La Bibliothèque des Âmes (Ransom Riggs): Déjà la fin…

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Hello les gens!

J’ai laissé traîner autant que j’ai pu pour faire durer le plaisir, mais il a fallu me rendre à l’évidence: il fallait bien que je termine ce livre un jour!

Que ce soient les livres, les jeux vidéo, les séries… J’ai toujours un pincement au cœur quand une aventure que j’ai appréciée se termine. Genre, les larmes me montent aux yeux, rien que de penser à la fin de Downton Abbey.

Et je dois avouer que je suis encore un peu tristounette d’avoir finalement terminé le troisième tome de la saga Miss Peregrine de Ransom Riggs. C’est en chroniquant le premier tome que j’ai commencé ce blog, et j’ai l’impression que cette trilogie gardera une place particulière dans mon cœur de lectrice. Je vais donc tenter dans cet article de vous parler non seulement de La Bibliothèque des Âmes, mais également de dresser un petit bilan sur l’histoire dans son ensemble.

Il est évidemment conseillé d’avoir lu les deux premiers (Miss Peregrine et les Enfants Particuliers et Hollow City, avec mes chroniques en lien) parce qu’autant j’essaie de ne pas spoiler, autant IL FAUT ÊTRE RÉALISTE CHERS AMIS, on parle de l’épisode final d’une série de romans. Abordons donc ce troisième et dernier volume tous ensemble dans la joie et l’allégresse!

La bibliothèque des âmes - Ransom Riggs - Miss Peregrine et les enfants particuliers - tome 3 - papotarium

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Les emmerdes continuent

A la fin de Hollow City, Jacob et ses congénères, se dépêtrant avec peine de moult embrouilles innommables, subissent un retournement de situation que je n’avais personnellement pas vu venir (eux non plus, il semblerait). Alors qu’ils pensaient presque toucher au but, ils se rendent compte que, bah, nope. Pas du tout du tout. Quasi-retour à la case départ pour ce dernier volet des aventures des enfants particuliers, mais avec encore moins de moyens et de soutien qu’auparavant. Malgré une situation qui paraît plus que désespérée, nos amis ne perdent pas espoir, Jacob découvre plus en détail et apprend à maîtriser ses pouvoirs, et c’est reparti comme en 40.

Pas trop de surprises quant à cette entrée en matière, La Bibliothèque des Âmes fait comme son prédécesseur: on est propulsés directement dans l’action, ça reprend là où ça s’était arrêté dans le bouquin d’avant, et vogue la galère. Très vite, nos compagnons découvrent une nouvelle boucle temporelle qui sera le théâtre de la majorité des évènements de cet ouvrage: l’Arpent du Diable. Un endroit plutôt différent de tous les endroits que nous avions pu voir jusque là, et dépeint comme toujours avec une grande efficacité par Ransom Riggs, qui a décidément ce don pour rendre ses descriptions vivantes et transmettre des ambiances de fou furieux. Son style d’écriture est toujours aussi visuel et agréable.

Question péripéties, le livre n’en manque pas, une fois encore. Dernier tome oblige, l’action est même encore plus dense que dans les deux volumes précédents. On a l’impression que ce cher Ransom s’améliore de livre en livre (dommage que ce soit le dernier, du coup! Je suivrai la suite de sa carrière avec intérêt). Je crois pouvoir dire que La Bibliothèque des Âmes est devenu ma partie favorite de l’histoire. Toutes les pièces du puzzle s’assemblent, une foultitude de révélations sont au rendez-vous, on comprend enfin pas mal de choses, et je dois dire que tout cela m’a entièrement satisfaite. C’est cohérent, ça tient debout, c’est bien amené.

La fin elle-même m’a apporté un peu de baume au cœur, je craignais beaucoup ce qui allait arriver à Jacob et à son statut un peu « le cul entre deux chaises », c’est simple, durant la lecture des derniers chapitres, j’ai été prise d’une sorte de frénésie, j’avais trop envie de savoir ce qui allait finalement arriver à tout le monde… C’est là que je me suis rendu compte complètement à quel point je m’étais attachée aux personnages.

La bibliothèque des âmes - Ransom Riggs - Miss Peregrine et les enfants particuliers - tome 3 - papotarium

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Des regrets?

J’en ai un peu. Disons que (et là ça va vraiment spoiler un peu, soyez prévenus) mon principal reproche à ce volume, c’est le traitement par-dessus la jambe de toute la petite clique que Jacob rencontre dans Miss Peregrine premier du nom. Même Miss Peregrine elle-même, qui donne pourtant son nom à la saga, est finalement relativement peu présente puisque trop occupée à être retenue en otage ailleurs.

Ce troisième tome cause surtout des aventures d’Emma et Jacob dans un Londres très… Dickensien? (ça se dit? Non? Tant pis. Prout.) Que ce soit Miss Peregrine ou que ce soient les enfants particuliers dont elle a la charge, amis de Jacob et d’Emma, donc, ils n’ont guère d’utilité qu’en tant que princesse-en-détresse-à-libérer-de-sa-haute-tour-gardée-par-un-dragon-passablement-véner. Bon, aucun d’entre eux n’est une princesse et il n’y a pas de dragon; en revanche, y’a bien une tour. Mais bref, là n’est pas la question. Simplement, ces personnages sont réduits à leur pure fonction d’objets de quête au sein de la narration, et c’est bien dommage.

On aurait pu imaginer des chapitres qui, même sans trop en révéler et en restant flous sur la localisation exacte de Miss P et ses protégés, opéreraient un changement de point de vue narratif, juste histoire de nous rappeler un peu que les gens que Jacob s’évertue à sauver ne sont pas que des trophées à récupérer et continuent à exister dans leur coin, voire MÊME essaient de s’en sortir par eux-mêmes parce qu’ils ont aussi des putains de POUVOIRS : ils m’ont, en effet, tous paru bien trop empotés et sans défense pour ce qu’ils sont censés être. Surtout les Ombrunes. Elles sont censées être un peu badass, keumême. Bref, j’aurais vraiment aimé passer davantage ce tome 3 en compagnie de ces particuliers auxquels je m’étais attachée. (En particulier Enoch. Big up à mon chouchou. ❤ )

La bibliothèque des âmes - Ransom Riggs - Miss Peregrine et les enfants particuliers - tome 3 - papotarium
Petit portrait de l’auteur dans le rabat du livre

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Bilan général de la trilogie

Voilà, on y arrive. J’ai un peu précipité ce que j’avais à dire sur le tome 3 lui-même, car il est finalement de la même trempe que les deux autres, donc j’avais somme toute peu de choses à ajouter que les chroniques précédentes n’auraient pas déjà dit. Il me paraît plus simple et plus pertinent de faire directement un petit compte-rendu de ce que j’ai pensé de Miss Peregrine dans son ensemble.

Alors, par où je commence?

Ces livres ont été un petit coup de cœur. Au même titre que la saga Harry Potter en son temps, la trilogie de Ransom Riggs m’a fait voyager, a titillé mon imaginaire, et m’a offert une expérience de lecture agréable et très divertissante. Le postulat de base est intéressant, la présentation l’est tout autant, et l’utilisation des photos est vraiment bienvenue. Tout ce petit monde est très attachant et on se sent aisément impliqué dans l’action, le fil des évènements se déroule sans accroc et la lecture de l’ensemble est très fluide.

Comme je l’ai dit un peu plus haut, j’ai vraiment eu une sorte de pincement au cœur en refermant La Bibliothèque des Âmes, je n’avais pas envie que ça se finisse, Jacob et ses compagnons d’aventure avaient réussi à me séduire.

Néanmoins, tout comme énormément de livres que j’ai appréciés et que je conseillerais à qui veut bien m’entendre, il n’entrera pas non plus dans le panthéon de mes lectures  cultes, pour plusieurs raisons. CERTES, à la fin, j’étais triste que… que ce soit la fin, quoi. Mais je n’ai pas eu ce sentiment de ressortir un peu différente de ma lecture, comme cela m’était arrivé pour Jonathan Strange & Mr Norrell, par exemple. Je ne veux ~surtout~ pas paraître dure envers la trilogie Miss Peregrine, parce que je l’ai vraiment beaucoup aimée, et qu’elle mérite vraiment d’être lue. Cet univers est formidable, mais peut-être un peu trop manichéen, peut-être aussi que Riggs avait la capacité d’en pondre énormément d’autres tomes pour entrer un peu plus en détail dans son folklore, creuser davantage certains personnages…

La bibliothèque des âmes - Ransom Riggs - Miss Peregrine et les enfants particuliers - tome 3 - papotarium

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CECI DIT: j’ai bien conscience d’une chose, c’est que mon bouquin favori du monde entier est extrêmement long, extrêmement détaillé et pointilleux, et que beaucoup de gens ont trouvé ça carrément too much. Je me dis donc que ces quelques petits reproches sont plus à mettre sur le compte de mes préférences personnelles ainsi que de mes habitudes de lecture (par exemple, Agnès Grey, ça représente assez bien mes goûts. Et encore, il est extrêmement court, comme bouquin). Le petit manque de profondeur que je reproche à cette série de romans est donc très certainement quelque chose d’assez subjectif, c’est peut-être même un genre de compliment de ma part: j’aurais aimé en avoir davantage à lire. Ransom, si tu me lis, il est encore temps de nous pondre une suite (ou un préquel) de 2000 pages (avec plein de notes de bas de page, bien évidemment).

Est-ce que je conseillerais cette série? Oui, mille fois oui! Que l’on aime ou pas le genre fantastique, on ne peut pas nier les qualités des ouvrages de Riggs. Une qualité qui commence par l’aspect de l’objet-livre lui-même, qui présente une esthétique quasi-irréprochable. Le soin apporté à la composition, aux pages d’illustration, ces motifs rétro qui viennent orner le tout… Et le récit lui-même n’est pas en reste. Le scénario peut paraître un brin léger et manichéen, mais il reste rythmé et intéressant. De plus, l’ami Ransom ne se prive pas d’aborder quelques thèmes et questions philosophiques de façon certes assez ténue, mais intelligente. Le point fort de cette aventure, pour moi, a réellement été LE POSAGE D’AMBIANCE DE FOU. Plus que les personnages ou l’intrigue, les lieux visités m’ont vraiment vendu du rêve par paquet de douze, l’écriture de l’auteur est très très efficace de ce point de vue.

La bibliothèque des âmes - Ransom Riggs - Miss Peregrine et les enfants particuliers - tome 3 - papotarium
Un bilan tout à fait positif, donc, pour la trilogie Miss Peregrine et les Enfants Particuliers, qui vaut à mon avis complètement le détour, et vous promet d’agréables moments de lecture!

Voilà, je ne vais pas m’éterniser davantage, parce que je pense avoir fait le tour de cette série ma foi fort sympathique.
Maintenant, niveau lecture, je vais m’attaquer à Belgravia (que j’avais tellement méga-hâte de commencer que ça m’a consolée de terminer Les Enfants Particuliers 😀 )

Bien évidemment, je vous ferai un compte-rendu de tout ça, mais en attendant, je vous souhaite un joyeux Halloween,

Bien Cordialement, BISOUS ❤

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Miss Peregrine et les Enfants Particuliers: Que vaut l’adaptation de Tim Burton?

Tim Burton - Miss Peregrine et les enfants particuliers - film 2016 - Papotarium

Salut tout le monde!

Si vous avez déjà traîné quelque peu sur ce blog, vous avez certainement pu constater que j’avais lu, et apprécié, les deux premiers volumes de la trilogie Miss Peregrine de Ransom Riggs. L’adaptation cinéma, réalisée par Tim Burton et sortie le 5 Octobre dernier en France, me faisait donc de l’œil, genre, au point d’avoir ENVIE D’ALLER AU CINÉMA. Ce qui pour moi est chose assez rare. Déjà, peu de films qui sortent à l’heure actuelle me font envie. En plus, je ne me tiens pas forcément au courant des actualités, des sorties culturelles… Et enfin, autant j’aime les grands écrans, les fauteuils rouges et le son qui fait vibrer la salle entière, autant j’apprécie vachement moins les chuchotis, les bruits de mâchouillage de popcorn et LES GENS QUI RIENT BEAUCOUP TROP FORT JUSTE A CÔTÉ DE MOI. (#çasentlevécu)

En gros, je suis une sorte d’ermite agoraphobe tout à fait détestable.
Non, mais sans déconner, j’aime bien le cinéma, hein, mais de temps en temps. Le plus souvent, je ne ressens pas de besoin particulier de voir un film dès sa sortie sur grand écran, je ne suis pas du genre pressée. Je dirais même que je préfère limite laisser passer la hype.

SAUF QUE LA, on parle d’un bouquin que j’ai lu très récemment, d’un film de Tim Burton, et d’EVA GREEN. (Un jour, je vous parlerai de comment Penny Dreadful m’a fait tomber en admiration devant Eva Green. Mais pas maintenant.)

D’ailleurs, parlons-en, de Tim Burton.

J’ai une relation un peu bizarre d’amour-haine avec ce réalisateur, pour tout vous dire. J’ai ~presque~ vu tout de lui (il faut que je mate Big Eyes et Ed Wood. La Planète des Singes, ça me dit pas du tout. Sinon, j’ai tout vu. Oui, même Pee-Wee. J’ai kiffé Pee-Wee. FIGHT ME), et j’étais une fan complètement inconditionnelle jusqu’à 2008, et Sweeney Todd. Pour le coup, cette déception-ci est peut-être davantage à mettre sur le compte des goûts personnels, parce que les comédies musicales, j’ai jamais pu encadrer ça, mais quand même. J’ai trouvé ce film absolument ridicule, j’ai eu l’impression d’avoir payé un ticket pour 116 minutes de malaise. En revanche, là où je ne lui ai ~vraiment~ pas pardonné, c’était pour

Tim Burton - Miss Peregrine et les enfants particuliers - film 2016 - Papotarium
Tim Burton, c’est ~aussi~ des blondinettes diaphanes qui sauvent des écureuils. C’EST PAS NIAIS C’EST POÉTIQUE, OK?

Alice au Pays des Merveilles. Alice, c’était une de mes histoires préférées, un de mes deux Disney préférés (avec La Belle et La Bête, dont j’attends de pied ferme l’adaptation avec Emma Watson, d’ailleurs) et du coup, adapté par ce que je pouvais encore considérer comme mon réalisateur préféré, j’étais allée le voir avec un enthousiasme frôlant l’hystérie.

Plus dure fut la chute. Je ne vais pas m’amuser à vous énumérer les raisons pour lesquelles j’ai trouvé que ce film était une sombre merde (pardon aux fans, hein, c’est un avis perso, ne venez pas me sauter à la gorge, mon opinion n’est pas parole d’évangile), mais voilà, j’étais sortie de la salle absolument consternée, et j’ai sérieusement commencé à bouder Burton.

Et puis il y a eu Dark Shadows, que j’ai vu sur le tard, divertissant mais pas transcendant, Frankenweenie idem, sympa mais sans plus… Bref, je commençais à me demander si je n’avais pas tout bêtement surévalué l’œuvre du réalisateur. Il y a eu Big Eyes, que je n’ai jamais vu parce que je n’ai seulement jamais été au courant de sa sortie. Il y a eu les re-visionnages de certains de ses films, j’ai découvert Big Fish que je n’avais pas vu et qui m’a transcendée, de l’eau a coulé sous les ponts, et je pense l’avoir assez pardonné pour être enthousiaste à l’idée de le voir adapter Miss Peregrine à l’écran. Voyons donc si j’ai eu raison ou non de lui laisser cette chance.

Petit disclaimer préalable

Les gens, il faut que je vous dise un truc, d’abord. Je ne suis pas du tout cinéphile. Ma culture filmique est absolument ridicule, il y a plein de grands classiques que je n’ai jamais vus, il y a des films universellement adorés que j’ai cordialement détestés, je suis loin d’être une experte dans le domaine, je ne me sens donc AUCUNE légitimité à pondre une critique de film, le ressenti que je vais vous livrer sera très certainement subjectif, partial; on n’est pas dans Les Cahiers Du Cinéma donc attendez-vous à quelque chose d’organique et de personnel. Je suis allée voir le film samedi soir, et je me suis forcée à laisser passer la journée suivante pour reprendre un peu mes esprits et ne pas pondre quelque chose trop « à chaud ». Si vous êtes un peu calés dans le domaine, vous allez très probablement facepalmer comme pas permis. VOUS AUREZ ÉTÉ PRÉVENUS.

Esprit de Tim Burton, es-tu là?

La première chose qui m’a frappée, c’est complètement con, mais c’est l’absence de Danny Elfman en tant que compositeur. Je ne sais pas pourquoi, mais je l’ai remarqué immédiatement, et j’ai trouvé ça un peu dommage, tant sa musique aurait tout à fait collé à l’univers de Miss Peregrine. Cela dit, les musiques du film sont extrêmement agréables malgré tout. Il n’empêche que l’absence de sa patte sonore m’a complètement prise de court, parce qu’Elfman et Burton, pour moi, c’est un peu comme le burger et les frites. L’un peut aller sans l’autre, mais on est complètement habitués à les voir ensemble. (Oui, j’ai faim.)

Tim Burton - Miss Peregrine et les enfants particuliers - film 2016 - Papotarium
Je fangirle éhontément. Voilà.

Second constat: le film fait deux heures, et deux heures, c’est putain de court. Surtout lorsque, comme moi, on est davantage habitué aux séries qu’aux films. Je ne sais pas si c’est la raison pour laquelle la rapidité de l’intro m’a frappée ou si ça va vraiment vite, mais voilà, ça va vite. Dans le bouquin, le personnage de Jacob est bien plus développé, ses relations avec sa famille semblent beaucoup plus sombres, et l’état mental dans lequel il tombe après le décès de son grand-père (ça va, c’est pas un spoil, c’est le tout début) sont extrêmement édulcorés par rapport au livre. Les scènes d’exposition sont courtes, très courtes, peut-être un peu trop expédiées à mon goût, mais que voulez-vous, il s’agit d’un film, et si celui-ci, à l’image du premier tome du livre, utilisait toute sa première moitié à mettre tout bien en place, on se serait un peu fait chier. Donc SOIT.

Visuellement, c’est très soigné. Les plans sont bien composés, le traitement de l’image, notamment au niveau de la couleur, est réussi, pour vous le dire clairement: c’est du Burton. VOILA. On y arrive. On retrouve cette oscillation entre couleurs vives, chaudes et lumineuses apportant une poétique naïveté à certaines scènes, et les tons plus sombres, plus bleutés avec un grand travail sur le contraste et l’éclairage à grands renforts de clair-obscurs, caractéristiques de l’esthétique dark dans laquelle on catalogue très souvent le réalisateur.

Tim Burton - Miss Peregrine et les enfants particuliers - film 2016 - Papotarium
Un sépulcreux. Pour ne rien vous cacher, je les trouve choupinous.

Et tout cet aspect visuel ainsi que toute la dualité d’atmosphère qu’il apporte, pour moi, ça a été le premier point rassurant: Burton revient, certes sans trop de prise de risque, vers ce qu’il fait le mieux: un parti pris visuel qui balance toujours entre l’enfantin et le glauque, entre le solaire et le lunaire, entre le color block  saturé et le fantomatique éthéré. Ça me fait plaisir, parce qu’on n’est plus juste dans le sombre, et aussi parce que c’est dosé bien plus raisonnablement. Dans Sweeney Todd et Alice, par exemple, j’avais l’impression que Burton en faisait des caisses au point d’en devenir une caricature de lui-même. Du genre, « AH VOUS VOULEZ QUE JE FASSE DU BURTON? EH BEN TIENS, DANS TA FACE. ». Je sais pas si je me fais bien comprendre, et c’est peut-être juste moi, mais voilà. Là, en l’occurrence, j’ai eu la sensation qu’il arrivait à mieux doser sa patte, à distiller son style caractéristique avec plus de parcimonie, parfois même un peu trop.

Le film se pose, donc, comme un bon échantillon de ce que l’ami Tim fait le mieux: il y aura de l’épique, du poétique, du sombre, de l’étrange; le tout toujours délivré avec efficacité, certaines scènes sont de véritables jouissances auditives et visuelles, et on retrouve tout à fait l’onirisme des romans de Riggs. L’île de Cairnholm est tout à fait comme je me l’étais imaginée, et par la suite, de nombreux lieux n’étant pas présents dans l’œuvre de base m’ont véritablement donné l’impression qu’ils auraient pu être imaginés par l’écrivain. Petite mention spéciale à la scène de combat finale, si complètement grand-guignolesque que ça en devient génial, du pur Burton-Style remis au goût du jour.

Tim Burton - Miss Peregrine et les enfants particuliers - film 2016 - Papotarium
Coucou, Jacob. Tout est normal, t’inquiète pas.
Un petit mot sur l’histoire

Avant que je ne me perde encore davantage en conjectures sur des histoires de style, d’esthétique, d’ambiance et tout le tintouin, je vais directement vous causer un peu du scénario.
Avant d’aller voir Miss Peregrine et les Enfants Particuliers, je m’attendais au désormais traditionnel format « Un film de trois heures par livre, sauf le dernier livre qui sera divisé en deux films de trois heures, parce que ARGENT », le tout suivant assez scrupuleusement la trame scénaristique du matériau de base. J’avoue que cela ne m’aurait pas dérangée non plus. Seulement, il n’en est rien: le film part sur les mêmes bases, mais développe son propre récit. Si vous voulez vraiment savoir, tout est assez similaire jusqu’à l’arrivée de Jacob au fameux pensionnat en ruines, après quoi on bifurque sur une histoire reprenant des bases plus ou moins similaires, mais avec un arc narratif plus adapté à un film de deux heures.

Honnêtement, ça plaira ou ça ne plaira pas,

Tim Burton - Miss Peregrine et les enfants particuliers - film 2016 - Papotarium
Là, c’est Jacob. Il a l’air véner. Venez pas le faire chier.

tout ça me semble une affaire de goût plus qu’autre chose. Le background est forcément moins fouillé, certaines explications sont totalement survolées, et pour avoir vu le film avec Monsieur, qui n’a pas lu les livres, il semblerait que le spectateur non familier de l’œuvre de base puisse se retrouver partiellement largué. En fait, même moi, ayant lu les livres, j’ai eu du mal à suivre: certains aspects du fonctionnement des boucles ou encore certaines caractéristiques des monstres et autres pas-gentils étant au mieux vite expliqués, au pire complètement laissés dans le flou, et pire: j’ai eu l’impression que cela donnait naissance à quelques incohérences qui n’étaient pas présentes dans le livre, où tout est clair comme de l’eau de roche et a beaucoup plus de sens. Cependant, cela reste de l’ordre du détail et n’entrave pas trop l’appréciation de l’œuvre.

Autre déception, plus conséquente cette fois: le parallèle entre le parcours des Enfants Particuliers et l’Histoire avec un grand H passe totalement aux oubliettes. On voyage beaucoup moins dans le film, qui reste cantonné à quelques endroits assez « fermés », la Seconde Guerre Mondiale est réduite à quelques avions survolant l’île et un ou deux figurants en costumes, et là, c’est un peu dommage, car c’est une des choses qui rendent les livres si savoureux. On pourra objecter à cela qu’il s’agit d’une adaptation libre ne reprenant pas la trame de la version papier, bien évidemment. Il n’empêche que j’aurais tout de même aimé voir cet aspect être plus exploité.

En-dehors de ces quelques déconvenues, l’ensemble passe tout à fait bien : on n’est pas sur du révolutionnaire qui bouscule tous les codes du genre de par son originalité fulgurante, il y a des méchants et des gentils, les gentils doivent déjouer les plans des méchants, moult péripéties, moult dangers et tout autant de preuves de courage et d’amitié, vous voyez le genre: c’est simple mais efficace.

Et les personnages, dans tout ça?

Les personnages sont un autre point sur lequel j’aimerais revenir. Quelques remaniements ont été faits de ce côté aussi, et globalement, même si j’avais peur du résultat, le film s’en tire pas trop trop mal.
Première chose qui m’a surprise, le père de Jacob. Ou plutôt la relation entre ces deux-là, et même plus généralement entre Jacob et sa famille. Dans le livre, la tension et l’incompréhension étaient palpables, Jacob se retrouvait vraiment à l’écart, marginalisé suite au traumatisme de l’attaque de son grand-père. Ses parents ne le comprenaient plus, le craignaient même, il passait son temps entre séances de psy, traitement médicamenteux assez lourd et geekage intensif. Dans le film, on voit, certes, Jacob s’enfermer dans sa piaule alors qu’une fête d’anniversaire lui est consacrée, mais personne ne semble lui en tenir rigueur; même lui semble davantage indifférent que

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Je suis pas gentil et je vais te manger.

réellement affecté. Il semble tout au plus légèrement contrarié. Son père est détendu du slip, semble quasiment sur la même longueur d’onde, il paraît bien moins velléitaire et taciturne que son homologue du roman, dans lequel une gêne palpable plane entre lui et Jacob. Évidemment, encore une fois, l’argument de l’adaptation libre, ainsi que celui de la volonté de ne pas encombrer un récit de deux heures déjà plutôt dense, sont tout à fait recevables. Mais quand même, je trouvais la dynamique relationnelle du livre entre ces deux-là, il aurait été possible de la retranscrire sans s’y attarder. Cela aurait ajouté un peu plus de crédibilité à l’ensemble, de la consistance. Là, le daron est un peu patate; alors que dans le livre, il faisait figure d’obstacle, d’empêcheur de tourner en rond malgré lui; son utilité dans le film est, elle, quasi inexistante.
J’ai été assez satisfaite de la performance des Enfants Particuliers eux-mêmes: Je pense notamment à Enoch, personnage que j’apprécie beaucoup dans le livre et dont l’essence a été totalement retranscrite à l’écran, jusqu’à son accent cockney (je suis allée voir le film en VO, soit dit en passant). Bronwyn est absolument charmante, Fiona aussi; Olive et Emma, dont les pouvoirs ont été échangés, ne souffrent pas du tout de ce changement. J’ai trouvé dommage que Millard ait été réduit au rôle de sidekick rigolo, son érudition ayant totalement disparu, et Horace est absolument adorable. Jacob, quant à lui, est tout à fait tel que je me l’imaginais, physiquement parlant, ainsi que mentalement.
Il semblait également étrange, bien que pas dérangeant pour moi, d’avoir choisi Eva Green

Tim Burton - Miss Peregrine et les enfants particuliers - film 2016 - Papotarium
Millard. Passe-temps favori: se mettre à poil pour être totalement invisible.

pour incarner Miss Peregrine, que les romans m’avaient fait imaginer plus âgée et bien plus quelconque physiquement parlant, mais très honnêtement, je ne sais pas si c’est parce que j’adore cette actrice ou quoi mais BON SANG ça fonctionne du feu de Dieu. Elle est crédible dans son rôle, elle a la classe, la présence, la voix… Bon, vous avez compris, je ne suis pas totalement objective.
Le plus étonnant dans tout ça, c’est l’antagoniste principal de tout ce joyeux foutoir. SAMUEL L. JACKSON SVP. Un méchant complètement déjanté, aussi menaçant qu’un paquet de corn-flakes, et que j’ai pourtant trouvé assez cool. J’avais presque l’impression d’être devant un méchant de chez Batman. Cabotin, plus comique qu’effrayant, j’aurais cependant aimé qu’il ait davantage de temps à l’écran, sa performance me semble totalement sous-exploitée, alors qu’on sent que ce cher Samuel en avait encore sous la pédale. Le résultat, c’est qu’on ne le prend peut-être pas assez au sérieux en tant que spectateurs. Il aurait mérité d’être dépeint un poil plus dangereux.

Résultat des courses?

Franchement, les amis, on va être clairs: ce film n’est pas parfait. Loin s’en faut. A l’image du premier livre, la fin semble d’ailleurs quelque peu expéditive (et on dirait bien qu’elle laisse la porte ouverte à des suites si le succès est au rendez-vous, manœuvre commerciale très mal dissimulée que je ne suis pas certaine d’approuver totalement). Mais ces imperfections qui le caractérisent arriveraient presque à le rendre d’autant plus touchant. Parfois trop sage, le long-métrage parvient pourtant à de nombreuses reprises à se lâcher un peu plus, livrant quelques moments de grâce par-ci, quelques instants de pure rigolade par-là. Je ne me suis rendu compte qu’en sortant de la salle à quel point ces deux heures m’ont paru courtes, et à quel point j’avais été totalement happée par cet univers envoûtant. L’expérience filmique diverge par de nombreux aspects de celle de l’ouvrage de Ransom Riggs, mais réussit, non sans quelques accrocs, à s’autosuffire dans les grandes lignes, un compromis non sans risque permettant de ratisser large et de séduire aussi bien les lecteurs de l’œuvre d’origine que les autres. On pourra regretter le côté globalement moins sombre, moins fouillé et plus lisse de l’ensemble, il est vrai également que lorsque les romans amènent tout de même gentiment à se questionner sur pas mal de notions philosophiques, le film fait la part belle aux péripéties et au spectacle; on pourra aussi apprécier ce film pour ce qu’il est: un divertissement de bon aloi pour un public étendu, qui n’a pas la même portée que l’œuvre qu’il transpose mais parvient à en extraire une grande partie des ingrédients les plus marquants. Burton semble y amorcer un retour aux sources et, bien qu’un brin trop sage à mon goût, il me semble avoir retrouvé un certain équilibre. Ce n’est pas LE film de la résurrection pour Tim, mais ça me redonne quand même confiance pour la suite.

Tim Burton - Miss Peregrine et les enfants particuliers - film 2016 - Papotarium

Je ne suis pas du genre à donner des notes, je trouve ça assez réducteur, ne vous attendez donc pas à voir ça ici, eh non, va falloir lire l’article pour voir ce que je pense! Cependant, je pense quand même terminer mes chroniques de films en vous recommandant, ou non d’aller le voir.
En l’occurrence, oui, je vous le recommande! Si vous êtes à la recherche d’un divertissement de qualité, si vous aimez Burton, si vous avez aimé la trilogie Miss Peregrine ou que vous voulez la découvrir, si vous aimez les ambiances un peu farfelues… Foncez!

Bien. Maintenant, il va falloir que je m’attelle au troisième tome, j’ai également quelques idées d’articles sous le bras, ça risque de parler photo, entre autres.

En attendant, je vous souhaite une bonne journée, soirée, semaine, tout ce que vous voulez, non sans vous adresser comme à l’accoutumée un petit:

Bien Cordialement, BISOUS ❤

Hollow City : Un second tome de Miss Peregrine à la hauteur du premier?

Hello les gens!

Pour ceux qui suivent le blog depuis le début, vous vous souviendrez que mon premier article traitait du premier tome de la trilogie Miss Peregrine de Ransom Riggs. Plutôt enthousiaste à la fin de ma lecture du premier volume, je m’étais assez vite décidée à acquérir les deux suivants. Eh ben, du coup, aujourd’hui, figurez-vous que je vais vous parler du tome 2. ÉPATANT, HEIN?

Pour des raisons évidentes, il est conseillé d’avoir lu au moins le premier livre avant de lire l’article qui suit, parce que… Ben, parce que c’est logique. Je vais parler du second. Vous suivez, un peu? Bien, allons-y.

Hollow City - Miss Peregrine et les enfants particuliers - Papotarium
Le Tome 2, vu ici en train de se détendre tranquillou en compagnie de ses potes.
Attention, ça va peut-être spoiler?

Ouais, parce qu’on ne va pas revenir sur l’avant et le processus d’acquisition du bouquin, le pourquoi ça m’a fait envie et tout le tintouin: les raisons sont les mêmes que pour mon achat du premier volume, l’envie de connaître la suite en plus.

Nous allons donc plonger directement dans le vif du sujet, comme le fait d’ailleurs le bouquin lui-même: PAS LE TEMPS DE NIAISER, on est catapultés in medias res, juste au moment où s’achevait l’épisode précédent. C’est limite si ça ne donne pas l’impression qu’il y a juste eu une coupure pub entre les deux. Pas de résumé, pas de chichi; une note de bas de page te le dit à un moment: si tu sais pas de quoi on cause, c’est dans le livre d’avant.

On retrouve donc nos héros dans de beaux draps suite aux événements un peu cataclysmiques qu’ils viennent tout juste de vivre, et vogue la galère vers de nouvelles aventures, qui auront pour but de sauver un personnage absolument crucial qui est, ma foi, en fort fort mauvaise posture.
Je ne vais pas vous cacher une chose: j’ai été trèèèès trèèèèès sceptique quant au début du livre. Je vais spoiler un petit coup en essayant de ne pas trop en révéler quand même, mais lorsque notre petit groupe de joyeux lurons particuliers débarque dans la première « boucle temporelle » de l’ouvrage, la nature de ses habitants m’a laissée complètement perplexe. On est face à un nouveau type de créatures particulières, et ça m’a pas mal déconcertée, j’ai trouvé cette nouvelle addition au folklore du récit complètement what the fuck (je vous en supplie, pardonnez-moi mes anglicismes, mais celui-ci était trop tentant!) et je la trouvais peu nécessaire, un peu comme l’ingrédient de trop dans une recette autrement bien sympa. J’avais en tête l’adage « le mieux est l’ennemi du bien » et je me suis demandé

Hollow City - Miss Peregrine et les enfants particuliers - Papotarium
J’aime toujours autant ces pages de garde qu’on retrouve à chaque chapitre!

un instant si Ransom Riggs ne venait pas de saborder totalement son histoire. (Si vous ne comprenez pas de quoi je parle et que vous n’avez pas peur du spoil, je vous invite à regarder en toute fin de l’article, j’ai glissé un petit P.S. en gris clair dans lequel j’énonce plus clairement de quoi je veux causer)

Du coup, j’ai laissé le livre de côté quelques jours, comme pour digérer le fait que j’allais potentiellement me farcir deux tomes qui partent complètement en sucette. Je persiste à penser que cette « nouveauté » est un peu surfaite, mais la suite du livre a réussi à me la faire accepter, d’une part parce que ça ne parasite pas non plus de trop le récit, et d’autre part parce que finalement, quand on y réfléchit bien, ce n’est pas si incohérent que cela.

Et je me dis que j’ai bien fait de ne pas laisser tomber.

Ce second volume n’offre pas une seconde de répit au lecteur, l’action s’enchaîne à un

rythme effréné mais, cette fois-ci, bien plus maîtrisé. Il est plus long que le premier en terme de nombre de pages, mais m’a aussi paru plus court, parce que j’ai vraiment, vraiment pas pu le reposer une fois passée ma petite déconvenue initiale. Le style est toujours aussi concis, les descriptions sont toujours aussi efficaces et l’imaginaire fonctionne encore plus à plein tube. Quand je compare Hollow City à son prédécesseur, le constat est flagrant: Miss Peregrine et les Enfants Particuliers, premier du nom, ne fait figure que d’introduction. Plus j’y pense, et plus je me dis que j’ai vraiment, vraiment apprécié ce tome 2. Il m’a vraiment transportée. Les lieux visités sont variés, convaincants et ont tous une identité propre, les descriptions sont vraiment réussies et évocatrices, les ambiances sont dépeintes avec énormément d’efficacité, et comme je l’ai déjà dit, l’action n’est pas en reste.

L’époque contemporaine est bien moins présente dans cette partie de l’histoire, on passe le plus clair de notre temps en 1940, avec quelques incursions à d’autres époques, et ce n’est pas pour me déplaire, moi qui ne déborde pas spécialement d’amour pour les fictions à toile de fond contemporaine. L’Histoire (avec un grand H, cette fois-ci) est toujours entremêlée avec le parcours de notre petite équipe de gamins bizarres, et cela amènera son lot de scènes poignantes. Malgré ce tourbillon incessant de péripéties, une aura mélancolique plane sur Hollow City, en partie incarnée par Jacob lui-même, en proie à de nombreux questionnements, doutes, et surtout à un sentiment de faiblesse et d’impuissance face à des événements qui le dépassent parfois. C’est un sentiment assez indicible, mais très marquant, qui m’a envahie en lisant ce livre. Tout y contribue à provoquer une impression d’inexorable, de fuite en avant vouée à l’échec; et face à ça, on a des protagonistes qui ne lâchent jamais l’affaire, qui continuent à se battre même dans les situations les plus désespérées…

Et puis cette fin. Cette fin qui m’a éclaté en pleine gueule, même que je ne m’y attendais tellement pas. J’ai été scotchée. Bien plus, d’ailleurs, que par la fin du premier, qui me semblait si précipitée et presque brouillon. Là, ce n’est pas du tout le cas. Pas du tout du tout. C’est bien mieux amené, on n’a pas l’impression que l’auteur s’est rendu compte trop tard qu’il fallait boucler le récit.

Enfin, bref, je ne veux, encore une fois, pas trop en révéler, mais sachez que ça m’a complètement redonné foi pour le troisième opus. Je ne manquerai pas de vous livrer mes impressions dès que je l’aurai terminé, comme de bien entendu.

Petit bilan, donc.
Hollow City - Miss Peregrine et les enfants particuliers - Papotarium
Je vous colle une petite image d’Eva Green en Miss P., parce que EVA GREEN ❤

Puisqu’il faut quand même conclure comme il se doit pour que ça ressemble vaguement à quelque chose (bordel de flûte, cet article était tellement décousu), je tiens à réitérer mon insistance sur un point que je traitais déjà dans ma petite chronique du volume premier: OK, c’est écrit dans un langage simple, voir simplifié. Ce n’est pas débordant de figures de styles pompeuses, ni de descriptions lyriques de 20 pages sur la couleur opalescente du ciel londonien. OK, c’est du fantastique, c’est plein d’aventures, les personnages sont jeunes, et en plus, y’a des images. OK, c’est assez manichéen, parfois naïf. En résumé, OK, c’est de la littérature totalement stéréotypée Young Adult. Mais pour être très honnête, d’abord, allez relire dans mon article précédent ce que je pense sur cette saloperie de distinction daubée (je me retiens, je peux être vachement moins polie aussi, si vous voulez), parce que je vais pas non plus en remettre une couche; et ensuite, ensuite! Permettez-moi d’affirmer qu’il serait bien crétin de se refuser une lecture si efficace, si divertissante et si immersive parce qu’une bande de fins stratèges du marketing ont, un jour, trouvé judicieux d’établir des frontières d’âge dans la littérature. Même sans être encore parvenue à l’épilogue de cette trilogie, je pense pouvoir l’affirmer à présent, (on verra bien si le troisième volume me fera mentir) ce triptyque fantastique est fort sympathique (VOUS AVEZ VU CES RIMES? VOUS LES AVEZ VUES? SALUEZ MON GÉNIE SVP), et vous ravira certainement pour peu que vous soyez emballés par le quatrième de couverture. Ransom Riggs tient ses promesses, alors si l’aventure vous tente, foncez!

Je vous donne rendez-vous bientôt pour vous rendre compte de mes impressions sur le tome 3, et en attendant, je vous gratifie d’un pluvieux mais jovial:

Bien Cordialement, BISOUS ❤

PS /ATTENTION SPOIL/ : Pour ceux qui veulent savoir, le truc qui m’a tant dérangée au départ et auquel je fais allusion, c’est l’existence d’animaux particuliers. Sur le coup, ça m’a paru profondément farfelu. VOILA.

Miss Peregrine et la Frustration Dominicale

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Et là, normalement, vous êtes en train de vous demander ce que c’est au juste que ce remix foireux du titre de l’œuvre en question, Miss Peregrine et Les Enfants Particuliers.

Ne vous inquiétez pas, vous comprendrez bien vite.

Petit préambule qui va bien

Pour ce premier article, sans trop de surprise, je vais donc revenir sur ma dernière lecture. Et pour mieux comprendre la façon dont je fonctionne, je vais déjà préciser quelques petits trucs sur moi. Comme vous le savez si vous avez fureté du côté de la page « À Propos », les bouquins et moi, c’est toute une histoire. Peut-être y reviendrai-je un jour dans les détails, mais ce que je veux faire comprendre pour l’instant, c’est qu’obtenir un livre est quelque chose de spécial pour moi. Si je devais résumer ça simplement, je dirais que c’est à chaque fois une sorte d’aventure, et je ne parle pas uniquement de celle que me fait vivre le récit, mais également, en quelque sorte, de mon rapport à l’objet lui-même. Quand j’acquiers un livre, je l’invite à faire partie de ma vie, puis de ma bibliothèque, parmi d’autres ouvrages qui en ont plus ou moins fait partie. Ça sonne super cérémonieux et grandiloquent, dit comme ça, et je n’arrive même pas à l’exprimer exactement comme je le voudrais, mais bon. En gros, retenez ça: acquisition d’un bouquin = FUCKING BIG DEAL.

Bref. J’ai un petit plan d’attaque, là, je ne sais pas si ça sera une constante ou si je l’utiliserai pour tous les bouquins que je lis, mais voilà: je vais parler de l’avant, du pendant et de l’après. Vous allez voir, c’est pas si chelou.

L’Avant

L’avant, c’est tout ce qui m’aura décidé à l’acquisition d’un livre. Pour le cas de celui qui nous intéresse, ça s’est révélé assez simple. Avec l’adaptation cinématographique qui sort sous peu, il m’a été impossible de rater ces tomes, occupant des places de choix dans pas mal de lieux de vente. Sachant que j’ai toujours eu un penchant pour le surnaturel, le bizarre, le décalé et consorts, il semblait donc inévitable que je me penche sur le cas de Miss Peregrine. Je veux dire, REGARDEZ CETTE COUVERTURE. Et alors oui, je sais, on juge pas un livre à ça, en théorie. Eh ben peut-être, mais ça joue quand même un rôle. C’est grâce à sa couverture que je me suis intéressée à un certain livre qui est maintenant mon bouquin préféré de tous les temps, alors bon, hein. (Je ne vais pas vous faire durer le suspense, il s’agit de Jonathan Strange & Mr Norrell de la fabuleuse mais trop discrète Susanna Clarke)

Mes quelques feuilletages dans les magasins m’avaient aussi fait grandement apprécier le soin esthétique apporté au livre. Des photos anciennes? Des motifs délicieusement victoriens venant orner les pages entre deux chapitres? Yes please!

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Croquis somme toute très lovecraftien qui met bien dans l’ambiance de l’univers de Miss Peregrine.

Juste au moment où le truc commençait à me vendre du rêve, une flopée de gens autour de moi se sont mis à en parler. Je crois que le coup de grâce, ça a été l’article d’une copine, qui vantait plutôt pas mal le côté captivant du truc, et j’avais envie de retrouver cette sensation trop rare de ne pas pouvoir s’arrêter de lire avant la fin. Et du coup, mardi dernier, j’ai craqué. Non sans appréhension, toutefois. Il faut dire que, bien que j’apprécie le fantastique, je suis plus partisane du côté British de la littérature. Et plus particulièrement de tout ce qui se passe aux 18ème / 19ème siècles. Que cela soit fantastique ou non. (Bonjour, Jane Austen. Je t’aime, tu sais.) Du coup, faisant preuve d’à-priori assez embarrassants, je redoutais quelque peu le côté Yankee et contemporain de la chose. Chacun ses velléités, on va dire. J’avais aussi un peu peur que ce soit trop sombre, alors que je suis dans une période où je recherche davantage des trucs un peu légers. Mais bon, il me faisait de l’œil depuis un certain temps déjà. Et puis, j’en parlais plus haut, il y a la prochaine adaptation cinématographique par TIM FUCKING BURTON. Avec EVA GREEN. EVA GREEN COMME DANS PENNY DREADFUL. STP. Allez, définitivement vendu.

Le Pendant

Bon, là, facile à deviner, je vais causer de mes impressions pendant la lecture.

Je me suis donc tranquillement posée dans mon coin confortable avec une agréable sensation d’enfin, livre tant convoité, tu es mien, et je me suis donc attaquée à l’ouvrage.

La première chose qui m’a frappée, c’est le style d’écriture. Simple, très simple. Parfois limite simpliste. Eh oui ma grande, tu as tapé dans de la littérature Young Adult. C’est pas compliqué à lire et il y a des images, parce que les jeunes, c’est con, haha! Sérieusement, allez vous faire foutre. Cette distinction entre romans « normaux » et littérature pour jeunes Adultes, merde. C’est condescendant envers à peu près tout le monde. Lesdits Jeunes Adultes parce que ce genre de livre est géographiquement séparé en librairie du reste de la littérature (bien souvent accolé au rayon livres pour enfants, côtoyant donc presque T’Choupi à la Plage), et alors pour les plus-tellement-jeunes adultes éventuellement intéressés par un des titres ainsi estampillés, comme moi, c’est également condescendant… eh ben pour les mêmes raisons, en fait. Genre regarde, tu lis des trucs pour gamins. Eh, bande de crétins élitistes, on est en 2016 et tout le monde lit à peu près Harry Potter, du gamin de 8 ans à la mamie de 60+. Ce marketing à la mords-moi le nœud, on s’en passerait volontiers. Les ados savent lire des trucs bien verbeux, et les gens plus âgés aiment aussi lire ce qui ne verse pas constamment dans la paraphrase pompeuse.

Bref. J’ai conscience de m’être emportée, vous me passerez bien cet écart. Le style simple, donc. Je ne vais pas cacher que mes lectures précédentes étaient d’un autre acabit, phrases alambiquées en veux-tu en voilà, notes de bas de page et tout le saint-frusquin. C’est peut-être pour ça que je l’ai parfois trouvé trop simple? Je ne sais pas. Le truc, c’est que ça va droit au but. Pas de fioritures, pas de descriptions longues de trouzemille pages. Et pourtant, c’est diablement efficace, et suffisant pour être évocateur, poser une ambiance.

Récit à la première personne oblige, on est dans la peau du narrateur, et là encore, quelle efficacité. La première personne n’a jamais garanti intrinsèquement une implication du lecteur, certains représentants de ce type de récits ne m’ont pas empêchée de me sentir totalement étrangère à l’action et de ne ressentir aucune empathie. Là, je dois avouer que c’est bluffant. J’ai eu l’impression d’y être. La présence des photos est totalement pertinente, j’avais peur du côté superflu de

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Exemple de photos d’illustration.

la chose mais il n’en est rien. Au

contraire, c’est un délice de pouvoir voir ce dont le récit parle. C’est un renfort incroyable de l’immersion.

C’est autour de ces photos que l’auteur a élaboré son récit. Sa démarche est très intéressante. La majorité de ces photos sont des clichés d’époque, authentiques, parfois très légèrement retouchés.

L’histoire en elle-même, je suis au regret de le dire, connaît parfois quelques faiblesses. Elle reste intéressante, l’univers est captivant, mais j’ai eu une impression étrange d’un brusque changement de rythme aux deux tiers du bouquin. Au début, tout prend son temps, tout est nimbé de mystère, tout n’est que tâtonnements à travers la brume. Et cela n’est pas dérangeant, car un livre fantastique se doit de perdre un minimum le lecteur avant de lui donner ses clés. Mais voilà, dans le cas de Miss Peregrine, au moment des grandes révélations, le récit, non content de te confier ses clés, te file également un magistral coup de pied dans l’arrière-train et te fait prendre le chemin le plus rapide vers la sortie. Une fois la vérité découverte par Jacob, le personnage principal, tout s’enchaîne à une telle vitesse que l’on a l’impression que l’auteur avait envie de terminer son livre vite fait, ou alors qu’il devait respecter un nombre donné de pages et qu’il a concentré l’histoire sur la fin, un peu comme lorsqu’on était gamins et qu’on arrivait près des bords de la feuille avant d’avoir fini d’écrire notre titre, et qu’au lieu d’aller à la ligne, on écrivait des lettres toutes fines et toutes rapprochées. Vous voyez le truc?

Le dosage de l’action laissait donc franchement à désirer. Pourtant, pourtant. On ne peut pas dire du dénouement qu’il n’est pas satisfaisant. Trop, peut-être. Tout se résout (enfin, non, pas tout. Y’a quand même deux tomes après celui-là, ce serait dommage) un brin trop facilement et les difficultés rencontrées par les personnages semblent si vite résolues qu’on n’arrive pas franchement à ressentir de pression. On sent un peu trop que c’est bon, ils vont gérer, t’inquiète.

Malgré ces inconvénients, j’ai terminé le livre en très peu de temps, normalement j’aime faire durer, mais là, je n’y suis pas parvenue. On est vraiment happé, et les imperfections de cet ouvrage ne ternissent pas vraiment l’attrait du récit. Lorsqu’on a fini, on en veut encore. On ne veut pas quitter cet univers, on se sent à l’aise sur cette île brumeuse, parmi ces enfants particuliers. Le parallèle entre leur situation et la situation historique dont il est question (vous avez vu comme je suis trop forte à éviter de révéler quoi que ce soit? Hein?) est plutôt évident mais pertinent, les grands thèmes que Ransom Riggs choisit d’évoquer sont abordés simplement mais efficacement.

C’est ainsi qu’on pourrait résumer ce livre. Simple, mais efficace. Et franchement, je n’en demandais pas plus.

L’Après

Et maintenant?

Maintenant, il semblé évident que j’ai envie de la suite. Très envie. Et c’est là qu’intervient l’explication de mon titre. J’ai terminé le livre hier. Du coup, j’ai voulu profiter d’une course pour voir si je ne trouverais pas le second tome, et le suivant avec. Sauf que non. Je n’ai pas eu l’occasion de me les procurer, et du coup, je me retrouve un peu orpheline, encore complètement imprégnée de l’ambiance et des personnages de l’œuvre, et bien incapable de commencer un autre livre en attendant demain, étant donné que je le mettrais de côté pour attaquer la suite de Miss Peregrine. 

Alors voilà. Voilà ce que j’avais à en dire. Si on me demande si j’ai aimé, je dirais oui, bien évidemment. Ce livre m’a rappelé mes jeunes années à lire des Chair de Poule (qui faisaient tellement pas flipper, sérieux) à la lampe de poche sous les couvertures alors que j’étais censée dormir, il m’a rappelé ma découverte un peu tardive, à l’âge de 15 ans, de la saga Harry Potter; par bien des aspects, il semble effectivement appartenir à de la littérature jeunesse. Mais il n’en reste pas moins que ladite littérature jeunesse mériterait d’être considérée de façon moins élitiste, plutôt que d’être reléguée près de Oui-Oui mange ses crottes de nez et bien trop loin du rayon Livres respectables pour les vraies grandes personnes. 

Bien cordialement, BISOUS.

(PS: si vous avez lu ma page « à propos », vous avez vu que je faisais de la photo. Donc elles sont toutes de moi. Comme une grande, sisi j’te jure)