi, je trouve ça scandaleux.
  • Les personnages sont franchement en demi-teinte. Là où Downton Abbey (car oui, désolée, mais quand on affiche en gros sur la couverture, je cite « PAR L’AUTEUR DE DOWNTON ABBEY », il faut s’attendre à la comparaison) nous servait une galerie de personnalités hautes en couleur, mémorables tout en restant nuancées; ici dans Belgravia, je n’ai trouvé aucun personnage attachant. Plus grave, aucun d’entre eux ne m’a paru être un personnage fort. Fort, dans le sens tridimensionnel, pas juste là en tant que rouage de l’intrigue. Chacun a ses travers et ses vertus, ses goûts, ses ambitions, mais rien de tout cela ne nous les rend accessibles, ni ne nous fait nous identifier à eux. Pire, ils restent dans l’ensemble assez clichés. James Trenchard m’a même paru être une copie assez fade de Mr Selfridge. J’ai conscience que ce ressenti est personnel, et j’ai tout de même trouvé plutôt charmants les personnages de Charles et de Maria, allant jusqu’à stresser un peu pour eux et tout, mais… Là, j’ai fini le livre, et les personnages ne me manquent pas. Alors que la Comtesse Douairière de Downton, par exemple, si.
  • La conclusion du livre. Si vous ne souhaitez pas être spoilés, évitez ce paragraphe, car même si je vais rester vague, ça risque fort de vous dévoiler des trucs. BON. ALLEZ, ON FILE. C’est bon? OK. Donc. la conclusion. En gros, les péripéties vécues par tout ce petit monde aurait certainement dû leur servir de leçon. Genre, pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Eh bien non, chers amis. On assiste (attention, véritable spoiler!!!) à la procréation d’un nouvel enfant illégitime, et que fait-on pour gérer la situation? Eh bien la même chose que par le passé, et qui nous a attiré tant d’ennuis: des cachotteries! Le happy ending, en outre, s’il fait bien plaisir, je l’avoue, laisse un peu perplexe. Tout est bien qui finit bien, alors que clairement, c’était loin d’être gagné.
  • Il y a un MÉCHANT. Un méchant digne de Disney tellement il est juste méchant. Odieux. Immonde. Sans aucune qualité rédemptrice. Dans Downton, on se prenait de sympathie pour la pire enflure (à part peut-être *ce* personnage très secondaire qui a fait un truc pas cool du tout à un moment donné), car chaque personnage était, justement, nuancé. Là, eh ben, le mec, c’est un méchant. Il fomente des plans de méchant et connaît un destin de méchant. UN PEU ABUSÉ DANS UN BOUQUIN POUR LES PLUS DE SIX ANS. #cpasgentildêtreméchant
  • Je devrais le lire en VO pour m’en faire un avis plus correct, mais dans sa version traduite, très franchement, le style d’écriture ne casse pas des briques. C’est vraiment une langue simple et réduite à sa pure fonction utilitaire de vecteur du récit. Dommage.

    Chat Belgravia Julian Fellowes Papotarium
    Mon chat a tenu à participer à la séance photo. Donc, le voilà. 😀

divider

J’ai aimé…

Parce que oui quand même. Je peux pas dire que j’ai pas aimé ce livre, des choses m’ont pas mal séduite aussi. ALORS.

  • Bon, déjà, le point fort de Belgravia, c’est bel et bien son histoire. Malgré des débuts timides, l’intrigue est intéressante et tient en haleine sans difficulté. Moult machinations, cachotteries et autres quiproquos, on ne se fait pas chier, et c’est amusant de se retrouver témoin de toutes ces embrouilles aristocratiques.
  • Ce point rejoint le précédent, mais voilà: Julian Fellowes a un réel talent de scénariste et on le sent. On retrouve vraiment son empreinte, cela pourra en agacer certain(e)s mais il faut reconnaître l’évidence: Monsieur sait ce qu’il fait, il sait aussi de quoi il parle car son récit fourmille de détails ancrant le tout dans son époque. Il y a eu de la recherche derrière, on le voit sans peine.
  • Les personnages sont fades et plutôt convenus, certes, mais pas sans intérêt non plus. Je mentirais si je disais que je n’ai pas ressenti la moindre empathie, que je n’ai pas eu hâte de connaître la résolution de leurs problèmes… Oui, en effet, ce petit monde n’est pas à la hauteur de la clique de Downton. Mais il faut bien reconnaître que la barre était haute placée. Il est vrai aussi qu’il reste impossible en un seul livre d’offrir un développement des personnages aussi complet qu’en une série de plusieurs saisons, ou en une saga de plusieurs volumes. En fin de compte, Belgravia nous offre tout de même un éventail de protagonistes correct, pas transcendants mais pas non plus imbuvables. Ils portent suffisamment bien le récit pour nous donner envie d’en venir à bout, en tout cas.
  • Le petit twist final amenant la résolution de l’intrigue est bien pensé et assez satisfaisant. Bon, alors je tiens à dire que je n’avais personnellement pas vu venir le truc, mais sachant à quel point je suis nulle pour deviner le genre de choses que la majorité des gens auront déjà grillé depuis des lustres, je ne sais pas vraiment si cela vous surprendra vraiment, VOUS. Moi, j’ai été assez surprise. C’est un peu l’avantage d’être bon public comme je le suis 🙂

Papotarium- Belgravia Julian Fellowes

divider

Petite conclusion

Un truc à savoir sur moi est que je n’ai aucun scrupule à lâcher un livre avant la fin s’il me gave. Pas le moindre sentiment de culpabilité. Du coup, rien que le fait d’avoir lu un livre en entier est pour moi une preuve que ce n’est pas une complète perte de temps.

En écrivant cette critique, la première de mon blog à être vraiment, bah, CRITIQUE, justement, j’ai une petite appréhension: peur d’avoir peut-être été trop dure, de donner une impression trop négative de ce livre. Pourtant, je vous encourage à le découvrir, sincèrement!

Papotarium- Belgravia Julian Fellowes
(Je vous en remets une couche avec mon chat parce que j’fais ce que j’veux c’est Noël)

Je ne pouvais pas ne pas parler de tous ces détails qui m’ont gênée. Pour moi, ils font de ce roman qui aurait pu être excellent, un roman très correct. Sans plus, mais pas moins non plus. Belgravia ne restera pas dans mon cœur comme une lecture marquante, soyons clairs. Cependant, j’ai passé un fort agréable moment en compagnie de ce bouquin, qui constitue une parfaite manière de se détendre en cette période de fêtes. Malheureusement, j’aurais bien aimé vous dire qu’il est préférable d’aborder cette lecture sans avoir l’illustre Downton Abbey comme point de comparaison, mais cette tâche paraît assez impossible quand, comme je le disais plus haut, un bandeau ÉNORME figure sur la couverture pour vous le rappeler.
Dans tous les cas, j’aimerais bien savoir ce que vous en pensez. Avez-vous quand même envie de le lire? L’avez-vous déjà lu, et auquel cas quel a été votre opinion? Au risque de me répéter (c’est pas duuuu tout une habitude chez moi de radoter hein, nononon) je voudrais vraiment mettre en avant le fait que les défauts que j’ai trouvé au nouvel ouvrage de Julian Fellowes ne sont en aucun cas suffisants pour rendre un verdict complètement mauvais. Au contraire, on peut quand même en faire abstraction et savourer Belgravia un peu comme une sorte de feuilleton (il faut d’ailleurs préciser que c’est ce que c’était à la base: l’œuvre a d’abord été publiée épisodiquement), bien agréable mais pour lequel mes attentes étaient peut-être un peu trop hautes!

divider

Bon, les ami(e)s. Les fêtes de Noël approchent à grannnnds pas, je ne sais donc pas quand je vais réussir à trouver un moment pour vous pondre un prochain article. Si on ne se retrouve pas avant les fêtes, je vous souhaite qu’elles soient pour vous tout ce que vous espérez, plein de cadeaux, de bisous, de câlins, de chocolat et de frites (comment ça je vous parle de MES envies, là? :D)

En attendant de savoir ce que vous aurez trouvé sous le sapin, je vous laisse à vos derniers préparatifs ❤

Bien Cordialement, BISOUS ❤

Ma pile à lire de fin d’année!

Papotarium pile à lire 2016 panneau

SALUT A VOUS BANDE DE GENS!

Bon, alors on ne va pas se mentir, j’ai été peu présente ces derniers temps et je compte y remédier. La faute aux préparatifs de Noël qui ont commencé TÔT pour moi cette année histoire de ne pas se retrouvé débordés comme des cons en décembre, et aussi à une actualité vidéoludique plutôt INTENSE SA RACE, sur laquelle je pense revenir dans les prochains jours. Entre les mods qui débarquent sur Fallout 4, LA SORTIE DE FINAL FANTASY XV BON SANG DE BOIS, et la mise à jour de No Man’s Sky en laquelle personne ne croyait plus (même moi, qui ai attendu les mods de Fallout 4 depuis juin, j’avais perdu espoir…), autant dire que la console a chauffé!

Mais voilà, nous ne sommes pas là pour causer de ça aujourd’hui. Non, on va plutôt remettre à l’honneur ceux que je délaisse un peu en ce moment, mes livres, et notamment les prochains que je prévois de lire.

divider

BELGRAVIA

dscf9081

Oui, je l’ai commencé depuis trois plombes.
Non, ce n’est pas par manque d’enthousiasme que je n’avance pas. J’ai ENVIE de le continuer, très fort, mais soit j’ai pas le temps, soit les sirènes de ma console se font plus fortes. J’en suis à une centaine de pages, et j’ai été charmée par ce que j’ai lu jusque là, seulement voilà, il faut que je m’y remette. Je vous en parlerai très bientôt. En attendant, admirez mon magnifique marque-page qui dépasse… C’est un bout de papier déchiré, CERTES, mais y’a un petit cœur dessiné dessus par Monsieur, du coup, grande sentimentale que je suis, j’ose pas le jeter. Du coup, marque-page. 😀

divider

CITY ON FIRE

dscf9077

Bon, OK, là en revanche j’ai mégahonte. Le bouquin, je dois l’avoir depuis peut-être quoi? Janvier? Je sais plus. La seule chose dont je me rappelle c’est qu’il a été méga hypé pendant un petit moment, l’histoire me parlait, la couverture aussi, l’extrait gratuit sur le store d’Apple aussi… Et puis euh… Je l’ai posé dans ma bibliothèque, et j’ai pas eu le temps de le commencer que d’autres livres me sont tombés dessus. Du coup je l’ai remis à plus tard, puis encore à plus tard…. Peut-être qu’il est tellement éloigné de ce que j’ai l’habitude de lire que ça m’a fait prendre peur et préférer des lectures plus dans mon style. Dans tous les cas, ce blog (que j’ai aussi ouvert pour me motiver à lire plus!) accueillera mon avis dessus.

divider

LES CENDRES D’ANGELA

dscf9086

Bon, si vous me suivez de près, vous avez PEUT-ÊTRE dû remarquer ma légère obsession pour l’Irlande, pays que j’ai découvert très (trop) rapidement en Juin dernier mais qui a réussi, en quelques jours, à s’installer dans mon cœur et à bouleverser mes pensées. Il m’a donc semblé logique de commencer à m’intéresser davantage à la littérature de ce pays, et après quelques menues recherches, Les Cendres D’Angela s’est imposé comme une évidence. Il faut également IMPERATIVEMENT que je lise Ulysse de James Joyce (de préférence en VO) avant de retourner à Dublin. Mais je reparlerai de tout ça.

divider

MANSFIELD PARK

dscf9088

Car non, contrairement à ce qu’on pourrait croire, je n’ai pas tout lu de Jane Austen, loin de là. Pire, ce que j’ai lu, à part Orgueil et Préjugés, ce fut en eBook. Et il y a un certain temps déjà. Du coup, va falloir remédier à ça. Et alors, cette couverture est choupinou. Je ne vois pas vraiment quoi en dire de plus, vous connaissez mes goûts si vous traînez régulièrement dans le coin, cet ajout dans ma pile à lire n’est donc guère une surprise!

divider

Voilà chers amis, c’était un article MÉGA court, pas très riche en contenu, mais je tenais à le faire pour dresser un petit bilan de mes prochaines lectures (que je n’aurai certainement pas toutes finies avant la fin de l’année, mais bon, chut, c’est la faute à l’actu vidéoludique de malade).

Je reviens bientôt avec pas mal de choses, notamment ma nomination pour le Liebster Award (l’article est prêt mais je manque de personnes à taguer!), du blabla jeux vidéo, des conseils d’applis pour la photo, et certainement trouzemille autres choses (j’hésite à vous faire un article JUSTE pour vous parler de mon sapin de Noël super design avec du ROSE GOLD DEDANS, que vous voyez d’ailleurs en arrière-plan de mes photos), mais tout cela viendra dans les prochains jours!
En attendant tout cela, je vous souhaite plein de bonnes choses, et je me mets au boulot pour les prochains articles!

Bien Cordialement, BISOUS ❤

(P.S.: Si tu veux que je te nomine aux Liebster, n’hésite pas, demande-le moi dans les commentaires!)

La Bibliothèque des Âmes (Ransom Riggs): Déjà la fin…

img_0159

Hello les gens!

J’ai laissé traîner autant que j’ai pu pour faire durer le plaisir, mais il a fallu me rendre à l’évidence: il fallait bien que je termine ce livre un jour!

Que ce soient les livres, les jeux vidéo, les séries… J’ai toujours un pincement au cœur quand une aventure que j’ai appréciée se termine. Genre, les larmes me montent aux yeux, rien que de penser à la fin de Downton Abbey.

Et je dois avouer que je suis encore un peu tristounette d’avoir finalement terminé le troisième tome de la saga Miss Peregrine de Ransom Riggs. C’est en chroniquant le premier tome que j’ai commencé ce blog, et j’ai l’impression que cette trilogie gardera une place particulière dans mon cœur de lectrice. Je vais donc tenter dans cet article de vous parler non seulement de La Bibliothèque des Âmes, mais également de dresser un petit bilan sur l’histoire dans son ensemble.

Il est évidemment conseillé d’avoir lu les deux premiers (Miss Peregrine et les Enfants Particuliers et Hollow City, avec mes chroniques en lien) parce qu’autant j’essaie de ne pas spoiler, autant IL FAUT ÊTRE RÉALISTE CHERS AMIS, on parle de l’épisode final d’une série de romans. Abordons donc ce troisième et dernier volume tous ensemble dans la joie et l’allégresse!

La bibliothèque des âmes - Ransom Riggs - Miss Peregrine et les enfants particuliers - tome 3 - papotarium

divider

Les emmerdes continuent

A la fin de Hollow City, Jacob et ses congénères, se dépêtrant avec peine de moult embrouilles innommables, subissent un retournement de situation que je n’avais personnellement pas vu venir (eux non plus, il semblerait). Alors qu’ils pensaient presque toucher au but, ils se rendent compte que, bah, nope. Pas du tout du tout. Quasi-retour à la case départ pour ce dernier volet des aventures des enfants particuliers, mais avec encore moins de moyens et de soutien qu’auparavant. Malgré une situation qui paraît plus que désespérée, nos amis ne perdent pas espoir, Jacob découvre plus en détail et apprend à maîtriser ses pouvoirs, et c’est reparti comme en 40.

Pas trop de surprises quant à cette entrée en matière, La Bibliothèque des Âmes fait comme son prédécesseur: on est propulsés directement dans l’action, ça reprend là où ça s’était arrêté dans le bouquin d’avant, et vogue la galère. Très vite, nos compagnons découvrent une nouvelle boucle temporelle qui sera le théâtre de la majorité des évènements de cet ouvrage: l’Arpent du Diable. Un endroit plutôt différent de tous les endroits que nous avions pu voir jusque là, et dépeint comme toujours avec une grande efficacité par Ransom Riggs, qui a décidément ce don pour rendre ses descriptions vivantes et transmettre des ambiances de fou furieux. Son style d’écriture est toujours aussi visuel et agréable.

Question péripéties, le livre n’en manque pas, une fois encore. Dernier tome oblige, l’action est même encore plus dense que dans les deux volumes précédents. On a l’impression que ce cher Ransom s’améliore de livre en livre (dommage que ce soit le dernier, du coup! Je suivrai la suite de sa carrière avec intérêt). Je crois pouvoir dire que La Bibliothèque des Âmes est devenu ma partie favorite de l’histoire. Toutes les pièces du puzzle s’assemblent, une foultitude de révélations sont au rendez-vous, on comprend enfin pas mal de choses, et je dois dire que tout cela m’a entièrement satisfaite. C’est cohérent, ça tient debout, c’est bien amené.

La fin elle-même m’a apporté un peu de baume au cœur, je craignais beaucoup ce qui allait arriver à Jacob et à son statut un peu « le cul entre deux chaises », c’est simple, durant la lecture des derniers chapitres, j’ai été prise d’une sorte de frénésie, j’avais trop envie de savoir ce qui allait finalement arriver à tout le monde… C’est là que je me suis rendu compte complètement à quel point je m’étais attachée aux personnages.

La bibliothèque des âmes - Ransom Riggs - Miss Peregrine et les enfants particuliers - tome 3 - papotarium

divider

Des regrets?

J’en ai un peu. Disons que (et là ça va vraiment spoiler un peu, soyez prévenus) mon principal reproche à ce volume, c’est le traitement par-dessus la jambe de toute la petite clique que Jacob rencontre dans Miss Peregrine premier du nom. Même Miss Peregrine elle-même, qui donne pourtant son nom à la saga, est finalement relativement peu présente puisque trop occupée à être retenue en otage ailleurs.

Ce troisième tome cause surtout des aventures d’Emma et Jacob dans un Londres très… Dickensien? (ça se dit? Non? Tant pis. Prout.) Que ce soit Miss Peregrine ou que ce soient les enfants particuliers dont elle a la charge, amis de Jacob et d’Emma, donc, ils n’ont guère d’utilité qu’en tant que princesse-en-détresse-à-libérer-de-sa-haute-tour-gardée-par-un-dragon-passablement-véner. Bon, aucun d’entre eux n’est une princesse et il n’y a pas de dragon; en revanche, y’a bien une tour. Mais bref, là n’est pas la question. Simplement, ces personnages sont réduits à leur pure fonction d’objets de quête au sein de la narration, et c’est bien dommage.

On aurait pu imaginer des chapitres qui, même sans trop en révéler et en restant flous sur la localisation exacte de Miss P et ses protégés, opéreraient un changement de point de vue narratif, juste histoire de nous rappeler un peu que les gens que Jacob s’évertue à sauver ne sont pas que des trophées à récupérer et continuent à exister dans leur coin, voire MÊME essaient de s’en sortir par eux-mêmes parce qu’ils ont aussi des putains de POUVOIRS : ils m’ont, en effet, tous paru bien trop empotés et sans défense pour ce qu’ils sont censés être. Surtout les Ombrunes. Elles sont censées être un peu badass, keumême. Bref, j’aurais vraiment aimé passer davantage ce tome 3 en compagnie de ces particuliers auxquels je m’étais attachée. (En particulier Enoch. Big up à mon chouchou. ❤ )

La bibliothèque des âmes - Ransom Riggs - Miss Peregrine et les enfants particuliers - tome 3 - papotarium
Petit portrait de l’auteur dans le rabat du livre

divider

Bilan général de la trilogie

Voilà, on y arrive. J’ai un peu précipité ce que j’avais à dire sur le tome 3 lui-même, car il est finalement de la même trempe que les deux autres, donc j’avais somme toute peu de choses à ajouter que les chroniques précédentes n’auraient pas déjà dit. Il me paraît plus simple et plus pertinent de faire directement un petit compte-rendu de ce que j’ai pensé de Miss Peregrine dans son ensemble.

Alors, par où je commence?

Ces livres ont été un petit coup de cœur. Au même titre que la saga Harry Potter en son temps, la trilogie de Ransom Riggs m’a fait voyager, a titillé mon imaginaire, et m’a offert une expérience de lecture agréable et très divertissante. Le postulat de base est intéressant, la présentation l’est tout autant, et l’utilisation des photos est vraiment bienvenue. Tout ce petit monde est très attachant et on se sent aisément impliqué dans l’action, le fil des évènements se déroule sans accroc et la lecture de l’ensemble est très fluide.

Comme je l’ai dit un peu plus haut, j’ai vraiment eu une sorte de pincement au cœur en refermant La Bibliothèque des Âmes, je n’avais pas envie que ça se finisse, Jacob et ses compagnons d’aventure avaient réussi à me séduire.

Néanmoins, tout comme énormément de livres que j’ai appréciés et que je conseillerais à qui veut bien m’entendre, il n’entrera pas non plus dans le panthéon de mes lectures  cultes, pour plusieurs raisons. CERTES, à la fin, j’étais triste que… que ce soit la fin, quoi. Mais je n’ai pas eu ce sentiment de ressortir un peu différente de ma lecture, comme cela m’était arrivé pour Jonathan Strange & Mr Norrell, par exemple. Je ne veux ~surtout~ pas paraître dure envers la trilogie Miss Peregrine, parce que je l’ai vraiment beaucoup aimée, et qu’elle mérite vraiment d’être lue. Cet univers est formidable, mais peut-être un peu trop manichéen, peut-être aussi que Riggs avait la capacité d’en pondre énormément d’autres tomes pour entrer un peu plus en détail dans son folklore, creuser davantage certains personnages…

La bibliothèque des âmes - Ransom Riggs - Miss Peregrine et les enfants particuliers - tome 3 - papotarium

divider

CECI DIT: j’ai bien conscience d’une chose, c’est que mon bouquin favori du monde entier est extrêmement long, extrêmement détaillé et pointilleux, et que beaucoup de gens ont trouvé ça carrément too much. Je me dis donc que ces quelques petits reproches sont plus à mettre sur le compte de mes préférences personnelles ainsi que de mes habitudes de lecture (par exemple, Agnès Grey, ça représente assez bien mes goûts. Et encore, il est extrêmement court, comme bouquin). Le petit manque de profondeur que je reproche à cette série de romans est donc très certainement quelque chose d’assez subjectif, c’est peut-être même un genre de compliment de ma part: j’aurais aimé en avoir davantage à lire. Ransom, si tu me lis, il est encore temps de nous pondre une suite (ou un préquel) de 2000 pages (avec plein de notes de bas de page, bien évidemment).

Est-ce que je conseillerais cette série? Oui, mille fois oui! Que l’on aime ou pas le genre fantastique, on ne peut pas nier les qualités des ouvrages de Riggs. Une qualité qui commence par l’aspect de l’objet-livre lui-même, qui présente une esthétique quasi-irréprochable. Le soin apporté à la composition, aux pages d’illustration, ces motifs rétro qui viennent orner le tout… Et le récit lui-même n’est pas en reste. Le scénario peut paraître un brin léger et manichéen, mais il reste rythmé et intéressant. De plus, l’ami Ransom ne se prive pas d’aborder quelques thèmes et questions philosophiques de façon certes assez ténue, mais intelligente. Le point fort de cette aventure, pour moi, a réellement été LE POSAGE D’AMBIANCE DE FOU. Plus que les personnages ou l’intrigue, les lieux visités m’ont vraiment vendu du rêve par paquet de douze, l’écriture de l’auteur est très très efficace de ce point de vue.

La bibliothèque des âmes - Ransom Riggs - Miss Peregrine et les enfants particuliers - tome 3 - papotarium
Un bilan tout à fait positif, donc, pour la trilogie Miss Peregrine et les Enfants Particuliers, qui vaut à mon avis complètement le détour, et vous promet d’agréables moments de lecture!

Voilà, je ne vais pas m’éterniser davantage, parce que je pense avoir fait le tour de cette série ma foi fort sympathique.
Maintenant, niveau lecture, je vais m’attaquer à Belgravia (que j’avais tellement méga-hâte de commencer que ça m’a consolée de terminer Les Enfants Particuliers 😀 )

Bien évidemment, je vous ferai un compte-rendu de tout ça, mais en attendant, je vous souhaite un joyeux Halloween,

Bien Cordialement, BISOUS ❤

Agnès Grey, le roman qui tomba à pic.

Anne Brontë - Agnès Grey - Papotarium

Coucou les loustics!

Alors, je vous prends de court, vous qui vous attendez certainement à une revue du troisième tome de Miss Peregrine (qui viendra sans attendre, ne vous en faites pas trop!)

Eh bien figurez-vous que je me suis offert une petite escale dans l’époque littéraire que je chéris tant, à la faveur d’une suggestion sur un site internet (je ne sais plus s’il s’agit de Livraddict, Babelio ou autre).

Oups, j’ai encore acheté un livre.

Il s’agit donc d’Agnès Grey, et ce livre émane de la peut-être moins connue des trois sœurs Brontë. J’avais déjà lu Jane Eyre, je m’étais également déjà frottée aux Hauts de Hurlevent (sans succès, parce qu’à vrai dire je m’y étais fait chier comme un rat mort, ceci dit j’étais encore bien jeunette), et je me suis retrouvée un peu concon devant mon écran, à réaliser qu’une troisième Brontë venait d’apparaître comme par magie, et que le roman dont il va être question ici même proposait tout ce qu’il fallait pour me séduite: l’histoire d’une gouvernante qui galère pour faire sa vie à l’époque Victorienne, avec tout ce que ça sous-entend de thé, de gentlemen, d’introspection au cœur de la lande désolée, de sentiments dissimulés et de préceptes moraux un peu vieillots.Anne Brontë - Agnès Grey - Papotarium

On dirait pas comme ça, vu que j’écris comme un charretier mal dégrossi, mais je suis fascinée par les codes de conduite et l’étiquette, surtout si ça date de mes époques de prédilection dont je n’ai de cesse de vous rebattre les oreilles. Il peut ne rien se passer d’intéressant dans un bouquin de ce genre d’époque à part la vie quotidienne de quelconque clampin(e), ça peut durer 1000 pages, je m’en fous, je le lis.

Bref, comme je le disais, donc, cette opportunité était trop alléchante; après toutes ces aventures palpitantes avec Miss Peregrine, j’avais besoin de quelque chose de reposant. il m’a fallu me procurer et commencer le livre genre IMMÉDIATEMENT. Je l’ai fini presque tout aussi immédiatement, sans doute que j’aurais même pu le terminer en une seule fois si j’en avais eu le loisir. Attelons-nous donc à causer un brin de cette petite merveille.

Agnès Grey, ça raconte quoi?

Alors alors. Agnès, elle a une vie plutôt pépouze avec ses parents, sa sœur et son chat. Sauf qu’un jour, papa fait un placement financier se révélant finalement un brin foireux; tout ce petit monde commence à avoir moins de thunes pour vivre, et notre héroïne saute sur l’occasion pour tenter de se rendre un peu utile, et ~accessoirement~ de rendre possible son rêve le plus OUF: devenir gouvernante. Que voulez-vous, c’est l’époque Victorienne, et être gouvernante c’était un peu le truc le plus rock n’roll auquel pouvait prétendre une fille de la bourgeoisie sans être catégorisée de gourgandine. Je caricature un peu, mais à peine.

Bref, les parents acceptent suite à d’âpres négociations (« Nan mais c’est bon, on n’est pas fauchés à ce point non plus, meuf »), et notre chère Agnès se voit ainsi propulsée dans une maison inconnue, remplie d’inconnus, en particulier de gamins inconnus (et assez PSYCHOPATHES) dont elle a désormais la charge. Et c’est ainsi que nous sommes amenés à la suivre tout au long de sa nouvelle vie pleine de difficultés, d’autant qu’elle n’a jamais vraiment pris soin de gamins jusqu’alors. Et ça va s’avérer carrément moins idyllique que ce qu’elle avait imaginé.
Mais voilà, Agnès, elle est déter.

Pourquoi j’ai kiffé?

Anne Brontë - Agnès Grey - PapotariumBien, on va enfin arriver aux choses intéressantes.

Bien que j’aie limite préféré cet ouvrage à Jane Eyre et aux Hauts de Hurlevent, je peux aisément comprendre pourquoi il n’en sera pas de même pour beaucoup.

En fait, ce roman est assez étrange. Il parvient à être léger tout en gardant une certaine austérité, intéressant malgré un récit qui peut sembler pas ~super palpitant~, il est bien écrit sans vraiment accumuler de lourdeurs… Le livre est assez court, et il ne s’y passe pas grand-chose. La part belle y est faite au quotidien, à la vocation d’Agnès et à ses illusions confrontées à la cruelle réalité, et aussi à la spiritualité. Un thème qui ne m’attire pas forcément plus que cela, hein, surtout que les gens de l’époque avaient parfois tendance à tartiner de la bondieuserie en long, en large et en travers. En l’occurrence, ce thème donnera lieu tout au plus à une longueur un brin relou, MAIS C’EST TOUT. Enfin, bien évidemment, le sujet reste présent en filigrane durant toute la narration, mais bon voilà, époque Victorienne quoi.

Tout ça peut donc paraître bien morose dit de cette façon, mais assez bizarrement, ça ne l’est pas du tout. L’ensemble dégage une certaine sérénité, les ambiances champêtres sont charmantes, parfois même envoûtantes, et on prend un réel plaisir à suivre tout ce petit monde. Chaque personnage possède ses propres travers et ses qualités. L’héroïne s’exprime à la première personne dans une forme s’apparentant au journal intime; on a la sensation d’une connivence avec elle, comme si les lecteurs étaient ses confidents. Ainsi, on ne manquera pas d’anecdotes farfelues et de compte-rendus croustillants sur les travers moraux des membres de la haute société. D’ailleurs, la galerie de personnages que l’on est amenés à connaître est assez haute en couleurs.

J’ai aussi un peu moins kiffé…

Le personnage d’Agnès elle-même est assez ambivalent. Elle fait preuve d’une détermination, d’une patience et d’un courage à toute épreuve quant à sa fonction de gouvernante, mais sa volonté de paraître bien sous tous rapports peut la rendre un peu agaçante. En effet, elle n’a de cesse de bavasser sur la vanité d’une de ses élèves alors qu’elle-même semble se préoccuper constamment de l’image qu’elle peut donner, et émet sans cesse des jugements de valeur sur le comportement de ses employeurs, alors qu’elle-même semble rarement se remettre en question et n’évolue guère au fil du récit. Notre Agnès ne semble pas opé pour le reconnaître, mais elle a une sacrément haute opinion d’elle-même.

Parfois également, tout le blabla sur Dieu et la religion pourra en faire reculer certains, parce que mine de rien, ça reste un thème assez présent. Durant certains passages, j’avais quelque peu envie de secouer l’amie Agnès et de lui tenir un discours de type « On a compris ma grande, maintenant STP RECOMMENCE A BITCHER SUR MISS MURRAY MERCI« …

Anne Brontë - Agnès Grey - Papotarium
Petit bilan vite fait

Malgré ces quelques petites broutilles qui viennent ternir le tableau, cette lecture m’a fait une forte impression, car il s’en dégage toute l’aura que peut avoir un récit romantique (le romantisme-comme-courant-littéraire et non romantisme dans le sens FILM ROMANTIQUE BOUGIES COUCHER DE SOLEIL ET TACTAC SUR LE SABLE CHAUD, je me sens obligée de le préciser pour les quelques-un(e)s qui seraient éventuellement pas bien au point) c’est une lecture raffinée, divertissante et captivante. Son charme est certain et il peut constituer une initiation accessible à l’univers des sœurs Brontë, bien plus qu’un roman comme les Hauts de Hurlevent. Anne est peut-être la moins (re)connue des trois frangines, mais cette lecture m’a clairement donné envie de me procurer son seul autre ouvrage. Ce que je ferai très certainement, bien que pas immédiatement car j’ai genre une pile MONSTRUEUSE de bouquins à me faire avant.
D’ailleurs, le premier de la liste, que je viens de commencer, c’est ce fameux Miss Peregrine troisième volume dont vous aurez bientôt un compte-rendu digne de ce nom!

Ceci dit, en attendant, je vous laisse au terme de cette courte (mais intense?) chronique avec l’amicale salutation dont j’ai coutume de vous gratifier:

Bien Cordialement, BISOUS ❤

Hollow City : Un second tome de Miss Peregrine à la hauteur du premier?

Hello les gens!

Pour ceux qui suivent le blog depuis le début, vous vous souviendrez que mon premier article traitait du premier tome de la trilogie Miss Peregrine de Ransom Riggs. Plutôt enthousiaste à la fin de ma lecture du premier volume, je m’étais assez vite décidée à acquérir les deux suivants. Eh ben, du coup, aujourd’hui, figurez-vous que je vais vous parler du tome 2. ÉPATANT, HEIN?

Pour des raisons évidentes, il est conseillé d’avoir lu au moins le premier livre avant de lire l’article qui suit, parce que… Ben, parce que c’est logique. Je vais parler du second. Vous suivez, un peu? Bien, allons-y.

Hollow City - Miss Peregrine et les enfants particuliers - Papotarium
Le Tome 2, vu ici en train de se détendre tranquillou en compagnie de ses potes.
Attention, ça va peut-être spoiler?

Ouais, parce qu’on ne va pas revenir sur l’avant et le processus d’acquisition du bouquin, le pourquoi ça m’a fait envie et tout le tintouin: les raisons sont les mêmes que pour mon achat du premier volume, l’envie de connaître la suite en plus.

Nous allons donc plonger directement dans le vif du sujet, comme le fait d’ailleurs le bouquin lui-même: PAS LE TEMPS DE NIAISER, on est catapultés in medias res, juste au moment où s’achevait l’épisode précédent. C’est limite si ça ne donne pas l’impression qu’il y a juste eu une coupure pub entre les deux. Pas de résumé, pas de chichi; une note de bas de page te le dit à un moment: si tu sais pas de quoi on cause, c’est dans le livre d’avant.

On retrouve donc nos héros dans de beaux draps suite aux événements un peu cataclysmiques qu’ils viennent tout juste de vivre, et vogue la galère vers de nouvelles aventures, qui auront pour but de sauver un personnage absolument crucial qui est, ma foi, en fort fort mauvaise posture.
Je ne vais pas vous cacher une chose: j’ai été trèèèès trèèèèès sceptique quant au début du livre. Je vais spoiler un petit coup en essayant de ne pas trop en révéler quand même, mais lorsque notre petit groupe de joyeux lurons particuliers débarque dans la première « boucle temporelle » de l’ouvrage, la nature de ses habitants m’a laissée complètement perplexe. On est face à un nouveau type de créatures particulières, et ça m’a pas mal déconcertée, j’ai trouvé cette nouvelle addition au folklore du récit complètement what the fuck (je vous en supplie, pardonnez-moi mes anglicismes, mais celui-ci était trop tentant!) et je la trouvais peu nécessaire, un peu comme l’ingrédient de trop dans une recette autrement bien sympa. J’avais en tête l’adage « le mieux est l’ennemi du bien » et je me suis demandé

Hollow City - Miss Peregrine et les enfants particuliers - Papotarium
J’aime toujours autant ces pages de garde qu’on retrouve à chaque chapitre!

un instant si Ransom Riggs ne venait pas de saborder totalement son histoire. (Si vous ne comprenez pas de quoi je parle et que vous n’avez pas peur du spoil, je vous invite à regarder en toute fin de l’article, j’ai glissé un petit P.S. en gris clair dans lequel j’énonce plus clairement de quoi je veux causer)

Du coup, j’ai laissé le livre de côté quelques jours, comme pour digérer le fait que j’allais potentiellement me farcir deux tomes qui partent complètement en sucette. Je persiste à penser que cette « nouveauté » est un peu surfaite, mais la suite du livre a réussi à me la faire accepter, d’une part parce que ça ne parasite pas non plus de trop le récit, et d’autre part parce que finalement, quand on y réfléchit bien, ce n’est pas si incohérent que cela.

Et je me dis que j’ai bien fait de ne pas laisser tomber.

Ce second volume n’offre pas une seconde de répit au lecteur, l’action s’enchaîne à un

rythme effréné mais, cette fois-ci, bien plus maîtrisé. Il est plus long que le premier en terme de nombre de pages, mais m’a aussi paru plus court, parce que j’ai vraiment, vraiment pas pu le reposer une fois passée ma petite déconvenue initiale. Le style est toujours aussi concis, les descriptions sont toujours aussi efficaces et l’imaginaire fonctionne encore plus à plein tube. Quand je compare Hollow City à son prédécesseur, le constat est flagrant: Miss Peregrine et les Enfants Particuliers, premier du nom, ne fait figure que d’introduction. Plus j’y pense, et plus je me dis que j’ai vraiment, vraiment apprécié ce tome 2. Il m’a vraiment transportée. Les lieux visités sont variés, convaincants et ont tous une identité propre, les descriptions sont vraiment réussies et évocatrices, les ambiances sont dépeintes avec énormément d’efficacité, et comme je l’ai déjà dit, l’action n’est pas en reste.

L’époque contemporaine est bien moins présente dans cette partie de l’histoire, on passe le plus clair de notre temps en 1940, avec quelques incursions à d’autres époques, et ce n’est pas pour me déplaire, moi qui ne déborde pas spécialement d’amour pour les fictions à toile de fond contemporaine. L’Histoire (avec un grand H, cette fois-ci) est toujours entremêlée avec le parcours de notre petite équipe de gamins bizarres, et cela amènera son lot de scènes poignantes. Malgré ce tourbillon incessant de péripéties, une aura mélancolique plane sur Hollow City, en partie incarnée par Jacob lui-même, en proie à de nombreux questionnements, doutes, et surtout à un sentiment de faiblesse et d’impuissance face à des événements qui le dépassent parfois. C’est un sentiment assez indicible, mais très marquant, qui m’a envahie en lisant ce livre. Tout y contribue à provoquer une impression d’inexorable, de fuite en avant vouée à l’échec; et face à ça, on a des protagonistes qui ne lâchent jamais l’affaire, qui continuent à se battre même dans les situations les plus désespérées…

Et puis cette fin. Cette fin qui m’a éclaté en pleine gueule, même que je ne m’y attendais tellement pas. J’ai été scotchée. Bien plus, d’ailleurs, que par la fin du premier, qui me semblait si précipitée et presque brouillon. Là, ce n’est pas du tout le cas. Pas du tout du tout. C’est bien mieux amené, on n’a pas l’impression que l’auteur s’est rendu compte trop tard qu’il fallait boucler le récit.

Enfin, bref, je ne veux, encore une fois, pas trop en révéler, mais sachez que ça m’a complètement redonné foi pour le troisième opus. Je ne manquerai pas de vous livrer mes impressions dès que je l’aurai terminé, comme de bien entendu.

Petit bilan, donc.
Hollow City - Miss Peregrine et les enfants particuliers - Papotarium
Je vous colle une petite image d’Eva Green en Miss P., parce que EVA GREEN ❤

Puisqu’il faut quand même conclure comme il se doit pour que ça ressemble vaguement à quelque chose (bordel de flûte, cet article était tellement décousu), je tiens à réitérer mon insistance sur un point que je traitais déjà dans ma petite chronique du volume premier: OK, c’est écrit dans un langage simple, voir simplifié. Ce n’est pas débordant de figures de styles pompeuses, ni de descriptions lyriques de 20 pages sur la couleur opalescente du ciel londonien. OK, c’est du fantastique, c’est plein d’aventures, les personnages sont jeunes, et en plus, y’a des images. OK, c’est assez manichéen, parfois naïf. En résumé, OK, c’est de la littérature totalement stéréotypée Young Adult. Mais pour être très honnête, d’abord, allez relire dans mon article précédent ce que je pense sur cette saloperie de distinction daubée (je me retiens, je peux être vachement moins polie aussi, si vous voulez), parce que je vais pas non plus en remettre une couche; et ensuite, ensuite! Permettez-moi d’affirmer qu’il serait bien crétin de se refuser une lecture si efficace, si divertissante et si immersive parce qu’une bande de fins stratèges du marketing ont, un jour, trouvé judicieux d’établir des frontières d’âge dans la littérature. Même sans être encore parvenue à l’épilogue de cette trilogie, je pense pouvoir l’affirmer à présent, (on verra bien si le troisième volume me fera mentir) ce triptyque fantastique est fort sympathique (VOUS AVEZ VU CES RIMES? VOUS LES AVEZ VUES? SALUEZ MON GÉNIE SVP), et vous ravira certainement pour peu que vous soyez emballés par le quatrième de couverture. Ransom Riggs tient ses promesses, alors si l’aventure vous tente, foncez!

Je vous donne rendez-vous bientôt pour vous rendre compte de mes impressions sur le tome 3, et en attendant, je vous gratifie d’un pluvieux mais jovial:

Bien Cordialement, BISOUS ❤

PS /ATTENTION SPOIL/ : Pour ceux qui veulent savoir, le truc qui m’a tant dérangée au départ et auquel je fais allusion, c’est l’existence d’animaux particuliers. Sur le coup, ça m’a paru profondément farfelu. VOILA.

Jonathan Strange & Mr Norrell: petite plongée dans l’univers de Susanna Clarke.

Jonathan Strange & Mr Norrell - Susanna Clarke - Poche - VO
Comment vous expliquer.

Comment vous expliquer à quel point je trépigne d’excitation à l’idée de vous présenter ce livre? Comment vous expliquer mon amour et mon admiration sans bornes pour cet ouvrage? Et comment vous expliquer que si vous vous attendez à un rapport de lecture objectif, vous n’avez ~peut-être~ pas frappé à la bonne porte?

Eh ouais les potes, parce qu’aujourd’hui, c’est le jour où je vous présente celui que j’ai élu comme mon bouquin préféré. Du monde entier, de l’univers et tout le reste. Moi, la meuf qui n’a vraiment ni film préféré, ni groupe ou chanteur/se préféré/e, qui ai éventuellement une série préférée (mais c’est de la triche si on prend en compte le fait que c’est la série adaptée du bouquin qui nous intéresse ici), enfin bref, moi qui ne suis vraiment pas foutue de désigner ses trucs préférés, il y a un truc qui est certain, qui s’impose comme une évidence, mon bouquin préféré, c’est CELUI-LA. (Et maintenant, vous en avez probablement marre de lire le mot « préféré »)

Je vous propose donc sans plus attendre d’entrer dans le vif du sujet.

Jonathan Strange & Mr Norrell, le livre.
Et d’abord, un peu d’histoire.

Oui, vous allez avoir droit à un compte-rendu complet de ma rencontre avec ce bouquin. EH OUAIS. On parle sérieux, là.
Remontons le temps et retrouvons-nous en… 2009? 2010? A l’époque, j’étais encore à la fac, et les magasins Virgin étaient toujours de ce monde. J’y traînais beaucoup entre les cours, ainsi que dans tous les autres enseignes qui vendaient du livre.

Quand on dit qu’il ne faut pas juger une personne à son physique, et un livre à sa Jonathan Strange & Mr Norrell - Susanna Clarke - Robert Laffontcouverture, eh bien mes amis, je suis désolée de vous le dire, mais en l’occurrence, c’est carrément la gueule du bouquin qui m’a d’abord fait m’y intéresser. Voir ces fiers pavés tout noirs trôner en tête de gondole, au premier étage du Virgin Megastore, c’était quelque chose, je m’en souviens encore très bien. (Il y avait même une version « négatif », toute blanche, avec les inscriptions en noir. J’ai appris trop tard que c’était une version un peu collector. De toute manière, je préférais le noir. Haha).
Complètement noir, jusqu’aux tranches. Déjà, c’était intriguant. Et puis cette couverture très sobre, juste de la typo et une silhouette de corbeau. Il faut savoir que je suis très difficile en matière de design de couvertures de bouquins. J’en trouve pas mal extrêmement kitsch, surtout quand on part explorer le genre fantastique ou fantasy. Les montages Photoshop avec 72000 effets et les polices de caractère douteuses, très peu pour moi. Là, c’est minimaliste, graphique, la couverture est légèrement texturée, et les caractères un peu irréguliers ajoutent au côté mystérieux du truc. Je me souviens qu’avec l’amie avec qui j’avais découvert ce livre (coucou si tu passes par là <3), on était intriguées par son côté « grimoire de magie noire un peu chelou ». Du coup, j’avais lu le quatrième de couverture, j’avais kiffé… Et j’étais repartie sans le bouquin, parce que j’étais étudiante, qu’il coûtait je sais pas moi, 25 balles? Plus? Je sais plus. Trop cher.

Jonathan Strange & Mr Norrell - Susanna Clarke - Poche - VO
La version poche, en anglais.

J’ai donc laissé tomber, sur le coup, en me disant bon, ok, ça a l’air cool, mais voilà, money money money. Jusqu’à ce qu’un peu plus tard, à la Fnac, je tombe sur la version poche, en VO, of course, parce que c’était pas encore sorti en France dans ce format. Elle valait genre, 9 balles? Allez, banco. La couverture était un tout petit peu moins classe, le même design mais en holographique sur fond rouge. En revanche, cette version-là était illustrée de façon fort chouette. Et c’est clairement un plus. J’ai inclus quelques exemples plus bas, vous verrez.

Et du coup, j’ai commencé ma lecture. Alors, autant j’ai été captivée, autant bon sang, le temps que ça m’a pris. Malgré les cours d’Anglais de la fac, j’étais clairement pas prête pour le vocabulaire, les notes de bas de page et les mots un peu chelous parce que soit très spécifiques à certains champs lexicaux, soit tout simplement archaïques parce que l’action se déroule dans les 1800s et que le vocabulaire est à l’avenant. Vers la moitié du bouquin, et à la faveur d’un porte-monnaie un peu mieux fourni, j’ai fini par craquer pour le gros pavé noir en VF. Maintenant que mon Anglais est d’un meilleur acabit, il faudrait que je retente le coup, tiens.

Et sinon, on peut en venir au contenu? Parce que bon, l’histoire de ta vie c’est bien gentil, hein, mais bon, tu vois quoi.

Oui, oui, je sais que je m’emballe un peu à vous raconter le processus d’acquisition, mais comme vous le savez peut-être déjà, pour moi, c’est là que commence mon histoire avec un bouquin, et quand on sait quelle place CE BOUQUIN PRÉCIS occupe dans mon cœur, forcément, il fallait que je raconte. (Bonjour, je m’appelle Émilie, et je parle de mes bouquins comme si c’étaient des gens. Et vous, c’est quoi, votre problème? 😀 )

DONC.

Qu’est-ce que ça raconte?

Petite question préalable. Vous vous souvenez, si vous avez lu mes précédents articles, que je nourris une affection particulière pour tout ce qui est British des 18ème, 19ème et tout début 20ème siècles? Bon. EH BIEN MONSIEUR LE JUGE, MESDAMES ET MESSIEURS LES JURÉS, JE VOUS PRÉSENTE LE COUPABLE.

Tout commence en 1806 et l’action va s’étirer peu ou prou sur une décennie après cela. Nous sommes en Angleterre, et nous faisons la connaissance d’une société de magiciens.

ALORS ALERTE ROUGE, j’arrête tout de suite les éventuelles personnes tentées de faire le rapprochement foireux « Angleterre/Magie > Harry Potter », car ça n’a absolument RIEN A VOIR. J’adore Harry Potter, hein, c’est super cool. Mais je pense sincèrement que ce n’est pas parce que vous avez aimé l’un que vous aimerez forcément l’autre. Les deux œuvres ont très peu en commun. Voilà, ça c’est fait, on n’en parle plus.

Une société de magiciens, donc, somme toute bien tristounette, qui ne branle honnêtement pas grand-chose d’autre que de bavarder inutilement sur les aspects théoriques d’une magie qu’ils croient éteinte, disparue, morte et enterrée depuis des lustres. Un jour, ces braves (ou pas) gaillards ont vent d’un certain Mr Norrell, vieil érudit

Portia Rosenberg - Jonathan Strange & Mr Norrell - Illustration
Une des illustrations de Portia Rosenberg, figurant dans la version originale du livre

qui possède, semble-t-il, une foultitude d’ouvrages sur leur sujet de prédilection, denrée pourtant extrêmement rare par les temps qui courent. Et c’est ainsi que nous aussi, lecteurs, allons faire connaissance du premier personnage donnant son nom au livre. Jonathan Strange, jeune héritier velléitaire un peu paumé se découvrant complètement par hasard des talents de magicien, suivra un peu plus tard. Vous vous doutez bien qu’ils finiront par se rencontrer, et que l’intrigue gravitera autour de leur relation parfois conflictuelle, et de leurs vues bien différentes sur le sujet de la restauration de la magie en tant que discipline cette fois-ci bien vivante et pratiquée.

Voici donc un résumé fort lapidaire qui arrive même à en révéler moins que le quatrième de couverture du bouquin, mais encore une fois, si vous m’avez déjà lue, vous savez comment je fonctionne. Vous pouvez trouver des résumés ailleurs, il n’y a aucun intérêt à ce que j’en fasse un copié-collé, et surtout, SURTOUT, je tiens VRAIMENT, toujours, à en révéler le moins possible sur l’intrigue. Je continuerai de répéter ça tant que le blog sera encore jeunot, histoire de bien enfoncer le clou: c’est comme ça que je fonctionne, et pas autrement. BREF.

Alors pourquoi c’est si bien?

Mais punaise, par où commencer?
Déjà, l’atmosphère. Ce bouquin est dense, touffu, il regorge de notes de bas de page sur le folklore féerique et la magie; je vous parlais d’immersion dans ma petite chronique sur le tome 1 de Miss Peregrine, sachez que là, on est en plein dedans. Le vocabulaire employé ainsi que le style d’écriture -qui emprunte beaucoup à des auteurs comme Jane Austen (notamment cette petite pointe d’ironie apportant un agréable aspect de satire sociale sans trop avoir l’air d’y toucher comme ça), les fameuses notes de bas de page qui empruntent un ton complètement encyclopédique pour parler d’êtres et de phénomènes magiques, la densité du contexte historique -l’époque des guerres Napoléoniennes, mes amis, et croyez-moi, on sent que Susanna Clarke a potassé le sujet!- et la façon dont celui-ci s’entremêle aux destinées des personnages… TOUT TE MET GRAVE DANS L’AMBIANCE. C’est tout à fait comme si l’on était transporté direct-sans-escale en 1800 et des poussières, mais un 1800 et des poussières nimbé d’une sorte d’épais brouillard mystique.

Bibliothèque - Jonathan Strange & Mr Norrell - Susanna Clarke - Poche - VO
Voilà l’ouvrage trônant dûment à une place de choix dans ma bibliothèque.

La composante mystique, justement. Parlons-en. Là encore, on constate à quel point Susanna Clarke est une grande FIFOLLE, si vous me permettez l’expression, tellement le sujet est fouillé. C’est une véritable plongée dans le folklore féerique qui nous est proposée, parfois principalement via les notes de bas de page dont je parle tant. (qui constituent en elles-mêmes une sorte d’œuvre à part entière tant elles sont intéressantes, font leur life et racontent leur propre histoire; et leur longueur ainsi que le fait qu’elles puissent parfois perdre le lecteur ne font pour moi qu’ajouter au charme du livre, parce qu’il n’y a rien de plus grisant pour moi que d’accepter et d’apprécier de se perdre un petit peu. #PotentielSujetDeBacPhilo)

BREF. Oubliez les lutins malicieux ou les fées Clochettes aux ailes pailletées, oubliez tous vos préjugés sur la Féerie: Susanna Clarke vous ramène aux sources des mythes et légendes, puisant tout aussi bien dans Shakespeare que dans la mythologie. Autant vous prévenir, le monde magique est sombre, complexe et non sans dangers.

Quant aux personnages, même constat: ils sont travaillés, nuancés, complexes, pétris à la fois de qualités grandioses et de profondes insécurités, et contrairement à la couverture du bouquin, aucun n’est tout noir ou tout blanc. Ils ont de véritables personnalités, des buts personnels, ne se définissent pas uniquement par la fonction qu’ils sont censés remplir, genre le héros héroïque, le méchant pas gentil, la gonzesse faire-valoir du héros…

Je parlais un peu plus haut d’une certaine satire sociale, et j’aimerais y revenir cinq minutes, parce que mine de rien, OK, ça cause magie et folklore féerique, mais nous n’oublierons pas que tout cela prend place dans l’Angleterre des années 1800, dans des franges plutôt aisées de la population, une société régie par moult codes et protocoles où le moindre geste est abondamment commenté et critiqué. Et l’incursion que le lecteur fait dans ce milieu est tout aussi poussée que celle qui est faite dans le monde féerique. Susanna Clarke ne manque jamais la petite pique discrète sur ces mœurs parfois absurdes

qui nous sont présentées. La narration est d’ailleurs très intéressante de ce point de vue, car bien qu’à la troisième personne, elle est tout sauf impersonnelle. On a l’impression que le narrateur prenant en charge ce récit fait partie intégrante de cette époque, de cette société, en comprend et en pratique tous les mécanismes et devient presque, par ce biais,

un personnage à part entière.

En dernier lieu, j’aimerais parler de ce qui est peut-être la raison principale pour laquelle ce roman m’a tant plu et marquée. Ce sont les grands thèmes abordés par le récit.  Je vais vraiment essayer de faire ça sans révéler quoi que ce soit sur l’intrigue, mais

comprenez bien que je vais parler des thèmes-clés du récit, et… Eh bien, qui dit thème-clé

Portia Rosenberg - illustration- Jonathan Strange & Mr Norrell - Susanna Clarke
Une autre illustration de Portia Rosenberg

dit clé tout court. Comme dans clés du récit. Donc si vous avez peur, sautez ce qui va suivre jusqu’au prochain titre. Mais en théorie, ça devrait aller.

On le voit dès le titre, il va y être question de dualité. A travers les relations houleuses entre Jonathan Strange et Mr Norrell et l’opposition de leurs visions respectives de la magie, on retrouve ce thème classique que je surnomme affectueusement la querelle entre Anciens et Modernes (Ceux qui ont étudié les lettres savent. 😉 ) traité avec un dynamisme et une pertinence absolument formidables. Mais cette notion va bien plus loin que l’opposition entre les deux protagonistes éponymes de l’ouvrage. On la retrouve partout. Monde « normal » et monde féerique, magie théorique et pratique, magie « respectable » et magie « un petit peu moins respectable, fais attention quand même hein », nantis et serviteurs… Tout est très allégorique, dans ce roman.

On peut aussi, et surtout, pousser ce concept un peu plus loin et évoluer vers celui d’altérité. Ce qui est autre, ce qui est différent. Comment certains ont peur du différent et l’évitent, comment d’autres essaient de le comprendre. Comment ceux qui font partie de cette altérité considèrent cet état de fait. La différence est-elle une malédiction, ou un don? Qu’est-ce qui définit la normalité? S’il nous appartient à nous, lecteurs, de trouver nos réponses, si tant est qu’il y en ait, Susanna Clarke, elle, nous pose bel et bien ces questions. Et puis aussi et surtout, mine de rien, j’ai décelé une autre notion qui m’a énormément touchée, peut-être ai-je été la seule à imprimer à ce livre cette grille de lecture, mais je tiens à vous l’exposer: la révolte, voire la révolution. La prise de pouvoir, la roue qui tourne, les derniers seront les premiers, tout le tintouin.

Je vais tenter de m’expliquer tout en restant le plus vague possible: plusieurs personnages dans le récit ont une condition d’oppressés, d’une façon ou d’une autre. Ils (et elles, hein) sont prisonniers, au sens propre ou au figuré, de quelque chose, tangible ou pas. Et ce livre a cela de puissant qu’il met en scène avec tant d’intensité le bris de ces chaînes, la prise de pouvoir, la reconquête de cette liberté perdue, le combat opiniâtre pour se réapproprier ce qui a été spolié, que pour être honnête avec vous là tout de suite, à chaque fois que je cause de ce point précis du bouquin, j’en ai les larmes au bord des yeux. (Au bord des yeux? Ça se dit, au moins? Vas-y, je m’en fous.) J’ai trouvé dans ce livre un hymne formidable à l’émancipation, quelle qu’elle soit. Voilà pourquoi, pour moi, ce livre est tout SAUF un énième bouquin farfelu avec de la magie dedans, à lire vite fait pour se distraire. Il y a un véritable propos de fond, et quel propos.

La série télé
Jonathan Strange & Mr Norrell - Susanna Clarke - série télé BBC
Bertie Carvel et Eddie Marsan, incarnant respectivement Strange et Norrell dans la série. (Image BBC)

Vous imaginez mon bonheur délirant quand j’ai appris son existence.
Il faut savoir qu’à l’époque où j’avais terminé le bouquin, il y avait encore de vieilles rumeurs d’adaptation ciné qui traînaient çà et là sur Internet. Cependant, le projet semblait tombé aux oubliettes, et ça m’a rendu, ma foi, bien triste.
Je ne sais absolument plus comment j’ai découvert l’existence d’une mini-série produite par la BBC, mais je me souviens d’avoir sauté de joie, couru partout et démontré mon enthousiasme de moult façons. Malheureusement pas diffusée en France, il va vous falloir, pour la voir, soit employer soit des méthodes pas très légales (surtout si vous parlez pas la langue et que vous avez besoin de sous-titres Français), soit votre carte de crédit et un site internet vendant des biens culturels où vous pourrez commander le DVD/Blu-Ray, malheureusement sous-titré en Anglais uniquement. A QUAND UNE VERSION FRANÇAISE, BORDEL A CUL? …Hum. BREF.

Bertie Carvel - Jonathan Strange & Mr Norrell - série BBC
Bertie Carvel, qui réussit l’exploit d’être LA PARFAITE REPRÉSENTATION que je me faisais du personnage de Jonathan. (Image BBC)

En fin de compte, une série de sept épisodes, c’est tellement mieux qu’un film. Bien sûr, cela reste court pour aborder un matériau de base si dense, et ce sera donc sans surprise que certains passage se retrouveront quelque peu raccourcis. Apparemment, une personne n’ayant pas lu le livre peut tout de même s’y retrouver, même si pour être tout à fait franche avec vous, la lecture préalable rend certainement le visionnage bien plus confortable et appréciable. Je ne sais pas comment ils se sont débrouillés, mais tous ceux qui ont bossé sur cette série ont réussi à représenter visuellement la chose exactement comme je me l’imaginais. Dans le moindre détail. Cela en était INCROYABLE, tellement je trouvais ça fidèle à l’idée que je m’en faisais. J’avais peine à me tenir tranquille pendant le visionnage tellement j’avais envie de sautiller partout tel le cabri dans une verte prairie printanière. C’est bien la première fois qu’une série m’a fait, genre, littéralement POUSSER DES CRIS DE JOIE tellement c’était bien fait. Vous l’aurez compris, si vous avez aimé le livre, foncez. Je ne vais même pas y revenir davantage, sachez juste que tout est PARFAIT, je m’en porte totalement garante. Susanna elle-même approuve.

Les Dames de Grâce Adieu, ou l’autre livre de Susanna Clarke

Le défaut de Susanna Clarke, que je déplore chaque jour de ma vie, c’est qu’elle se fait très discrète, et qu’elle publie très, très peu. Elle n’a pas de site web, pas de profil sur les réseaux sociaux, et ça fait plus de dix ans maintenant (c’est écrit tout en bas de son article Wikipédia en Anglais) qu’elle a déclaré travailler sur un autre livre, processus apparemment ralenti par des soucis de santé; bref, MON CŒUR PLEURE DU SANG et parfois j’ai envie de prendre le premier billet d’avion direction Cambridge pour aller m’assurer moi-même de la remettre sur pied, de la motiver à finir son bouquin et accessoirement de la couvrir d’éloges pendant approximativement 72 heures non-stop.

Les Dames de Grâce Adieu - Susanna Clarke
Le voici, le voilà.

CEPENDANT, chers amis, il existe un second tome de ses écrits que j’ai eu la chance de recevoir (et de lire d’une traite) à Noël dernier, j’ai nommé Les Dames de Grâce Adieu, et il fallait aussi que j’en dise deux-trois trucs.

On pourrait en parler comme d’une sorte de spin-off, dans le sens où l’univers y est sensiblement le même que dans Jonathan Strange & Mr Norrell. On est dans la même réalité, et on y croise d’ailleurs parfois des personnages du roman, dont Jonathan Strange lui-même.

Il s’agit ici un recueil de nouvelles, au ton peut-être plus léger mais tout aussi mystérieux que celui du roman. Les courtes histoires qui y sont présentes sont parfois inspirées de contes traditionnels, ou de figures folkloriques célèbres. Encore une fois, c’est revisité avec brio, et l’ambiance y est incomparable. Ce n’est pas de la féerie en plastoc, c’est du poétique, de l’éthéré, et c’est plein de tous les ingrédients qui ont fait de Jonathan Strange & Mr Norrell un livre formidable, à ceci près que là où ce dernier était une grande fresque épique, Les Dames de Grâce Adieu pourrait davantage être comparé à une expérience sereine, posée, feutrée. Des petites histoires qui sont un peu comme les bonus d’un DVD ou un épisode spécial d’une série télé, une façon agréable de prolonger l’expérience quand on n’a pas envie de quitter cet univers. Il présentera néanmoins bien moins d’intérêt pour celui qui n’a pas déjà lu le roman « de base », même si je suis convaincue que ça reste une lecture agréable. N’hésitez donc pas si vous avez lu Jonathan Strange!

Petit Bilan (parce que quand même, la vache)

Jonathan Strange & Mr Norrell - Susanna Clarke - Les Dames de Grâce Adieu

Voilà. Je l’ai fait.

J’ai commencé la rédaction de cet article ce matin vers dix heures. Il est maintenant 15h31. (Et maintenant, après le travail de relecture, 16h30. Boudiou.) Je crois n’avoir jamais passé autant de temps sur un article de blog. J’ai conscience que ledit article est long, même si j’ai tenté de le rendre aussi sympa à lire que possible. Mais le sujet, comme vous l’avez COMPRIS puisque je vous l’ai purement et simplement RABÂCHÉ environ 45 000 fois et des poussières, me tenait énormément, énormément à cœur.  Je crois que je suis fière de ce que j’ai réussi à vous pondre, et c’était la condition sine qua non pour publier un article là-dessus. C’est donc une mission accomplie pour moi, j’ai l’impression d’avoir bien dit tout ce que j’avais à dire, et je suis vraiment contente de vous proposer ce modeste pavé. Vous me pardonnerez bien volontiers d’en avoir écrit des tonnes, imaginez que là, j’ai fait au plus court. Vous me pardonnerez aussi mon ton certainement un peu moins déconneur que d’habitude, parce que vous êtes au courant que ce livre, pour moi, c’est SERIOUS BUSINESS et que j’ai vraiment, VRAIMENT envie que vous vous y essayiez. Je sais que l’action peine à démarrer, que le nombre de pages et de notes (qu’il ne faut sous aucun prétexte ne pas lire) peuvent paraître décourageants, mais je vous le garantis, si vous vous y accrochez un peu, ça vaut le coup. Ça vaut infiniment le coup.

J’aimerais juste conclure, pour les courageux qui m’ont suivie jusqu’ici, avec un énorme MERCI d’avoir pris un peu de votre temps pour lire cet article, et vous dire que j’espère qu’il vous a donné envie de lire ce livre dont je vous ai tant vanté les qualités.

J’appuie donc sur le bouton « Publier » avec l’agréable sensation du devoir accompli, en vous donnant rendez-vous bientôt pour un nouvel article et en vous laissant, en attendant, avec toujours l’obligatoire:

Bien Cordialement, BISOUS ❤

(Comme d’hab, les photos des bouquins sont de moi, les autres illustrations sont propriété de leurs auteurs respectifs, que j’ai crédités.)