La Bibliothèque des Âmes (Ransom Riggs): Déjà la fin…

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Hello les gens!

J’ai laissé traîner autant que j’ai pu pour faire durer le plaisir, mais il a fallu me rendre à l’évidence: il fallait bien que je termine ce livre un jour!

Que ce soient les livres, les jeux vidéo, les séries… J’ai toujours un pincement au cœur quand une aventure que j’ai appréciée se termine. Genre, les larmes me montent aux yeux, rien que de penser à la fin de Downton Abbey.

Et je dois avouer que je suis encore un peu tristounette d’avoir finalement terminé le troisième tome de la saga Miss Peregrine de Ransom Riggs. C’est en chroniquant le premier tome que j’ai commencé ce blog, et j’ai l’impression que cette trilogie gardera une place particulière dans mon cœur de lectrice. Je vais donc tenter dans cet article de vous parler non seulement de La Bibliothèque des Âmes, mais également de dresser un petit bilan sur l’histoire dans son ensemble.

Il est évidemment conseillé d’avoir lu les deux premiers (Miss Peregrine et les Enfants Particuliers et Hollow City, avec mes chroniques en lien) parce qu’autant j’essaie de ne pas spoiler, autant IL FAUT ÊTRE RÉALISTE CHERS AMIS, on parle de l’épisode final d’une série de romans. Abordons donc ce troisième et dernier volume tous ensemble dans la joie et l’allégresse!

La bibliothèque des âmes - Ransom Riggs - Miss Peregrine et les enfants particuliers - tome 3 - papotarium

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Les emmerdes continuent

A la fin de Hollow City, Jacob et ses congénères, se dépêtrant avec peine de moult embrouilles innommables, subissent un retournement de situation que je n’avais personnellement pas vu venir (eux non plus, il semblerait). Alors qu’ils pensaient presque toucher au but, ils se rendent compte que, bah, nope. Pas du tout du tout. Quasi-retour à la case départ pour ce dernier volet des aventures des enfants particuliers, mais avec encore moins de moyens et de soutien qu’auparavant. Malgré une situation qui paraît plus que désespérée, nos amis ne perdent pas espoir, Jacob découvre plus en détail et apprend à maîtriser ses pouvoirs, et c’est reparti comme en 40.

Pas trop de surprises quant à cette entrée en matière, La Bibliothèque des Âmes fait comme son prédécesseur: on est propulsés directement dans l’action, ça reprend là où ça s’était arrêté dans le bouquin d’avant, et vogue la galère. Très vite, nos compagnons découvrent une nouvelle boucle temporelle qui sera le théâtre de la majorité des évènements de cet ouvrage: l’Arpent du Diable. Un endroit plutôt différent de tous les endroits que nous avions pu voir jusque là, et dépeint comme toujours avec une grande efficacité par Ransom Riggs, qui a décidément ce don pour rendre ses descriptions vivantes et transmettre des ambiances de fou furieux. Son style d’écriture est toujours aussi visuel et agréable.

Question péripéties, le livre n’en manque pas, une fois encore. Dernier tome oblige, l’action est même encore plus dense que dans les deux volumes précédents. On a l’impression que ce cher Ransom s’améliore de livre en livre (dommage que ce soit le dernier, du coup! Je suivrai la suite de sa carrière avec intérêt). Je crois pouvoir dire que La Bibliothèque des Âmes est devenu ma partie favorite de l’histoire. Toutes les pièces du puzzle s’assemblent, une foultitude de révélations sont au rendez-vous, on comprend enfin pas mal de choses, et je dois dire que tout cela m’a entièrement satisfaite. C’est cohérent, ça tient debout, c’est bien amené.

La fin elle-même m’a apporté un peu de baume au cœur, je craignais beaucoup ce qui allait arriver à Jacob et à son statut un peu « le cul entre deux chaises », c’est simple, durant la lecture des derniers chapitres, j’ai été prise d’une sorte de frénésie, j’avais trop envie de savoir ce qui allait finalement arriver à tout le monde… C’est là que je me suis rendu compte complètement à quel point je m’étais attachée aux personnages.

La bibliothèque des âmes - Ransom Riggs - Miss Peregrine et les enfants particuliers - tome 3 - papotarium

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Des regrets?

J’en ai un peu. Disons que (et là ça va vraiment spoiler un peu, soyez prévenus) mon principal reproche à ce volume, c’est le traitement par-dessus la jambe de toute la petite clique que Jacob rencontre dans Miss Peregrine premier du nom. Même Miss Peregrine elle-même, qui donne pourtant son nom à la saga, est finalement relativement peu présente puisque trop occupée à être retenue en otage ailleurs.

Ce troisième tome cause surtout des aventures d’Emma et Jacob dans un Londres très… Dickensien? (ça se dit? Non? Tant pis. Prout.) Que ce soit Miss Peregrine ou que ce soient les enfants particuliers dont elle a la charge, amis de Jacob et d’Emma, donc, ils n’ont guère d’utilité qu’en tant que princesse-en-détresse-à-libérer-de-sa-haute-tour-gardée-par-un-dragon-passablement-véner. Bon, aucun d’entre eux n’est une princesse et il n’y a pas de dragon; en revanche, y’a bien une tour. Mais bref, là n’est pas la question. Simplement, ces personnages sont réduits à leur pure fonction d’objets de quête au sein de la narration, et c’est bien dommage.

On aurait pu imaginer des chapitres qui, même sans trop en révéler et en restant flous sur la localisation exacte de Miss P et ses protégés, opéreraient un changement de point de vue narratif, juste histoire de nous rappeler un peu que les gens que Jacob s’évertue à sauver ne sont pas que des trophées à récupérer et continuent à exister dans leur coin, voire MÊME essaient de s’en sortir par eux-mêmes parce qu’ils ont aussi des putains de POUVOIRS : ils m’ont, en effet, tous paru bien trop empotés et sans défense pour ce qu’ils sont censés être. Surtout les Ombrunes. Elles sont censées être un peu badass, keumême. Bref, j’aurais vraiment aimé passer davantage ce tome 3 en compagnie de ces particuliers auxquels je m’étais attachée. (En particulier Enoch. Big up à mon chouchou. ❤ )

La bibliothèque des âmes - Ransom Riggs - Miss Peregrine et les enfants particuliers - tome 3 - papotarium
Petit portrait de l’auteur dans le rabat du livre

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Bilan général de la trilogie

Voilà, on y arrive. J’ai un peu précipité ce que j’avais à dire sur le tome 3 lui-même, car il est finalement de la même trempe que les deux autres, donc j’avais somme toute peu de choses à ajouter que les chroniques précédentes n’auraient pas déjà dit. Il me paraît plus simple et plus pertinent de faire directement un petit compte-rendu de ce que j’ai pensé de Miss Peregrine dans son ensemble.

Alors, par où je commence?

Ces livres ont été un petit coup de cœur. Au même titre que la saga Harry Potter en son temps, la trilogie de Ransom Riggs m’a fait voyager, a titillé mon imaginaire, et m’a offert une expérience de lecture agréable et très divertissante. Le postulat de base est intéressant, la présentation l’est tout autant, et l’utilisation des photos est vraiment bienvenue. Tout ce petit monde est très attachant et on se sent aisément impliqué dans l’action, le fil des évènements se déroule sans accroc et la lecture de l’ensemble est très fluide.

Comme je l’ai dit un peu plus haut, j’ai vraiment eu une sorte de pincement au cœur en refermant La Bibliothèque des Âmes, je n’avais pas envie que ça se finisse, Jacob et ses compagnons d’aventure avaient réussi à me séduire.

Néanmoins, tout comme énormément de livres que j’ai appréciés et que je conseillerais à qui veut bien m’entendre, il n’entrera pas non plus dans le panthéon de mes lectures  cultes, pour plusieurs raisons. CERTES, à la fin, j’étais triste que… que ce soit la fin, quoi. Mais je n’ai pas eu ce sentiment de ressortir un peu différente de ma lecture, comme cela m’était arrivé pour Jonathan Strange & Mr Norrell, par exemple. Je ne veux ~surtout~ pas paraître dure envers la trilogie Miss Peregrine, parce que je l’ai vraiment beaucoup aimée, et qu’elle mérite vraiment d’être lue. Cet univers est formidable, mais peut-être un peu trop manichéen, peut-être aussi que Riggs avait la capacité d’en pondre énormément d’autres tomes pour entrer un peu plus en détail dans son folklore, creuser davantage certains personnages…

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CECI DIT: j’ai bien conscience d’une chose, c’est que mon bouquin favori du monde entier est extrêmement long, extrêmement détaillé et pointilleux, et que beaucoup de gens ont trouvé ça carrément too much. Je me dis donc que ces quelques petits reproches sont plus à mettre sur le compte de mes préférences personnelles ainsi que de mes habitudes de lecture (par exemple, Agnès Grey, ça représente assez bien mes goûts. Et encore, il est extrêmement court, comme bouquin). Le petit manque de profondeur que je reproche à cette série de romans est donc très certainement quelque chose d’assez subjectif, c’est peut-être même un genre de compliment de ma part: j’aurais aimé en avoir davantage à lire. Ransom, si tu me lis, il est encore temps de nous pondre une suite (ou un préquel) de 2000 pages (avec plein de notes de bas de page, bien évidemment).

Est-ce que je conseillerais cette série? Oui, mille fois oui! Que l’on aime ou pas le genre fantastique, on ne peut pas nier les qualités des ouvrages de Riggs. Une qualité qui commence par l’aspect de l’objet-livre lui-même, qui présente une esthétique quasi-irréprochable. Le soin apporté à la composition, aux pages d’illustration, ces motifs rétro qui viennent orner le tout… Et le récit lui-même n’est pas en reste. Le scénario peut paraître un brin léger et manichéen, mais il reste rythmé et intéressant. De plus, l’ami Ransom ne se prive pas d’aborder quelques thèmes et questions philosophiques de façon certes assez ténue, mais intelligente. Le point fort de cette aventure, pour moi, a réellement été LE POSAGE D’AMBIANCE DE FOU. Plus que les personnages ou l’intrigue, les lieux visités m’ont vraiment vendu du rêve par paquet de douze, l’écriture de l’auteur est très très efficace de ce point de vue.

La bibliothèque des âmes - Ransom Riggs - Miss Peregrine et les enfants particuliers - tome 3 - papotarium
Un bilan tout à fait positif, donc, pour la trilogie Miss Peregrine et les Enfants Particuliers, qui vaut à mon avis complètement le détour, et vous promet d’agréables moments de lecture!

Voilà, je ne vais pas m’éterniser davantage, parce que je pense avoir fait le tour de cette série ma foi fort sympathique.
Maintenant, niveau lecture, je vais m’attaquer à Belgravia (que j’avais tellement méga-hâte de commencer que ça m’a consolée de terminer Les Enfants Particuliers 😀 )

Bien évidemment, je vous ferai un compte-rendu de tout ça, mais en attendant, je vous souhaite un joyeux Halloween,

Bien Cordialement, BISOUS ❤

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Orwell: Dans la peau d’une balance

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Big Brother à l’ère du numérique

Je ne sais plus exactement comment j’ai entendu parler de ce projet. Certainement via la chaîne YouTube d’At0mium, un chroniqueur bien connu du public gamer français, grâce à qui par ailleurs, j’ai acquis mon goût pour le jeu indépendant.

Je ne sais plus non plus quand c’était exactement, il y a quelques semaines? Mois?

Toujours est-il que je me souviens des choses suivantes: j’ai vu un court trailer vidéo, pendant lequel il nous était expliqué le postulat du machin en question. Dans Orwell, un jeu tout en menus et en interfaces, le joueur est propulsé dans une réalité alternative (quoique fort peu éloignée du présent que nous connaissons) en tant que membre d’une sorte d’organisation de surveillance via Internet, le tout à la solde du gouvernement. Dans cette vidéo, j’avais notamment été marquée par le réalisme de l’ensemble: profils de réseaux sociaux, conversations par SMS… EN GROS, DANS CE JEU, TU INCARNES EN QUELQUE SORTE UN PETIT BRAS DE BIG BROTHER.

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Orwell - Jeu - Osmotic Studios - Papotarium Blog
Toi j’te flique, toi j’te flique, toi j’te flique aussi, JE FLIQUE TOUT LE MONDE POSEY OKLM.

Petit aparté nécessaire: Il faut savoir que 1984 (de George Orwell, donc, d’où le nom du jeu, parce que les gens de chez Osmotic Studios sont fort astucieux) est un de mes livres cultes, peut-être le livre qui m’a le plus marquée, retourné le cerveau, d’autant plus qu’il aborde des thématiques (que l’on retrouvera donc dans ce jeu) qui me tiennent à cœur.

Alors, comme je le fais pourtant très rarement, j’avais décidé immédiatement de m’inscrire à la newsletter. Histoire d’être au courant dès que les choses bougeraient pour ce projet.

Il y a quelques jours, j’ai donc reçu un mail de l’équipe d’Orwell. J’avais, genre, totalement oublié ce truc. Là, je me suis clairement félicitée d’avoir souscrit à leur newsletter. Le contenu de ce message laissait deviner qu’il fallait s’attendre à du nouveau sous peu. Et ce matin; bingo! La démo est disponible. COMMENT VOUS DIRE QUE J’AI LITTÉRALEMENT SAUTÉ DESSUS, LES AMIS. (Enfin non. Pas ~littéralement~. Avec mon poids, j’aurais aplati l’ordi. M’enfin on se comprend, hein. Bref.) Voici donc mon petit retour à chaud sur cette démo!

Premières impressions
Orwell - Jeu - Osmotic Studios - Papotarium Blog
Je n’ose pas vous montrer trop de screenshots du jeu en lui-même, tant chaque ligne peut éventuellement être un spoiler si vous voulez tenter l’expérience!

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ALORS DES LE DÉPART, même pas j’avais vraiment commencé le jeu, que déjà ce dernier me foutait le nez dans la merde. La première étape, dans Orwell, c’est la création de notre profil. Jusque là rien de bien anormal, me direz-vous. Certes. Sauf que voilà, une fois l’avatar choisi, on nous balance devant un écran du type « Est-ce que tu comprends bien que tu vas poucave des gens pour le compte de l’État, et qu’en gros, leur vie est entre tes mains? Oui? Alors OK tu peux continuer. »
Bien évidemment, on sait que c’est fictif, mais l’ambiance sonore te fout la pression, le ton super administratif rendant ça froid et réaliste te fout AUSSI la pression; c’est fait de telle manière que j’ai eu la sensation hyper étrange de ne plus voir clairement la limite entre réalité et fiction. Un ressenti difficilement explicable, et qui m’est peut-être propre, mais il n’en reste pas moins que dès les premiers écrans c’est PAF dans ta gueule quoi.

Après ces premières formalités, on entre dans le vif du sujet, accompagné par notre brave supérieur hiérarchique dont j’ai zappé le nom et que nous appellerons par conséquent Jean-Eudes. Ce dernier communique avec nous via l’interface, et nous charge donc d’enquêter sur une personne précise, tout en nous montrant comment faire. Ici, c’est pour espionner les conversations par SMS, là c’est pour consulter les sites et profils perso… Et quand on trouve une info intéressante, à nous d’envoyer ou non ces infos à la base de données du programme de surveillance, ce qui nous gratifiera de petites mises à jour sur l’avancement de l’enquête de la part de Jean-Eudes, qui à son tour vous mettra sur de nouvelles pistes. A vous de savoir si vous préférez plutôt révéler ceci, cacher cela…

Orwell - Jeu - Osmotic Studios - Papotarium Blog
On pourra par exemple se renseigner sur toutes les relations de notre suspect.

Et avant de dire quoi que ce soit d’autre, permettez-moi de déclarer ceci: PUTAIN, C’EST TENDU. Vous êtes libres, comme je l’ai dit, de cacher ou de révéler certaines choses, mais c’est bien là le souci: l’êtes-vous vraiment? Comprenez-vous vraiment ce qu’impliqueront vos décisions? La personne sur laquelle vous enquêtez vient de poster quelque chose d’assez…Politiquement incorrect, sur sa Timeline. Une publication d’ordre privé, réservée à son cercle d’amis, comme on en voit des tas nous-mêmes sur Facebook… Est-ce qu’il faut signaler la chose? Ou faut-il passer ça sous silence? Quelles seront les répercussions sur l’auteure? Des décisions comme celle-là, Orwell en est rempli. Le fait qu’en tant que « voyeur », vous connaissiez très rapidement toute la vie, même personnelle, de votre cible, ne fait que vous rendre la tâche plus ardue: une sorte de proximité s’est établie, vous avez l’impression de connaître cet individu personnellement, ce n’est pas juste un nom sur un dossier…

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Quelques considérations d’ordre plus pragmatique

Je vais tenter de m’extraire un peu de ce sentiment d’immersion que m’a procuré cette démo pour vous causer de deux-trois autres trucs en vrac. D’abord, l’aspect esthétique du jeu. Vous pouvez le voir, à part les éléments d’interface qui font très, ben….Interface (et c’est ce qu’on leur demande: froid, administratif…), le style visuel du bordel est très géométrique, les séquences animées sont rendues en low-poly, et les diverses images fixes bénéficient également de ce traitement très connoté hipster-triangles. Le tout n’est pas pour me déplaire, et puis ce rendu très tendance dans le jeu vidéo actuel ne peut que mieux faire comprendre au joueur l’aspect contemporain et proche de la réalité de la narration.

Orwell - Jeu - Osmotic Studios - Papotarium Blog
Même ton selfie-dossier n’est pas à l’abri, personne suspecte!

Je dis narration, et ce n’est pas par hasard: on est clairement ici face à un jeu narratif, une histoire interactive, appelez-ça comme vous voudrez; le fait reste le même: c’est un jeu à choix et à interfaces,  si vous voulez un jeu à gameplay et à skills, c’est pas forcément par là qu’il va falloir venir chercher. Ceci dit, au moins, la prise en main du soft est absolument instantanée.

La sortie du jeu se déroulera en cinq épisodes, à raison d’un par semaine, à partir du 27 Octobre. Il est déjà disponible à la précommande sur Steam, pour un prix de 8€ et des brouettes, qui montera à 10€ lors de la sortie officielle. Bon, j’avoue ne pas comprendre ce choix de sortie épisodique, mais bon, je suis pas spécialiste en marketing, hein. On notera cependant que le jeu n’est pour l’instant qu’en Anglais, et qu’il y a beaucoup, beaucoup de texte. C’est donc à réserver aux anglophones les plus aguerris!

Personnellement, j’ai très très envie d’aller plus loin avec ce jeu, et de pousser l’aventure jusqu’au bout. Il est donc loin d’être impossible que je craque, parce que cette démo a vraiment fait son travail, j’ai été happée, les mécaniques fonctionnent bien et surtout le scénario m’a vraiment, vraiment l’air prometteur.

Et voilà les amis, c’est tout pour ce petit article totalement imprévu. J’espère vous avoir donné envie de tenter l’expérience, n’hésitez pas à me faire parvenir vos retours en commentaire!

Bon week-end à tous, bien cordialement, BISOUS ❤

Agnès Grey, le roman qui tomba à pic.

Anne Brontë - Agnès Grey - Papotarium

Coucou les loustics!

Alors, je vous prends de court, vous qui vous attendez certainement à une revue du troisième tome de Miss Peregrine (qui viendra sans attendre, ne vous en faites pas trop!)

Eh bien figurez-vous que je me suis offert une petite escale dans l’époque littéraire que je chéris tant, à la faveur d’une suggestion sur un site internet (je ne sais plus s’il s’agit de Livraddict, Babelio ou autre).

Oups, j’ai encore acheté un livre.

Il s’agit donc d’Agnès Grey, et ce livre émane de la peut-être moins connue des trois sœurs Brontë. J’avais déjà lu Jane Eyre, je m’étais également déjà frottée aux Hauts de Hurlevent (sans succès, parce qu’à vrai dire je m’y étais fait chier comme un rat mort, ceci dit j’étais encore bien jeunette), et je me suis retrouvée un peu concon devant mon écran, à réaliser qu’une troisième Brontë venait d’apparaître comme par magie, et que le roman dont il va être question ici même proposait tout ce qu’il fallait pour me séduite: l’histoire d’une gouvernante qui galère pour faire sa vie à l’époque Victorienne, avec tout ce que ça sous-entend de thé, de gentlemen, d’introspection au cœur de la lande désolée, de sentiments dissimulés et de préceptes moraux un peu vieillots.Anne Brontë - Agnès Grey - Papotarium

On dirait pas comme ça, vu que j’écris comme un charretier mal dégrossi, mais je suis fascinée par les codes de conduite et l’étiquette, surtout si ça date de mes époques de prédilection dont je n’ai de cesse de vous rebattre les oreilles. Il peut ne rien se passer d’intéressant dans un bouquin de ce genre d’époque à part la vie quotidienne de quelconque clampin(e), ça peut durer 1000 pages, je m’en fous, je le lis.

Bref, comme je le disais, donc, cette opportunité était trop alléchante; après toutes ces aventures palpitantes avec Miss Peregrine, j’avais besoin de quelque chose de reposant. il m’a fallu me procurer et commencer le livre genre IMMÉDIATEMENT. Je l’ai fini presque tout aussi immédiatement, sans doute que j’aurais même pu le terminer en une seule fois si j’en avais eu le loisir. Attelons-nous donc à causer un brin de cette petite merveille.

Agnès Grey, ça raconte quoi?

Alors alors. Agnès, elle a une vie plutôt pépouze avec ses parents, sa sœur et son chat. Sauf qu’un jour, papa fait un placement financier se révélant finalement un brin foireux; tout ce petit monde commence à avoir moins de thunes pour vivre, et notre héroïne saute sur l’occasion pour tenter de se rendre un peu utile, et ~accessoirement~ de rendre possible son rêve le plus OUF: devenir gouvernante. Que voulez-vous, c’est l’époque Victorienne, et être gouvernante c’était un peu le truc le plus rock n’roll auquel pouvait prétendre une fille de la bourgeoisie sans être catégorisée de gourgandine. Je caricature un peu, mais à peine.

Bref, les parents acceptent suite à d’âpres négociations (« Nan mais c’est bon, on n’est pas fauchés à ce point non plus, meuf »), et notre chère Agnès se voit ainsi propulsée dans une maison inconnue, remplie d’inconnus, en particulier de gamins inconnus (et assez PSYCHOPATHES) dont elle a désormais la charge. Et c’est ainsi que nous sommes amenés à la suivre tout au long de sa nouvelle vie pleine de difficultés, d’autant qu’elle n’a jamais vraiment pris soin de gamins jusqu’alors. Et ça va s’avérer carrément moins idyllique que ce qu’elle avait imaginé.
Mais voilà, Agnès, elle est déter.

Pourquoi j’ai kiffé?

Anne Brontë - Agnès Grey - PapotariumBien, on va enfin arriver aux choses intéressantes.

Bien que j’aie limite préféré cet ouvrage à Jane Eyre et aux Hauts de Hurlevent, je peux aisément comprendre pourquoi il n’en sera pas de même pour beaucoup.

En fait, ce roman est assez étrange. Il parvient à être léger tout en gardant une certaine austérité, intéressant malgré un récit qui peut sembler pas ~super palpitant~, il est bien écrit sans vraiment accumuler de lourdeurs… Le livre est assez court, et il ne s’y passe pas grand-chose. La part belle y est faite au quotidien, à la vocation d’Agnès et à ses illusions confrontées à la cruelle réalité, et aussi à la spiritualité. Un thème qui ne m’attire pas forcément plus que cela, hein, surtout que les gens de l’époque avaient parfois tendance à tartiner de la bondieuserie en long, en large et en travers. En l’occurrence, ce thème donnera lieu tout au plus à une longueur un brin relou, MAIS C’EST TOUT. Enfin, bien évidemment, le sujet reste présent en filigrane durant toute la narration, mais bon voilà, époque Victorienne quoi.

Tout ça peut donc paraître bien morose dit de cette façon, mais assez bizarrement, ça ne l’est pas du tout. L’ensemble dégage une certaine sérénité, les ambiances champêtres sont charmantes, parfois même envoûtantes, et on prend un réel plaisir à suivre tout ce petit monde. Chaque personnage possède ses propres travers et ses qualités. L’héroïne s’exprime à la première personne dans une forme s’apparentant au journal intime; on a la sensation d’une connivence avec elle, comme si les lecteurs étaient ses confidents. Ainsi, on ne manquera pas d’anecdotes farfelues et de compte-rendus croustillants sur les travers moraux des membres de la haute société. D’ailleurs, la galerie de personnages que l’on est amenés à connaître est assez haute en couleurs.

J’ai aussi un peu moins kiffé…

Le personnage d’Agnès elle-même est assez ambivalent. Elle fait preuve d’une détermination, d’une patience et d’un courage à toute épreuve quant à sa fonction de gouvernante, mais sa volonté de paraître bien sous tous rapports peut la rendre un peu agaçante. En effet, elle n’a de cesse de bavasser sur la vanité d’une de ses élèves alors qu’elle-même semble se préoccuper constamment de l’image qu’elle peut donner, et émet sans cesse des jugements de valeur sur le comportement de ses employeurs, alors qu’elle-même semble rarement se remettre en question et n’évolue guère au fil du récit. Notre Agnès ne semble pas opé pour le reconnaître, mais elle a une sacrément haute opinion d’elle-même.

Parfois également, tout le blabla sur Dieu et la religion pourra en faire reculer certains, parce que mine de rien, ça reste un thème assez présent. Durant certains passages, j’avais quelque peu envie de secouer l’amie Agnès et de lui tenir un discours de type « On a compris ma grande, maintenant STP RECOMMENCE A BITCHER SUR MISS MURRAY MERCI« …

Anne Brontë - Agnès Grey - Papotarium
Petit bilan vite fait

Malgré ces quelques petites broutilles qui viennent ternir le tableau, cette lecture m’a fait une forte impression, car il s’en dégage toute l’aura que peut avoir un récit romantique (le romantisme-comme-courant-littéraire et non romantisme dans le sens FILM ROMANTIQUE BOUGIES COUCHER DE SOLEIL ET TACTAC SUR LE SABLE CHAUD, je me sens obligée de le préciser pour les quelques-un(e)s qui seraient éventuellement pas bien au point) c’est une lecture raffinée, divertissante et captivante. Son charme est certain et il peut constituer une initiation accessible à l’univers des sœurs Brontë, bien plus qu’un roman comme les Hauts de Hurlevent. Anne est peut-être la moins (re)connue des trois frangines, mais cette lecture m’a clairement donné envie de me procurer son seul autre ouvrage. Ce que je ferai très certainement, bien que pas immédiatement car j’ai genre une pile MONSTRUEUSE de bouquins à me faire avant.
D’ailleurs, le premier de la liste, que je viens de commencer, c’est ce fameux Miss Peregrine troisième volume dont vous aurez bientôt un compte-rendu digne de ce nom!

Ceci dit, en attendant, je vous laisse au terme de cette courte (mais intense?) chronique avec l’amicale salutation dont j’ai coutume de vous gratifier:

Bien Cordialement, BISOUS ❤

10 astuces photo faciles pour bien illustrer vos chroniques de blog

Quand on tient un blog, en général, on aime bien parsemer nos textes de quelques images.
Surtout quand, comme moi, on en écrit des tartines. Un article illustré, c’est plus éloquent et plus agréable à consulter. Cela devient même un besoin lorsque vous tenez un blog de tests, de chroniques, de reviews…
Bien évidemment, on peut facilement s’en sortir en cherchant des images sur Internet, mais c’est pas toujours légalement OK, et surtout, ça n’a pas votre empreinte perso, c’est pas *votre* image. Parfois aussi, par exemple quand on cause d’une sortie ciné, on ne peut pas trop faire autrement que de glaner des affiches, des images promotionnelles (à moins que t’aies vachement de chance et que t’aies les acteurs sous la main)…
On va donc parler des cas où vous avez l’objet, quel qu’il soit, entre les mains.

J’ai eu envie de faire cet article après mes quelques premières chroniques de livres. La photo est ma passion, je tenais même un blog sur le sujet,  il me paraissait donc tout à fait évident, lorsque possible, d’utiliser mes connaissances et mes petits trucs pour ajouter ce côté visuel à Papotarium. Cependant, je me suis rendu compte très vite qu’il était parfois difficile de faire original. Voici donc quelques astuces que je vous propose à la volée et qui, j’espère, vous inspireront!

1- Faites autant attention à l’arrière-plan et à la composition qu’à votre sujet

 Parfois, quand je prends des photos pour montrer mes récentes acquisitions à mes potos sur Facebook, ça ressemble à ça:

Et voilà, c’est moche. C’est juste pour montrer, donc je fous le tout en vrac sur la table ou sur mes GENOUX, je fais juste en sorte que l’objet soit visible et voilà. TU NE VEUX PAS DE CA SUR TON BLOG. NONONON. Alors qu’est-ce qui ne va pas dans ces photos? (Vous avez quatre heures)

Sur la première:
  • Un bout du livre est coupé, tu sais pas pourquoi
  • ON VOIT MES JAMBES TU SAIS PAS POURQUOI
  • GENRE J’AI PAS FAIT L’EFFORT DE ME LEVER NI RIEN #YOLO
  • Aussi, un joli bout de plaid à ma droite
  • Le sol, les motifs du plaid, de ma robe, de mes collants, bordel visuel
Sur la deuxième:
  • J’ai littéralement étalé les boîtiers de jeu sur la table
  • Sur une nappe FROISSÉE avec des couleurs qui clashent tellement qu’elles volent la vedette aux jeux eux-mêmes
  • Les chaises qui viennent faire coucou
  • L’angle de prise de vue j’en parle même pas

…Et bien d’autres choses encore! Alors là, je t’entends me dire « oui ben on voit bien, merci, on est pas stupides, tu nous prends pas un peu pour des jambons, là? En plus c’est des photos à l’arrache prises pour Facebook »
Oui, mais voyez-vous, parfois il est nécessaire de prendre des exemples extrêmes ainsi que de *dire* ce qui semble pourtant évident.

Alors les règles de la composition en photo, c’est pas simple et c’est certainement pas dans mon petit article que je vais toutes vous les apprendre, déjà parce qu’inconsciemment vous en connaissez déjà plein (il faut que ton sujet se détache de l’arrière-plan! Sans déc, frère) mais si besoin est, je pourrai vous faire un article avec une foule de liens à ce propos. Le but ici n’est que de rappeler la base de la base, car même si ça paraît con, on l’oublie souvent: un arrière-plan harmonieux, contrastant avec votre sujet sans lui voler la vedette (genre un truc blanc sur fond blanc, ça peut être sympa si c’est bien géré mais ça peut surtout être ultra pas lisible), et surtout, TOUJOURS VÉRIFIER s’il n’y a pas un élément inopportun dans le cadre (bouts de chaises qui dépassent, vieil emballage qui traînasse au loin…)

Hollow City - Miss Peregrine et les enfants particuliers - Papotarium
Dans le doute, utilisez un fond dédié, comme j’ai fait là. Un joli bout de tissu, par exemple. Notez le contraste entre le noir & blanc des livres et les couleurs de l’arrière-plan.

2- Ajoutez des objets en rapport avec le thème

Cette astuce-là est vraiment bête comme chou, et donne pourtant des résultats sympa! Parfois, prendre en photo un objet, surtout s’il n’est pas volumineux, ça laisse plein d’espace vide dont on ne sait quoi foutre, et puis à force, ça peut donner des photos ennuyeuses comme la mort. La solution, si c’est un objet que vous avez en pas mal d’exemplaires, c’est de prendre une photo de groupe avec ses potes!
Par exemple, admettons que vous faites une review d’un nouveau rouge à lèvres. Si vous en avez un tas, vous pouvez les aligner derrière votre petit nouveau, qui se tiendra fièrement au premier plan d’une armée de tubes prêts à en découdre avec l’ennemi. (Je vous jure que je ne prends rien d’illégal.) Si vous avez fait plusieurs achats sur le même thème dans la journée, idem: arrangez-les joliment (genre, un bordel savamment entassé qui fait style « j’ai vidé mon sac et pouf, photo », mais que vous aurez en fait minutieusement disposé).
Si vous prenez en photo un livre faisant partie d’une série, conviez la saga entière au cliché (comme pour la photo au-dessus, encore une fois!)

Papotarium - Conseils photo blog
Un bouquin à l’allure vintage comme Miss Peregrine m’a donné envie de le photographier parmi mes vrais bouquins vintage!

3- Prenez une photo de l’objet dans son contexte

L’objet que vous venez d’acquérir et dont vous parlez sur votre blog va, ensuite, être rangé (sauf si vous êtes de gros bordéliques qui laissent tout traîner, et là désolée mais je ne peux rien pour vous. Je suis bordélique aussi, alors comptez pas sur moi pour venir ranger votre saint-frusquin). Le livre ira dans votre bibliothèque ou sur votre table de nuit, le sèche-cheveux dans la salle de bains, la boîte de votre nouveau jeu vidéo, quelque part près de la console… Eh ben pourquoi ne pas les suivre discrètement pour tenter de les photographier dans leur habitat naturel, tels les reporters du National Geographic en herbe que vous êtes? Contextualiser ainsi l’objet, c’est le mettre en situation, raconter une histoire, montrer que vous l’utilisez, qu’il fait désormais partie de votre quotidien.
A éviter pour les trucs que vous avez trouvés merdiques, parce que franchement, à quoi bon montrer ce livre que vous avez détesté en train de trôner fièrement dans votre bibliothèque?

Bibliothèque - Jonathan Strange & Mr Norrell - Susanna Clarke - Poche - VO
Voilà, on parle encore bouquins, hein, désolée, mais c’est pour vous montrer un peu un exemple de ce que ça peut donner.
4- Gardez en tête l’ambiance et le code couleur de votre blog pour une certaine cohérence

J’ai voulu que l’ambiance de mon blog renvoie une image un peu rétro, poussiéreuse mais cosy, toute poudrée et relax, avec un côté légèrement fantaisiste et farfelu. Du coup, j’essaie de garder la même ambiance dans mes illustrations. J’applique notamment un filtre légèrement matifiant/vintage à toutes mes images, avec une légère touche de rose. Cela se voit peu, mais ça aide énormément lesdites images à se fondre avec le reste. J’essaie de prendre mes photos de manière à prolonger cet effet, d’où l’utilisation de mes vieux bouquins comme accessoires, de tissus avec motifs floraux en toiles de fond…
Le but, c’est vraiment d’apporter une cohérence à l’ensemble. Si votre blog a une dominante bleue, essayez de trouver un fond dans des tons similaires ou s’accordant bien avec. (Adobe Kuler est votre ami) Attention aussi à l’ambiance générale. Genre si vous tenez un blog à l’ambiance moderne et épurée, tentez de rendre vos clichés tout aussi épurés. Si vous êtes en manque d’idées, Pinterest est un outil génial. Servez-vous en pour monter des petits tableaux à thèmes: par couleur, par ambiance… Cela peut vous aider à y voir plus clair quant à l’esthétique que vous souhaitez pour votre blog et vos illustrations!

5- Utilisez ce que vous avez chez vous (lampes, draps….)

Il n’y a pas besoin d’un matos de malade pour faire des photos sympa. JUSTE, NON.
Dans mon ancien blog, j’ai écrit pas mal d’articles pour tenter de le démontrer. Bien souvent, avec ce que vous avez sous la main, vous pouvez vous débrouiller pour créer des images absolument épatantes. Si vous avez lu mon article sur mon livre préféré du monde entier et de l’univers, vous vous rappelez certainement de ça:

Comment vous dire que j’ai réalisé ces photos avec ça:

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C’est ça. Deux lampes, une table basse en verre et du papier alu. (le bordel sur le canapé à côté est facultatif, et pour le carton qui traîne au fond, demandez à mon chat). J’explique tous les détails ici. Rien que niveau éclairage, si vous avez des lampes de chevet, des bougies ou autres, ça peut faire des choses cool. N’importe lequel de vos objets de déco peut faire une apparition qui habillera un peu la photo. N’importe quel bout de tissu un peu joli, ou avec un motif intéressant, fera un fond sympa pour de petits objets. Oui, même si c’est un de vos vêtements.  N’hésitez pas, encore une fois, à regarder du côté de Pinterest: il y a souvent une foule de tutos réalisables avec trois bouts de ficelle. Faites fonctionner votre imagination!

6- Osez l’improbable!

Surtout, ne vous contentez pas d’un seul angle, d’une seule idée: quand vous pensez avoir terminé, continuez! Prenez votre objet en photo sous toutes les coutures: vu d’en haut, de derrière, en action quand c’est possible (un stylo en train d’écrire, votre tube de rouge à lèvres de tout à l’heure en pleine application…) Posez votre sujet à un tas d’endroits différent, faites confiance à la moindre idée qui vous effleure le cerveau, prenez même des photos dont vous doutez qu’elles rendront quelque chose de correct, bref, lâchez-vous!
Essayez d’emmener votre objet en balade avec vous et prenez-le en photo dehors, dans votre jardin parmi les brins d’herbe, en équilibre sur un muret pour un côté plus urbain…
En bref, offrez un véritable shooting à cette chose qui en vaut bien la peine, puisque vous lui avez, après tout, réservé une chronique de blog! Prenez votre temps et prenez un tas de photos, ça vous laissera davantage de choix!
Si vous êtes habiles de vos mains et que vous versez dans les loisirs créatifs, ça peut être une occasion intéressante de faire d’une pierre deux coups: vous pouvez fabriquer des petites décos, scrapbooker (ça se dit?) un arrière-plan sympa, peindre ou dessiner de petites illustrations qui viendront s’incruster dans vos clichés… Fixez-vous une règle d’or: si une idée vous vient à l’esprit, vous DEVEZ l’essayer.

7 – Ne boudez pas la retouche!
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#yesfilter

 Alors, là on va entrer dans un sujet sensible pour moi, car je ne SUPPORTE PAS les gens qui se vantent de ne pas retoucher leurs images, genre la retouche cépabien, #nofilter, olala. Vous savez, les professionnels retouchent leurs photos. Bien sûr, ils ont aussi leur matos et leurs connaissances qui font que leurs photos de base sont déjà super classes. Mais retoucher une photo n’a JAMAIS et ne fera JAMAIS de vous un(e) tricheur(se) ou quoi que ce soit d’autre. Cela ne revient pas à dire que vous devez ajouter une tonne d’effets à la truelle, juste que c’est quelque chose à considérer très sérieusement pour donner votre style à vos images, les rendre plus conformes à votre vision. Comme je l’ai dit un peu plus haut, j’apporte (via Lightroom) outre les obligatoires ajustements de contraste, luminosité et tout le tintouin, un petit filtre de ma création donnant un effet un peu mat et rosé à mes images. On appelle ça un preset, dans ce logiciel. MAIS EN GROS, C’EST UN PUTAIN DE FILTRE. Je l’ai créé spécialement, et c’est devenu ma marque de fabrique pour ce blog. Eh oui, retoucher ne veut pas dire dénaturer l’image, y ajouter de gros effets qui changent totalement la photo, amincir des gens ou faire des montages hideux. Il existe des tas de logiciels et de sites web, payants ou gratuits, qui vous permettent de faire ça aisément. Dans un précédent article, je parlais de Pixlr : une solution accessible et gratuite pour vous essayer à tout ça. La seule chose un peu difficile, c’est de savoir se modérer. Mais vraiment, une petite retouche, ça peut faire un monde de différence.

8 – Recherchez l’inspiration partout!
papotarium - détail - rouages
En feuilletant un de mes bouquins, je suis tombée sur ce détail d’une illustration. L’esthétique m’a plu. Du coup, photo!

Je vous en parlais plus haut mais j’ai vraiment envie de revenir sur ce point: ça peut paraître fastidieux et chronophage (spoiler alert: ça l’est parfois), mais il peut en résulter de véritables miracles. Moi-même, par exemple, je ne cesse jamais de partir à la recherche d’inspiration, de tutos, de petites choses à essayer… Et ça se passe partout, et tout le temps. Armez-vous d’un carnet de notes que vous trimballerez tout le temps (vous le faites peut-être déjà pour vos idées d’articles? Faites-le dorénavant aussi pour vos photos!), car vous le savez certainement, mais l’inspiration peut surgir n’importe où. De même, votre smartphone est votre meilleur ami: vous pourrez prendre des photos qui constitueront des sortes de « notes visuelles ». Une vitrine joliment mise en place, une combinaison de couleurs, une affiche dont l’ambiance ou les polices d’écriture vous plaisent… Vous devez garder trace de tout ce qui attire votre attention, quitte à analyser après coup, et pas dans l’instant, ce qui vous a plu. Quand vous le pouvez, organisez tout ça dans des dossiers ou mettez-le en ligne dans votre Pinterest (je ne touche pas d’argent pour mentionner ce site de façon répétitive, je vous jure, il est juste top). Ça s’avèrera certainement parfois frustrant, car vous n’en verrez pas forcément l’utilité tout de suite, mais sur le long terme, vous vous cultiverez une véritable boîte à idées qui peut vraiment vous dépanner en cas de manque d’inspiration.

9- RAPPROCHEZ-VOUS!
« Si vos photos ne sont pas assez bonnes, c’est que vous n’êtes pas assez près. »
-Robert Capa
papotarium - photo - détail
Se rapprocher de son sujet permet de capter une foule de détails.

C’est un point un peu plus court que j’aurais pu inclure dans le chapitre sur la composition, mais je l’ai trouvé digne d’être mis en exergue au fil de mes consultations de divers blogs. Beaucoup de blogueur(se)s semblent presque effrayés de s’approcher de leurs sujets! C’est pourtant une façon formidable d’accomplir deux choses en une:

La première, c’est tout bêtement de mettre en valeur les détails d’un produit: les pigments d’un fard, la texture d’un tissu, le niveau de précision de la peinture d’une figurine… Bref, permettre à votre lectorat d’avoir un ressenti plus poussé du produit, plus complet.
La deuxième, c’est la variété: on peut choisir tous les angles qu’on veut, au bout d’un moment, on aura pris le produit sous toutes ses coutures, et c’est parfois un peu redondant. En s’approchant, on montre non seulement une autre facette du produit mais aussi un autre type d’image. Une variété fort bienvenue lorsqu’on illustre un article un peu long!

 10 APN vs Smartphone: que choisir?
reflex- papotarium
Ceux-ci, c’est pour la collec’, hein. En vrai, je me sers d’un reflex numérique 🙂

Au vu des performances plus qu’honorables qu’offrent désormais les smartphones, nombreux sont les gens qui se servent de ceux-ci pour les photos de leurs blogs. Un seul appareil sur lequel on peut prendre la photo, la retravailler, puis rédiger son article de blog et le publier… C’est vrai que c’est commode, rapide, tout ce qu’on veut. Et les gains de temps ne sont pas à négliger pour tous les blogueurs(es) qui ne vivent pas de ça, par exemple.

Rien que de trouver un peu de temps pour écrire peut s’avérer compliqué.
Bloquer un créneau pour sortir l’appareil photo, quand on en a un, et mettre en place une séance complète, c’est pas forcément de la tarte. Je conçois. Mais si vous AVEZ un appareil photo en plus de votre téléphone, et que vous disposez du temps nécessaire, privilégiez l’appareil! Le capteur de votre smartphone, si récent soit-il, n’est pas encore prêt d’arriver au niveau de celui d’un appareil photo. SURTOUT si vous avez un reflex. Vous bénéficierez d’une meilleure gestion des basses lumières, d’une meilleure résolution, de réglages plus poussés, de la possibilité de flouter votre arrière-plan… Tout dépend de l’importance que vous pouvez et voulez donner à la pratique de la photographie!

Bilan

 Comme vous pouvez le voir, j’ai pensé cet article comme un guide accessible à tous, quel que soit le niveau de connaissance technique. Donner des pistes à ceux et celles qui, comme moi, se retrouvent parfois en manque d’inspiration pour pondre des images un tant soit peu originales. Mon but n’est pas de proposer un cours de photo, car ce blog n’est pas dédié à la photographie; il existe des tonnes de sites excellents spécialisés, dont Apprendre La Photo, que je recommande chaudement pour ceux qui souhaitent aller plus loin. J’espère sincèrement que cette petite liste d’idées vous aidera à booster votre créativité. Je vais à présent m’atteler à ma prochaine lecture, et en attendant le prochain article, je tiens à vous souhaiter un agréable week-end!

Bien Cordialement, BISOUS ❤

 

Miss Peregrine et les Enfants Particuliers: Que vaut l’adaptation de Tim Burton?

Tim Burton - Miss Peregrine et les enfants particuliers - film 2016 - Papotarium

Salut tout le monde!

Si vous avez déjà traîné quelque peu sur ce blog, vous avez certainement pu constater que j’avais lu, et apprécié, les deux premiers volumes de la trilogie Miss Peregrine de Ransom Riggs. L’adaptation cinéma, réalisée par Tim Burton et sortie le 5 Octobre dernier en France, me faisait donc de l’œil, genre, au point d’avoir ENVIE D’ALLER AU CINÉMA. Ce qui pour moi est chose assez rare. Déjà, peu de films qui sortent à l’heure actuelle me font envie. En plus, je ne me tiens pas forcément au courant des actualités, des sorties culturelles… Et enfin, autant j’aime les grands écrans, les fauteuils rouges et le son qui fait vibrer la salle entière, autant j’apprécie vachement moins les chuchotis, les bruits de mâchouillage de popcorn et LES GENS QUI RIENT BEAUCOUP TROP FORT JUSTE A CÔTÉ DE MOI. (#çasentlevécu)

En gros, je suis une sorte d’ermite agoraphobe tout à fait détestable.
Non, mais sans déconner, j’aime bien le cinéma, hein, mais de temps en temps. Le plus souvent, je ne ressens pas de besoin particulier de voir un film dès sa sortie sur grand écran, je ne suis pas du genre pressée. Je dirais même que je préfère limite laisser passer la hype.

SAUF QUE LA, on parle d’un bouquin que j’ai lu très récemment, d’un film de Tim Burton, et d’EVA GREEN. (Un jour, je vous parlerai de comment Penny Dreadful m’a fait tomber en admiration devant Eva Green. Mais pas maintenant.)

D’ailleurs, parlons-en, de Tim Burton.

J’ai une relation un peu bizarre d’amour-haine avec ce réalisateur, pour tout vous dire. J’ai ~presque~ vu tout de lui (il faut que je mate Big Eyes et Ed Wood. La Planète des Singes, ça me dit pas du tout. Sinon, j’ai tout vu. Oui, même Pee-Wee. J’ai kiffé Pee-Wee. FIGHT ME), et j’étais une fan complètement inconditionnelle jusqu’à 2008, et Sweeney Todd. Pour le coup, cette déception-ci est peut-être davantage à mettre sur le compte des goûts personnels, parce que les comédies musicales, j’ai jamais pu encadrer ça, mais quand même. J’ai trouvé ce film absolument ridicule, j’ai eu l’impression d’avoir payé un ticket pour 116 minutes de malaise. En revanche, là où je ne lui ai ~vraiment~ pas pardonné, c’était pour

Tim Burton - Miss Peregrine et les enfants particuliers - film 2016 - Papotarium
Tim Burton, c’est ~aussi~ des blondinettes diaphanes qui sauvent des écureuils. C’EST PAS NIAIS C’EST POÉTIQUE, OK?

Alice au Pays des Merveilles. Alice, c’était une de mes histoires préférées, un de mes deux Disney préférés (avec La Belle et La Bête, dont j’attends de pied ferme l’adaptation avec Emma Watson, d’ailleurs) et du coup, adapté par ce que je pouvais encore considérer comme mon réalisateur préféré, j’étais allée le voir avec un enthousiasme frôlant l’hystérie.

Plus dure fut la chute. Je ne vais pas m’amuser à vous énumérer les raisons pour lesquelles j’ai trouvé que ce film était une sombre merde (pardon aux fans, hein, c’est un avis perso, ne venez pas me sauter à la gorge, mon opinion n’est pas parole d’évangile), mais voilà, j’étais sortie de la salle absolument consternée, et j’ai sérieusement commencé à bouder Burton.

Et puis il y a eu Dark Shadows, que j’ai vu sur le tard, divertissant mais pas transcendant, Frankenweenie idem, sympa mais sans plus… Bref, je commençais à me demander si je n’avais pas tout bêtement surévalué l’œuvre du réalisateur. Il y a eu Big Eyes, que je n’ai jamais vu parce que je n’ai seulement jamais été au courant de sa sortie. Il y a eu les re-visionnages de certains de ses films, j’ai découvert Big Fish que je n’avais pas vu et qui m’a transcendée, de l’eau a coulé sous les ponts, et je pense l’avoir assez pardonné pour être enthousiaste à l’idée de le voir adapter Miss Peregrine à l’écran. Voyons donc si j’ai eu raison ou non de lui laisser cette chance.

Petit disclaimer préalable

Les gens, il faut que je vous dise un truc, d’abord. Je ne suis pas du tout cinéphile. Ma culture filmique est absolument ridicule, il y a plein de grands classiques que je n’ai jamais vus, il y a des films universellement adorés que j’ai cordialement détestés, je suis loin d’être une experte dans le domaine, je ne me sens donc AUCUNE légitimité à pondre une critique de film, le ressenti que je vais vous livrer sera très certainement subjectif, partial; on n’est pas dans Les Cahiers Du Cinéma donc attendez-vous à quelque chose d’organique et de personnel. Je suis allée voir le film samedi soir, et je me suis forcée à laisser passer la journée suivante pour reprendre un peu mes esprits et ne pas pondre quelque chose trop « à chaud ». Si vous êtes un peu calés dans le domaine, vous allez très probablement facepalmer comme pas permis. VOUS AUREZ ÉTÉ PRÉVENUS.

Esprit de Tim Burton, es-tu là?

La première chose qui m’a frappée, c’est complètement con, mais c’est l’absence de Danny Elfman en tant que compositeur. Je ne sais pas pourquoi, mais je l’ai remarqué immédiatement, et j’ai trouvé ça un peu dommage, tant sa musique aurait tout à fait collé à l’univers de Miss Peregrine. Cela dit, les musiques du film sont extrêmement agréables malgré tout. Il n’empêche que l’absence de sa patte sonore m’a complètement prise de court, parce qu’Elfman et Burton, pour moi, c’est un peu comme le burger et les frites. L’un peut aller sans l’autre, mais on est complètement habitués à les voir ensemble. (Oui, j’ai faim.)

Tim Burton - Miss Peregrine et les enfants particuliers - film 2016 - Papotarium
Je fangirle éhontément. Voilà.

Second constat: le film fait deux heures, et deux heures, c’est putain de court. Surtout lorsque, comme moi, on est davantage habitué aux séries qu’aux films. Je ne sais pas si c’est la raison pour laquelle la rapidité de l’intro m’a frappée ou si ça va vraiment vite, mais voilà, ça va vite. Dans le bouquin, le personnage de Jacob est bien plus développé, ses relations avec sa famille semblent beaucoup plus sombres, et l’état mental dans lequel il tombe après le décès de son grand-père (ça va, c’est pas un spoil, c’est le tout début) sont extrêmement édulcorés par rapport au livre. Les scènes d’exposition sont courtes, très courtes, peut-être un peu trop expédiées à mon goût, mais que voulez-vous, il s’agit d’un film, et si celui-ci, à l’image du premier tome du livre, utilisait toute sa première moitié à mettre tout bien en place, on se serait un peu fait chier. Donc SOIT.

Visuellement, c’est très soigné. Les plans sont bien composés, le traitement de l’image, notamment au niveau de la couleur, est réussi, pour vous le dire clairement: c’est du Burton. VOILA. On y arrive. On retrouve cette oscillation entre couleurs vives, chaudes et lumineuses apportant une poétique naïveté à certaines scènes, et les tons plus sombres, plus bleutés avec un grand travail sur le contraste et l’éclairage à grands renforts de clair-obscurs, caractéristiques de l’esthétique dark dans laquelle on catalogue très souvent le réalisateur.

Tim Burton - Miss Peregrine et les enfants particuliers - film 2016 - Papotarium
Un sépulcreux. Pour ne rien vous cacher, je les trouve choupinous.

Et tout cet aspect visuel ainsi que toute la dualité d’atmosphère qu’il apporte, pour moi, ça a été le premier point rassurant: Burton revient, certes sans trop de prise de risque, vers ce qu’il fait le mieux: un parti pris visuel qui balance toujours entre l’enfantin et le glauque, entre le solaire et le lunaire, entre le color block  saturé et le fantomatique éthéré. Ça me fait plaisir, parce qu’on n’est plus juste dans le sombre, et aussi parce que c’est dosé bien plus raisonnablement. Dans Sweeney Todd et Alice, par exemple, j’avais l’impression que Burton en faisait des caisses au point d’en devenir une caricature de lui-même. Du genre, « AH VOUS VOULEZ QUE JE FASSE DU BURTON? EH BEN TIENS, DANS TA FACE. ». Je sais pas si je me fais bien comprendre, et c’est peut-être juste moi, mais voilà. Là, en l’occurrence, j’ai eu la sensation qu’il arrivait à mieux doser sa patte, à distiller son style caractéristique avec plus de parcimonie, parfois même un peu trop.

Le film se pose, donc, comme un bon échantillon de ce que l’ami Tim fait le mieux: il y aura de l’épique, du poétique, du sombre, de l’étrange; le tout toujours délivré avec efficacité, certaines scènes sont de véritables jouissances auditives et visuelles, et on retrouve tout à fait l’onirisme des romans de Riggs. L’île de Cairnholm est tout à fait comme je me l’étais imaginée, et par la suite, de nombreux lieux n’étant pas présents dans l’œuvre de base m’ont véritablement donné l’impression qu’ils auraient pu être imaginés par l’écrivain. Petite mention spéciale à la scène de combat finale, si complètement grand-guignolesque que ça en devient génial, du pur Burton-Style remis au goût du jour.

Tim Burton - Miss Peregrine et les enfants particuliers - film 2016 - Papotarium
Coucou, Jacob. Tout est normal, t’inquiète pas.
Un petit mot sur l’histoire

Avant que je ne me perde encore davantage en conjectures sur des histoires de style, d’esthétique, d’ambiance et tout le tintouin, je vais directement vous causer un peu du scénario.
Avant d’aller voir Miss Peregrine et les Enfants Particuliers, je m’attendais au désormais traditionnel format « Un film de trois heures par livre, sauf le dernier livre qui sera divisé en deux films de trois heures, parce que ARGENT », le tout suivant assez scrupuleusement la trame scénaristique du matériau de base. J’avoue que cela ne m’aurait pas dérangée non plus. Seulement, il n’en est rien: le film part sur les mêmes bases, mais développe son propre récit. Si vous voulez vraiment savoir, tout est assez similaire jusqu’à l’arrivée de Jacob au fameux pensionnat en ruines, après quoi on bifurque sur une histoire reprenant des bases plus ou moins similaires, mais avec un arc narratif plus adapté à un film de deux heures.

Honnêtement, ça plaira ou ça ne plaira pas,

Tim Burton - Miss Peregrine et les enfants particuliers - film 2016 - Papotarium
Là, c’est Jacob. Il a l’air véner. Venez pas le faire chier.

tout ça me semble une affaire de goût plus qu’autre chose. Le background est forcément moins fouillé, certaines explications sont totalement survolées, et pour avoir vu le film avec Monsieur, qui n’a pas lu les livres, il semblerait que le spectateur non familier de l’œuvre de base puisse se retrouver partiellement largué. En fait, même moi, ayant lu les livres, j’ai eu du mal à suivre: certains aspects du fonctionnement des boucles ou encore certaines caractéristiques des monstres et autres pas-gentils étant au mieux vite expliqués, au pire complètement laissés dans le flou, et pire: j’ai eu l’impression que cela donnait naissance à quelques incohérences qui n’étaient pas présentes dans le livre, où tout est clair comme de l’eau de roche et a beaucoup plus de sens. Cependant, cela reste de l’ordre du détail et n’entrave pas trop l’appréciation de l’œuvre.

Autre déception, plus conséquente cette fois: le parallèle entre le parcours des Enfants Particuliers et l’Histoire avec un grand H passe totalement aux oubliettes. On voyage beaucoup moins dans le film, qui reste cantonné à quelques endroits assez « fermés », la Seconde Guerre Mondiale est réduite à quelques avions survolant l’île et un ou deux figurants en costumes, et là, c’est un peu dommage, car c’est une des choses qui rendent les livres si savoureux. On pourra objecter à cela qu’il s’agit d’une adaptation libre ne reprenant pas la trame de la version papier, bien évidemment. Il n’empêche que j’aurais tout de même aimé voir cet aspect être plus exploité.

En-dehors de ces quelques déconvenues, l’ensemble passe tout à fait bien : on n’est pas sur du révolutionnaire qui bouscule tous les codes du genre de par son originalité fulgurante, il y a des méchants et des gentils, les gentils doivent déjouer les plans des méchants, moult péripéties, moult dangers et tout autant de preuves de courage et d’amitié, vous voyez le genre: c’est simple mais efficace.

Et les personnages, dans tout ça?

Les personnages sont un autre point sur lequel j’aimerais revenir. Quelques remaniements ont été faits de ce côté aussi, et globalement, même si j’avais peur du résultat, le film s’en tire pas trop trop mal.
Première chose qui m’a surprise, le père de Jacob. Ou plutôt la relation entre ces deux-là, et même plus généralement entre Jacob et sa famille. Dans le livre, la tension et l’incompréhension étaient palpables, Jacob se retrouvait vraiment à l’écart, marginalisé suite au traumatisme de l’attaque de son grand-père. Ses parents ne le comprenaient plus, le craignaient même, il passait son temps entre séances de psy, traitement médicamenteux assez lourd et geekage intensif. Dans le film, on voit, certes, Jacob s’enfermer dans sa piaule alors qu’une fête d’anniversaire lui est consacrée, mais personne ne semble lui en tenir rigueur; même lui semble davantage indifférent que

Tim Burton - Miss Peregrine et les enfants particuliers - film 2016 - Papotarium
Je suis pas gentil et je vais te manger.

réellement affecté. Il semble tout au plus légèrement contrarié. Son père est détendu du slip, semble quasiment sur la même longueur d’onde, il paraît bien moins velléitaire et taciturne que son homologue du roman, dans lequel une gêne palpable plane entre lui et Jacob. Évidemment, encore une fois, l’argument de l’adaptation libre, ainsi que celui de la volonté de ne pas encombrer un récit de deux heures déjà plutôt dense, sont tout à fait recevables. Mais quand même, je trouvais la dynamique relationnelle du livre entre ces deux-là, il aurait été possible de la retranscrire sans s’y attarder. Cela aurait ajouté un peu plus de crédibilité à l’ensemble, de la consistance. Là, le daron est un peu patate; alors que dans le livre, il faisait figure d’obstacle, d’empêcheur de tourner en rond malgré lui; son utilité dans le film est, elle, quasi inexistante.
J’ai été assez satisfaite de la performance des Enfants Particuliers eux-mêmes: Je pense notamment à Enoch, personnage que j’apprécie beaucoup dans le livre et dont l’essence a été totalement retranscrite à l’écran, jusqu’à son accent cockney (je suis allée voir le film en VO, soit dit en passant). Bronwyn est absolument charmante, Fiona aussi; Olive et Emma, dont les pouvoirs ont été échangés, ne souffrent pas du tout de ce changement. J’ai trouvé dommage que Millard ait été réduit au rôle de sidekick rigolo, son érudition ayant totalement disparu, et Horace est absolument adorable. Jacob, quant à lui, est tout à fait tel que je me l’imaginais, physiquement parlant, ainsi que mentalement.
Il semblait également étrange, bien que pas dérangeant pour moi, d’avoir choisi Eva Green

Tim Burton - Miss Peregrine et les enfants particuliers - film 2016 - Papotarium
Millard. Passe-temps favori: se mettre à poil pour être totalement invisible.

pour incarner Miss Peregrine, que les romans m’avaient fait imaginer plus âgée et bien plus quelconque physiquement parlant, mais très honnêtement, je ne sais pas si c’est parce que j’adore cette actrice ou quoi mais BON SANG ça fonctionne du feu de Dieu. Elle est crédible dans son rôle, elle a la classe, la présence, la voix… Bon, vous avez compris, je ne suis pas totalement objective.
Le plus étonnant dans tout ça, c’est l’antagoniste principal de tout ce joyeux foutoir. SAMUEL L. JACKSON SVP. Un méchant complètement déjanté, aussi menaçant qu’un paquet de corn-flakes, et que j’ai pourtant trouvé assez cool. J’avais presque l’impression d’être devant un méchant de chez Batman. Cabotin, plus comique qu’effrayant, j’aurais cependant aimé qu’il ait davantage de temps à l’écran, sa performance me semble totalement sous-exploitée, alors qu’on sent que ce cher Samuel en avait encore sous la pédale. Le résultat, c’est qu’on ne le prend peut-être pas assez au sérieux en tant que spectateurs. Il aurait mérité d’être dépeint un poil plus dangereux.

Résultat des courses?

Franchement, les amis, on va être clairs: ce film n’est pas parfait. Loin s’en faut. A l’image du premier livre, la fin semble d’ailleurs quelque peu expéditive (et on dirait bien qu’elle laisse la porte ouverte à des suites si le succès est au rendez-vous, manœuvre commerciale très mal dissimulée que je ne suis pas certaine d’approuver totalement). Mais ces imperfections qui le caractérisent arriveraient presque à le rendre d’autant plus touchant. Parfois trop sage, le long-métrage parvient pourtant à de nombreuses reprises à se lâcher un peu plus, livrant quelques moments de grâce par-ci, quelques instants de pure rigolade par-là. Je ne me suis rendu compte qu’en sortant de la salle à quel point ces deux heures m’ont paru courtes, et à quel point j’avais été totalement happée par cet univers envoûtant. L’expérience filmique diverge par de nombreux aspects de celle de l’ouvrage de Ransom Riggs, mais réussit, non sans quelques accrocs, à s’autosuffire dans les grandes lignes, un compromis non sans risque permettant de ratisser large et de séduire aussi bien les lecteurs de l’œuvre d’origine que les autres. On pourra regretter le côté globalement moins sombre, moins fouillé et plus lisse de l’ensemble, il est vrai également que lorsque les romans amènent tout de même gentiment à se questionner sur pas mal de notions philosophiques, le film fait la part belle aux péripéties et au spectacle; on pourra aussi apprécier ce film pour ce qu’il est: un divertissement de bon aloi pour un public étendu, qui n’a pas la même portée que l’œuvre qu’il transpose mais parvient à en extraire une grande partie des ingrédients les plus marquants. Burton semble y amorcer un retour aux sources et, bien qu’un brin trop sage à mon goût, il me semble avoir retrouvé un certain équilibre. Ce n’est pas LE film de la résurrection pour Tim, mais ça me redonne quand même confiance pour la suite.

Tim Burton - Miss Peregrine et les enfants particuliers - film 2016 - Papotarium

Je ne suis pas du genre à donner des notes, je trouve ça assez réducteur, ne vous attendez donc pas à voir ça ici, eh non, va falloir lire l’article pour voir ce que je pense! Cependant, je pense quand même terminer mes chroniques de films en vous recommandant, ou non d’aller le voir.
En l’occurrence, oui, je vous le recommande! Si vous êtes à la recherche d’un divertissement de qualité, si vous aimez Burton, si vous avez aimé la trilogie Miss Peregrine ou que vous voulez la découvrir, si vous aimez les ambiances un peu farfelues… Foncez!

Bien. Maintenant, il va falloir que je m’attelle au troisième tome, j’ai également quelques idées d’articles sous le bras, ça risque de parler photo, entre autres.

En attendant, je vous souhaite une bonne journée, soirée, semaine, tout ce que vous voulez, non sans vous adresser comme à l’accoutumée un petit:

Bien Cordialement, BISOUS ❤

Hollow City : Un second tome de Miss Peregrine à la hauteur du premier?

Hello les gens!

Pour ceux qui suivent le blog depuis le début, vous vous souviendrez que mon premier article traitait du premier tome de la trilogie Miss Peregrine de Ransom Riggs. Plutôt enthousiaste à la fin de ma lecture du premier volume, je m’étais assez vite décidée à acquérir les deux suivants. Eh ben, du coup, aujourd’hui, figurez-vous que je vais vous parler du tome 2. ÉPATANT, HEIN?

Pour des raisons évidentes, il est conseillé d’avoir lu au moins le premier livre avant de lire l’article qui suit, parce que… Ben, parce que c’est logique. Je vais parler du second. Vous suivez, un peu? Bien, allons-y.

Hollow City - Miss Peregrine et les enfants particuliers - Papotarium
Le Tome 2, vu ici en train de se détendre tranquillou en compagnie de ses potes.
Attention, ça va peut-être spoiler?

Ouais, parce qu’on ne va pas revenir sur l’avant et le processus d’acquisition du bouquin, le pourquoi ça m’a fait envie et tout le tintouin: les raisons sont les mêmes que pour mon achat du premier volume, l’envie de connaître la suite en plus.

Nous allons donc plonger directement dans le vif du sujet, comme le fait d’ailleurs le bouquin lui-même: PAS LE TEMPS DE NIAISER, on est catapultés in medias res, juste au moment où s’achevait l’épisode précédent. C’est limite si ça ne donne pas l’impression qu’il y a juste eu une coupure pub entre les deux. Pas de résumé, pas de chichi; une note de bas de page te le dit à un moment: si tu sais pas de quoi on cause, c’est dans le livre d’avant.

On retrouve donc nos héros dans de beaux draps suite aux événements un peu cataclysmiques qu’ils viennent tout juste de vivre, et vogue la galère vers de nouvelles aventures, qui auront pour but de sauver un personnage absolument crucial qui est, ma foi, en fort fort mauvaise posture.
Je ne vais pas vous cacher une chose: j’ai été trèèèès trèèèèès sceptique quant au début du livre. Je vais spoiler un petit coup en essayant de ne pas trop en révéler quand même, mais lorsque notre petit groupe de joyeux lurons particuliers débarque dans la première « boucle temporelle » de l’ouvrage, la nature de ses habitants m’a laissée complètement perplexe. On est face à un nouveau type de créatures particulières, et ça m’a pas mal déconcertée, j’ai trouvé cette nouvelle addition au folklore du récit complètement what the fuck (je vous en supplie, pardonnez-moi mes anglicismes, mais celui-ci était trop tentant!) et je la trouvais peu nécessaire, un peu comme l’ingrédient de trop dans une recette autrement bien sympa. J’avais en tête l’adage « le mieux est l’ennemi du bien » et je me suis demandé

Hollow City - Miss Peregrine et les enfants particuliers - Papotarium
J’aime toujours autant ces pages de garde qu’on retrouve à chaque chapitre!

un instant si Ransom Riggs ne venait pas de saborder totalement son histoire. (Si vous ne comprenez pas de quoi je parle et que vous n’avez pas peur du spoil, je vous invite à regarder en toute fin de l’article, j’ai glissé un petit P.S. en gris clair dans lequel j’énonce plus clairement de quoi je veux causer)

Du coup, j’ai laissé le livre de côté quelques jours, comme pour digérer le fait que j’allais potentiellement me farcir deux tomes qui partent complètement en sucette. Je persiste à penser que cette « nouveauté » est un peu surfaite, mais la suite du livre a réussi à me la faire accepter, d’une part parce que ça ne parasite pas non plus de trop le récit, et d’autre part parce que finalement, quand on y réfléchit bien, ce n’est pas si incohérent que cela.

Et je me dis que j’ai bien fait de ne pas laisser tomber.

Ce second volume n’offre pas une seconde de répit au lecteur, l’action s’enchaîne à un

rythme effréné mais, cette fois-ci, bien plus maîtrisé. Il est plus long que le premier en terme de nombre de pages, mais m’a aussi paru plus court, parce que j’ai vraiment, vraiment pas pu le reposer une fois passée ma petite déconvenue initiale. Le style est toujours aussi concis, les descriptions sont toujours aussi efficaces et l’imaginaire fonctionne encore plus à plein tube. Quand je compare Hollow City à son prédécesseur, le constat est flagrant: Miss Peregrine et les Enfants Particuliers, premier du nom, ne fait figure que d’introduction. Plus j’y pense, et plus je me dis que j’ai vraiment, vraiment apprécié ce tome 2. Il m’a vraiment transportée. Les lieux visités sont variés, convaincants et ont tous une identité propre, les descriptions sont vraiment réussies et évocatrices, les ambiances sont dépeintes avec énormément d’efficacité, et comme je l’ai déjà dit, l’action n’est pas en reste.

L’époque contemporaine est bien moins présente dans cette partie de l’histoire, on passe le plus clair de notre temps en 1940, avec quelques incursions à d’autres époques, et ce n’est pas pour me déplaire, moi qui ne déborde pas spécialement d’amour pour les fictions à toile de fond contemporaine. L’Histoire (avec un grand H, cette fois-ci) est toujours entremêlée avec le parcours de notre petite équipe de gamins bizarres, et cela amènera son lot de scènes poignantes. Malgré ce tourbillon incessant de péripéties, une aura mélancolique plane sur Hollow City, en partie incarnée par Jacob lui-même, en proie à de nombreux questionnements, doutes, et surtout à un sentiment de faiblesse et d’impuissance face à des événements qui le dépassent parfois. C’est un sentiment assez indicible, mais très marquant, qui m’a envahie en lisant ce livre. Tout y contribue à provoquer une impression d’inexorable, de fuite en avant vouée à l’échec; et face à ça, on a des protagonistes qui ne lâchent jamais l’affaire, qui continuent à se battre même dans les situations les plus désespérées…

Et puis cette fin. Cette fin qui m’a éclaté en pleine gueule, même que je ne m’y attendais tellement pas. J’ai été scotchée. Bien plus, d’ailleurs, que par la fin du premier, qui me semblait si précipitée et presque brouillon. Là, ce n’est pas du tout le cas. Pas du tout du tout. C’est bien mieux amené, on n’a pas l’impression que l’auteur s’est rendu compte trop tard qu’il fallait boucler le récit.

Enfin, bref, je ne veux, encore une fois, pas trop en révéler, mais sachez que ça m’a complètement redonné foi pour le troisième opus. Je ne manquerai pas de vous livrer mes impressions dès que je l’aurai terminé, comme de bien entendu.

Petit bilan, donc.
Hollow City - Miss Peregrine et les enfants particuliers - Papotarium
Je vous colle une petite image d’Eva Green en Miss P., parce que EVA GREEN ❤

Puisqu’il faut quand même conclure comme il se doit pour que ça ressemble vaguement à quelque chose (bordel de flûte, cet article était tellement décousu), je tiens à réitérer mon insistance sur un point que je traitais déjà dans ma petite chronique du volume premier: OK, c’est écrit dans un langage simple, voir simplifié. Ce n’est pas débordant de figures de styles pompeuses, ni de descriptions lyriques de 20 pages sur la couleur opalescente du ciel londonien. OK, c’est du fantastique, c’est plein d’aventures, les personnages sont jeunes, et en plus, y’a des images. OK, c’est assez manichéen, parfois naïf. En résumé, OK, c’est de la littérature totalement stéréotypée Young Adult. Mais pour être très honnête, d’abord, allez relire dans mon article précédent ce que je pense sur cette saloperie de distinction daubée (je me retiens, je peux être vachement moins polie aussi, si vous voulez), parce que je vais pas non plus en remettre une couche; et ensuite, ensuite! Permettez-moi d’affirmer qu’il serait bien crétin de se refuser une lecture si efficace, si divertissante et si immersive parce qu’une bande de fins stratèges du marketing ont, un jour, trouvé judicieux d’établir des frontières d’âge dans la littérature. Même sans être encore parvenue à l’épilogue de cette trilogie, je pense pouvoir l’affirmer à présent, (on verra bien si le troisième volume me fera mentir) ce triptyque fantastique est fort sympathique (VOUS AVEZ VU CES RIMES? VOUS LES AVEZ VUES? SALUEZ MON GÉNIE SVP), et vous ravira certainement pour peu que vous soyez emballés par le quatrième de couverture. Ransom Riggs tient ses promesses, alors si l’aventure vous tente, foncez!

Je vous donne rendez-vous bientôt pour vous rendre compte de mes impressions sur le tome 3, et en attendant, je vous gratifie d’un pluvieux mais jovial:

Bien Cordialement, BISOUS ❤

PS /ATTENTION SPOIL/ : Pour ceux qui veulent savoir, le truc qui m’a tant dérangée au départ et auquel je fais allusion, c’est l’existence d’animaux particuliers. Sur le coup, ça m’a paru profondément farfelu. VOILA.