Agnès Grey, le roman qui tomba à pic.

Anne Brontë - Agnès Grey - Papotarium

Coucou les loustics!

Alors, je vous prends de court, vous qui vous attendez certainement à une revue du troisième tome de Miss Peregrine (qui viendra sans attendre, ne vous en faites pas trop!)

Eh bien figurez-vous que je me suis offert une petite escale dans l’époque littéraire que je chéris tant, à la faveur d’une suggestion sur un site internet (je ne sais plus s’il s’agit de Livraddict, Babelio ou autre).

Oups, j’ai encore acheté un livre.

Il s’agit donc d’Agnès Grey, et ce livre émane de la peut-être moins connue des trois sœurs Brontë. J’avais déjà lu Jane Eyre, je m’étais également déjà frottée aux Hauts de Hurlevent (sans succès, parce qu’à vrai dire je m’y étais fait chier comme un rat mort, ceci dit j’étais encore bien jeunette), et je me suis retrouvée un peu concon devant mon écran, à réaliser qu’une troisième Brontë venait d’apparaître comme par magie, et que le roman dont il va être question ici même proposait tout ce qu’il fallait pour me séduite: l’histoire d’une gouvernante qui galère pour faire sa vie à l’époque Victorienne, avec tout ce que ça sous-entend de thé, de gentlemen, d’introspection au cœur de la lande désolée, de sentiments dissimulés et de préceptes moraux un peu vieillots.Anne Brontë - Agnès Grey - Papotarium

On dirait pas comme ça, vu que j’écris comme un charretier mal dégrossi, mais je suis fascinée par les codes de conduite et l’étiquette, surtout si ça date de mes époques de prédilection dont je n’ai de cesse de vous rebattre les oreilles. Il peut ne rien se passer d’intéressant dans un bouquin de ce genre d’époque à part la vie quotidienne de quelconque clampin(e), ça peut durer 1000 pages, je m’en fous, je le lis.

Bref, comme je le disais, donc, cette opportunité était trop alléchante; après toutes ces aventures palpitantes avec Miss Peregrine, j’avais besoin de quelque chose de reposant. il m’a fallu me procurer et commencer le livre genre IMMÉDIATEMENT. Je l’ai fini presque tout aussi immédiatement, sans doute que j’aurais même pu le terminer en une seule fois si j’en avais eu le loisir. Attelons-nous donc à causer un brin de cette petite merveille.

Agnès Grey, ça raconte quoi?

Alors alors. Agnès, elle a une vie plutôt pépouze avec ses parents, sa sœur et son chat. Sauf qu’un jour, papa fait un placement financier se révélant finalement un brin foireux; tout ce petit monde commence à avoir moins de thunes pour vivre, et notre héroïne saute sur l’occasion pour tenter de se rendre un peu utile, et ~accessoirement~ de rendre possible son rêve le plus OUF: devenir gouvernante. Que voulez-vous, c’est l’époque Victorienne, et être gouvernante c’était un peu le truc le plus rock n’roll auquel pouvait prétendre une fille de la bourgeoisie sans être catégorisée de gourgandine. Je caricature un peu, mais à peine.

Bref, les parents acceptent suite à d’âpres négociations (« Nan mais c’est bon, on n’est pas fauchés à ce point non plus, meuf »), et notre chère Agnès se voit ainsi propulsée dans une maison inconnue, remplie d’inconnus, en particulier de gamins inconnus (et assez PSYCHOPATHES) dont elle a désormais la charge. Et c’est ainsi que nous sommes amenés à la suivre tout au long de sa nouvelle vie pleine de difficultés, d’autant qu’elle n’a jamais vraiment pris soin de gamins jusqu’alors. Et ça va s’avérer carrément moins idyllique que ce qu’elle avait imaginé.
Mais voilà, Agnès, elle est déter.

Pourquoi j’ai kiffé?

Anne Brontë - Agnès Grey - PapotariumBien, on va enfin arriver aux choses intéressantes.

Bien que j’aie limite préféré cet ouvrage à Jane Eyre et aux Hauts de Hurlevent, je peux aisément comprendre pourquoi il n’en sera pas de même pour beaucoup.

En fait, ce roman est assez étrange. Il parvient à être léger tout en gardant une certaine austérité, intéressant malgré un récit qui peut sembler pas ~super palpitant~, il est bien écrit sans vraiment accumuler de lourdeurs… Le livre est assez court, et il ne s’y passe pas grand-chose. La part belle y est faite au quotidien, à la vocation d’Agnès et à ses illusions confrontées à la cruelle réalité, et aussi à la spiritualité. Un thème qui ne m’attire pas forcément plus que cela, hein, surtout que les gens de l’époque avaient parfois tendance à tartiner de la bondieuserie en long, en large et en travers. En l’occurrence, ce thème donnera lieu tout au plus à une longueur un brin relou, MAIS C’EST TOUT. Enfin, bien évidemment, le sujet reste présent en filigrane durant toute la narration, mais bon voilà, époque Victorienne quoi.

Tout ça peut donc paraître bien morose dit de cette façon, mais assez bizarrement, ça ne l’est pas du tout. L’ensemble dégage une certaine sérénité, les ambiances champêtres sont charmantes, parfois même envoûtantes, et on prend un réel plaisir à suivre tout ce petit monde. Chaque personnage possède ses propres travers et ses qualités. L’héroïne s’exprime à la première personne dans une forme s’apparentant au journal intime; on a la sensation d’une connivence avec elle, comme si les lecteurs étaient ses confidents. Ainsi, on ne manquera pas d’anecdotes farfelues et de compte-rendus croustillants sur les travers moraux des membres de la haute société. D’ailleurs, la galerie de personnages que l’on est amenés à connaître est assez haute en couleurs.

J’ai aussi un peu moins kiffé…

Le personnage d’Agnès elle-même est assez ambivalent. Elle fait preuve d’une détermination, d’une patience et d’un courage à toute épreuve quant à sa fonction de gouvernante, mais sa volonté de paraître bien sous tous rapports peut la rendre un peu agaçante. En effet, elle n’a de cesse de bavasser sur la vanité d’une de ses élèves alors qu’elle-même semble se préoccuper constamment de l’image qu’elle peut donner, et émet sans cesse des jugements de valeur sur le comportement de ses employeurs, alors qu’elle-même semble rarement se remettre en question et n’évolue guère au fil du récit. Notre Agnès ne semble pas opé pour le reconnaître, mais elle a une sacrément haute opinion d’elle-même.

Parfois également, tout le blabla sur Dieu et la religion pourra en faire reculer certains, parce que mine de rien, ça reste un thème assez présent. Durant certains passages, j’avais quelque peu envie de secouer l’amie Agnès et de lui tenir un discours de type « On a compris ma grande, maintenant STP RECOMMENCE A BITCHER SUR MISS MURRAY MERCI« …

Anne Brontë - Agnès Grey - Papotarium
Petit bilan vite fait

Malgré ces quelques petites broutilles qui viennent ternir le tableau, cette lecture m’a fait une forte impression, car il s’en dégage toute l’aura que peut avoir un récit romantique (le romantisme-comme-courant-littéraire et non romantisme dans le sens FILM ROMANTIQUE BOUGIES COUCHER DE SOLEIL ET TACTAC SUR LE SABLE CHAUD, je me sens obligée de le préciser pour les quelques-un(e)s qui seraient éventuellement pas bien au point) c’est une lecture raffinée, divertissante et captivante. Son charme est certain et il peut constituer une initiation accessible à l’univers des sœurs Brontë, bien plus qu’un roman comme les Hauts de Hurlevent. Anne est peut-être la moins (re)connue des trois frangines, mais cette lecture m’a clairement donné envie de me procurer son seul autre ouvrage. Ce que je ferai très certainement, bien que pas immédiatement car j’ai genre une pile MONSTRUEUSE de bouquins à me faire avant.
D’ailleurs, le premier de la liste, que je viens de commencer, c’est ce fameux Miss Peregrine troisième volume dont vous aurez bientôt un compte-rendu digne de ce nom!

Ceci dit, en attendant, je vous laisse au terme de cette courte (mais intense?) chronique avec l’amicale salutation dont j’ai coutume de vous gratifier:

Bien Cordialement, BISOUS ❤

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3 réflexions sur « Agnès Grey, le roman qui tomba à pic. »

    1. Long et ça s’emmêle un peu les pinceaux! Bon, après je dois avouer que j’étais un peu jeune quand je m’y suis attaquée, peut-être que je devrais réessayer. Merci de ton passage et de ton commentaire, n’hésite pas à faire découvrir le blog autour de toi 😉

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