Miss Peregrine et la Frustration Dominicale

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Et là, normalement, vous êtes en train de vous demander ce que c’est au juste que ce remix foireux du titre de l’œuvre en question, Miss Peregrine et Les Enfants Particuliers.

Ne vous inquiétez pas, vous comprendrez bien vite.

Petit préambule qui va bien

Pour ce premier article, sans trop de surprise, je vais donc revenir sur ma dernière lecture. Et pour mieux comprendre la façon dont je fonctionne, je vais déjà préciser quelques petits trucs sur moi. Comme vous le savez si vous avez fureté du côté de la page « À Propos », les bouquins et moi, c’est toute une histoire. Peut-être y reviendrai-je un jour dans les détails, mais ce que je veux faire comprendre pour l’instant, c’est qu’obtenir un livre est quelque chose de spécial pour moi. Si je devais résumer ça simplement, je dirais que c’est à chaque fois une sorte d’aventure, et je ne parle pas uniquement de celle que me fait vivre le récit, mais également, en quelque sorte, de mon rapport à l’objet lui-même. Quand j’acquiers un livre, je l’invite à faire partie de ma vie, puis de ma bibliothèque, parmi d’autres ouvrages qui en ont plus ou moins fait partie. Ça sonne super cérémonieux et grandiloquent, dit comme ça, et je n’arrive même pas à l’exprimer exactement comme je le voudrais, mais bon. En gros, retenez ça: acquisition d’un bouquin = FUCKING BIG DEAL.

Bref. J’ai un petit plan d’attaque, là, je ne sais pas si ça sera une constante ou si je l’utiliserai pour tous les bouquins que je lis, mais voilà: je vais parler de l’avant, du pendant et de l’après. Vous allez voir, c’est pas si chelou.

L’Avant

L’avant, c’est tout ce qui m’aura décidé à l’acquisition d’un livre. Pour le cas de celui qui nous intéresse, ça s’est révélé assez simple. Avec l’adaptation cinématographique qui sort sous peu, il m’a été impossible de rater ces tomes, occupant des places de choix dans pas mal de lieux de vente. Sachant que j’ai toujours eu un penchant pour le surnaturel, le bizarre, le décalé et consorts, il semblait donc inévitable que je me penche sur le cas de Miss Peregrine. Je veux dire, REGARDEZ CETTE COUVERTURE. Et alors oui, je sais, on juge pas un livre à ça, en théorie. Eh ben peut-être, mais ça joue quand même un rôle. C’est grâce à sa couverture que je me suis intéressée à un certain livre qui est maintenant mon bouquin préféré de tous les temps, alors bon, hein. (Je ne vais pas vous faire durer le suspense, il s’agit de Jonathan Strange & Mr Norrell de la fabuleuse mais trop discrète Susanna Clarke)

Mes quelques feuilletages dans les magasins m’avaient aussi fait grandement apprécier le soin esthétique apporté au livre. Des photos anciennes? Des motifs délicieusement victoriens venant orner les pages entre deux chapitres? Yes please!

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Croquis somme toute très lovecraftien qui met bien dans l’ambiance de l’univers de Miss Peregrine.

Juste au moment où le truc commençait à me vendre du rêve, une flopée de gens autour de moi se sont mis à en parler. Je crois que le coup de grâce, ça a été l’article d’une copine, qui vantait plutôt pas mal le côté captivant du truc, et j’avais envie de retrouver cette sensation trop rare de ne pas pouvoir s’arrêter de lire avant la fin. Et du coup, mardi dernier, j’ai craqué. Non sans appréhension, toutefois. Il faut dire que, bien que j’apprécie le fantastique, je suis plus partisane du côté British de la littérature. Et plus particulièrement de tout ce qui se passe aux 18ème / 19ème siècles. Que cela soit fantastique ou non. (Bonjour, Jane Austen. Je t’aime, tu sais.) Du coup, faisant preuve d’à-priori assez embarrassants, je redoutais quelque peu le côté Yankee et contemporain de la chose. Chacun ses velléités, on va dire. J’avais aussi un peu peur que ce soit trop sombre, alors que je suis dans une période où je recherche davantage des trucs un peu légers. Mais bon, il me faisait de l’œil depuis un certain temps déjà. Et puis, j’en parlais plus haut, il y a la prochaine adaptation cinématographique par TIM FUCKING BURTON. Avec EVA GREEN. EVA GREEN COMME DANS PENNY DREADFUL. STP. Allez, définitivement vendu.

Le Pendant

Bon, là, facile à deviner, je vais causer de mes impressions pendant la lecture.

Je me suis donc tranquillement posée dans mon coin confortable avec une agréable sensation d’enfin, livre tant convoité, tu es mien, et je me suis donc attaquée à l’ouvrage.

La première chose qui m’a frappée, c’est le style d’écriture. Simple, très simple. Parfois limite simpliste. Eh oui ma grande, tu as tapé dans de la littérature Young Adult. C’est pas compliqué à lire et il y a des images, parce que les jeunes, c’est con, haha! Sérieusement, allez vous faire foutre. Cette distinction entre romans « normaux » et littérature pour jeunes Adultes, merde. C’est condescendant envers à peu près tout le monde. Lesdits Jeunes Adultes parce que ce genre de livre est géographiquement séparé en librairie du reste de la littérature (bien souvent accolé au rayon livres pour enfants, côtoyant donc presque T’Choupi à la Plage), et alors pour les plus-tellement-jeunes adultes éventuellement intéressés par un des titres ainsi estampillés, comme moi, c’est également condescendant… eh ben pour les mêmes raisons, en fait. Genre regarde, tu lis des trucs pour gamins. Eh, bande de crétins élitistes, on est en 2016 et tout le monde lit à peu près Harry Potter, du gamin de 8 ans à la mamie de 60+. Ce marketing à la mords-moi le nœud, on s’en passerait volontiers. Les ados savent lire des trucs bien verbeux, et les gens plus âgés aiment aussi lire ce qui ne verse pas constamment dans la paraphrase pompeuse.

Bref. J’ai conscience de m’être emportée, vous me passerez bien cet écart. Le style simple, donc. Je ne vais pas cacher que mes lectures précédentes étaient d’un autre acabit, phrases alambiquées en veux-tu en voilà, notes de bas de page et tout le saint-frusquin. C’est peut-être pour ça que je l’ai parfois trouvé trop simple? Je ne sais pas. Le truc, c’est que ça va droit au but. Pas de fioritures, pas de descriptions longues de trouzemille pages. Et pourtant, c’est diablement efficace, et suffisant pour être évocateur, poser une ambiance.

Récit à la première personne oblige, on est dans la peau du narrateur, et là encore, quelle efficacité. La première personne n’a jamais garanti intrinsèquement une implication du lecteur, certains représentants de ce type de récits ne m’ont pas empêchée de me sentir totalement étrangère à l’action et de ne ressentir aucune empathie. Là, je dois avouer que c’est bluffant. J’ai eu l’impression d’y être. La présence des photos est totalement pertinente, j’avais peur du côté superflu de

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Exemple de photos d’illustration.

la chose mais il n’en est rien. Au

contraire, c’est un délice de pouvoir voir ce dont le récit parle. C’est un renfort incroyable de l’immersion.

C’est autour de ces photos que l’auteur a élaboré son récit. Sa démarche est très intéressante. La majorité de ces photos sont des clichés d’époque, authentiques, parfois très légèrement retouchés.

L’histoire en elle-même, je suis au regret de le dire, connaît parfois quelques faiblesses. Elle reste intéressante, l’univers est captivant, mais j’ai eu une impression étrange d’un brusque changement de rythme aux deux tiers du bouquin. Au début, tout prend son temps, tout est nimbé de mystère, tout n’est que tâtonnements à travers la brume. Et cela n’est pas dérangeant, car un livre fantastique se doit de perdre un minimum le lecteur avant de lui donner ses clés. Mais voilà, dans le cas de Miss Peregrine, au moment des grandes révélations, le récit, non content de te confier ses clés, te file également un magistral coup de pied dans l’arrière-train et te fait prendre le chemin le plus rapide vers la sortie. Une fois la vérité découverte par Jacob, le personnage principal, tout s’enchaîne à une telle vitesse que l’on a l’impression que l’auteur avait envie de terminer son livre vite fait, ou alors qu’il devait respecter un nombre donné de pages et qu’il a concentré l’histoire sur la fin, un peu comme lorsqu’on était gamins et qu’on arrivait près des bords de la feuille avant d’avoir fini d’écrire notre titre, et qu’au lieu d’aller à la ligne, on écrivait des lettres toutes fines et toutes rapprochées. Vous voyez le truc?

Le dosage de l’action laissait donc franchement à désirer. Pourtant, pourtant. On ne peut pas dire du dénouement qu’il n’est pas satisfaisant. Trop, peut-être. Tout se résout (enfin, non, pas tout. Y’a quand même deux tomes après celui-là, ce serait dommage) un brin trop facilement et les difficultés rencontrées par les personnages semblent si vite résolues qu’on n’arrive pas franchement à ressentir de pression. On sent un peu trop que c’est bon, ils vont gérer, t’inquiète.

Malgré ces inconvénients, j’ai terminé le livre en très peu de temps, normalement j’aime faire durer, mais là, je n’y suis pas parvenue. On est vraiment happé, et les imperfections de cet ouvrage ne ternissent pas vraiment l’attrait du récit. Lorsqu’on a fini, on en veut encore. On ne veut pas quitter cet univers, on se sent à l’aise sur cette île brumeuse, parmi ces enfants particuliers. Le parallèle entre leur situation et la situation historique dont il est question (vous avez vu comme je suis trop forte à éviter de révéler quoi que ce soit? Hein?) est plutôt évident mais pertinent, les grands thèmes que Ransom Riggs choisit d’évoquer sont abordés simplement mais efficacement.

C’est ainsi qu’on pourrait résumer ce livre. Simple, mais efficace. Et franchement, je n’en demandais pas plus.

L’Après

Et maintenant?

Maintenant, il semblé évident que j’ai envie de la suite. Très envie. Et c’est là qu’intervient l’explication de mon titre. J’ai terminé le livre hier. Du coup, j’ai voulu profiter d’une course pour voir si je ne trouverais pas le second tome, et le suivant avec. Sauf que non. Je n’ai pas eu l’occasion de me les procurer, et du coup, je me retrouve un peu orpheline, encore complètement imprégnée de l’ambiance et des personnages de l’œuvre, et bien incapable de commencer un autre livre en attendant demain, étant donné que je le mettrais de côté pour attaquer la suite de Miss Peregrine. 

Alors voilà. Voilà ce que j’avais à en dire. Si on me demande si j’ai aimé, je dirais oui, bien évidemment. Ce livre m’a rappelé mes jeunes années à lire des Chair de Poule (qui faisaient tellement pas flipper, sérieux) à la lampe de poche sous les couvertures alors que j’étais censée dormir, il m’a rappelé ma découverte un peu tardive, à l’âge de 15 ans, de la saga Harry Potter; par bien des aspects, il semble effectivement appartenir à de la littérature jeunesse. Mais il n’en reste pas moins que ladite littérature jeunesse mériterait d’être considérée de façon moins élitiste, plutôt que d’être reléguée près de Oui-Oui mange ses crottes de nez et bien trop loin du rayon Livres respectables pour les vraies grandes personnes. 

Bien cordialement, BISOUS.

(PS: si vous avez lu ma page « à propos », vous avez vu que je faisais de la photo. Donc elles sont toutes de moi. Comme une grande, sisi j’te jure)

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4 réflexions sur « Miss Peregrine et la Frustration Dominicale »

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